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Vêtement technique

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Publié le

4 novembre 2025

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La plupart du temps, le vêtement dit « technique » a mauvaise presse. Pourtant, il n’est pas entièrement méprisable. Explications.
© Romée de Saint Céran

La plupart du temps, le vêtement dit « technique » a mauvaise presse. Polaires, sacs de rando, chaussures de trekking, pantalons à poche en synthétique : vous voyez bien le truc, ça n’aurait normalement rien à faire dans ces colonnes. Loin de nous l’idée de faire l’apologie de la « meuf Quechua », ou du « mec Quechua » d’ailleurs. C’est une silhouette qui, au passage, est le plus souvent associée à la génération des boomers, qui vont digérer leurs retraites géantes sur les sentiers de grande randonnée, en attendant que leurs enfants meurent sous le knout des impôts, pour payer le modèle social que le monde entier nous envie.

Tout cela est bel et bon, mais le vêtement technique n’est pas entièrement méprisable. D’abord, parce qu’il permet d’éviter le cosplay, péché mortel toujours à craindre de la part de qui veut se singulariser. Ceux qui font du ski avec une veste en tweed, ou des randos avec des knickers en peau de cerf, sont à deux doigts d’aller à la plage avec les maillots de bain rayés que l’on voyait jadis dans les publicités Kodak. Le progrès, contrairement à ce qu’un penchant, sympathique mais idiot, pour la réaction à tous crins, pourrait nous faire croire, ne doit pas être rejeté en bloc.

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Et puis, honnêtement, il y a de bons trucs. Les sacs de voyage étanches, qui nous parlent de terres hostiles et d’aventures lointaines, ont souvent une vraie gueule. Les polaires Patagonia, et même Barbour (eh oui !), ont parfois une certaine allure, bien davantage que leurs variantes turquoise ou violettes. Les chaussures de trekking remplacent avantageusement les rangers de scout attardé lors des longues marches ou des pèlerinages. Les parkas de la CP Company, avec leurs lunettes intégrées dans la capuche, ont sauvé plus d’un activiste, quel que soit son camp politique, des gaz lacrymogènes de la police. On n’est pas obligé de se déguiser en tech-samouraï quand on sacrifie (un peu) à la praticité de la sape. Et du côté vintage, beaucoup de pièces connues sont des vêtements techniques qui ont réussi : les jungle jackets ; les casquettes ; les vestes huilées popularisées par Barbour ; les Timberland ou les Caterpillar ; les t-shirts… et même les jeans, qu’un certain Levi Strauss découpa un jour dans une toile de tente de Gênes, teinte en bleu de Nîmes. L’élégance, après tout, consiste à être habillé comme tout le monde, mais mieux.

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