Quel singulier ouvrage que cet Humain au centre du monde, dirigé et introduit avec érudition par le philosophe Daniel Salvatore Schiffer (DSS), et regroupant trente-trois contributions fort diverses et inégales, mais c’est le jeu des ouvrages collectifs d’intellectuels tout aussi variés (Taguieff, Sansal, Rozès, Ferry, Redeker) réunis par notre misère contemporaine autour d’une question de première importance : quel avenir pour l’humanité face à la tonne de menaces qui s’amoncèlent, comme jamais peut-être dans l’histoire, qu’elles se nomment transhumanisme, wokisme, virtualisation, complotisme, islamisme ou dérèglement climatique ? Allons-nous périr par où nous avons cru vivre (Baudelaire) ?
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Noble, vaste et grave interrogation, à laquelle la réponse commune ambitionne de tracer la voie d’un « nouvel humanisme » dont DSS propose un manifeste d’esprit Renaissance, avec ses mérites (l’honnête homme) et ses limites (l’absence de Dieu). Justement, au fur et à mesure de son butinage, entre certains textes qui fleurent trop les Lumières, le lecteur méditera cette réflexion bienvenue de Romaric Sangars : ce n’est pas le « grotesque culte de l’humanité » qu’il faut ressusciter, mais ce « christocentrisme » qui envisage l’homme dans tout son mystère. Et de là tout recommencer.

dir. DANIEL SALVATORE SCHIFFER, Éd. du Cerf, 392 p., 25 €





