[vc_row css= ».vc_custom_1589793498315{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »][vc_column][vc_column_text]
Chacun a son avis sur les causes et les conséquences de la crise. Pour les libéraux comme Philippe Herlin, le Covid n’est que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase d’une crise qui couvait depuis déjà bien longtemps, en raison du déficit public récurrent de nos budgets et qui se serait tôt ou tard manifestée d’une manière ou d’une autre. Analyse controversée que nous livrons à nos lecteurs sans la partager.
Que pensez-vous du plan de relance lancé par le gouvernement ? Est-il à la hauteur de la situation, s’agissant notamment des indépendants et des TPE ?
Le gouvernement réalise incontestablement un effort important, notamment avec les 300 milliards d’euros de garantie des prêts bancaires ainsi que l’aide au chômage partiel. Mais il faut dire qu’il est le principal responsable de la mise à l’arrêt du pays, du fait du manque de masques, de tests et de lits de réanimation ! Les pays plus prévoyants et plus réactifs (Corée du Sud, Taiwan, Allemagne, Suède, etc.) gardent un niveau d’activité plus élevé, donc moins meurtrier pour leurs entreprises. On le sait, ce type de plan bénéficie aux grosses entreprises, de nombreuses TPE et des bataillons d’indépendants passeront à travers les mailles du filets et disparaîtront.
Les pays plus prévoyants et plus réactifs (Corée du Sud, Taiwan, Allemagne, Suède, etc.) gardent un niveau d’activité plus élevé, donc moins meurtrier pour leurs entreprises.
De toute façon, avec une chute du PIB estimée aujourd’hui à 8 % pour 2020, soit trois fois le niveau de la crise de 2008, il n’y aura tout simplement pas assez de revenu pour faire vivre toutes les entreprises qui existaient avant la crise… La meilleure réponse à mon avis consiste à sortir au plus vite du confinement : la date du 11 mai, déjà trop lointaine, ne concernant que les personnes mais pas les entreprises recevant du public, provoquera une hécatombe dans la restauration, l’hôtellerie, le tourisme, le spectacle, etc. Il faut accélérer la production de masques et de tests, et certainement pas en usant de la réquisition comme le fait actuellement le gouvernement (toute importation de plus de 5 millions de masques est soumise à réquisition, une aberration), mais au contraire en libéralisant ce produit, en permettant aux pharmacies d’en acheter et d’en vendre, aux grandes surfaces, à Amazon, à tout le monde, de façon à susciter des lieux de production partout en France et à exploiter toutes les voies d’importation. Au lieu de cela, nous sommes censés nous reposer intégralement sur les méga-commandes que nous promet l’État. Je ne suis pas optimiste.
Lire aussi : Pêche française, éviter le sac à terre
Beaucoup espèrent que cette crise sonne la fin du néolibéralisme, Emmanuel Macron ayant vanté les vertus de la relocalisation et de la souveraineté économique. Y croyez-vous et le souhaitez-vous ?
Ouvrons une parenthèse : le néolibéralisme, je ne sais pas ce que c’est. Le libéralisme, oui, avec ses différentes écoles, mais pas ce terme, exclusivement utilisé par les adversaires du libéralisme mais qui, n’osant pas affronter directement ses représentants, forgent un vocable dont personne ne se réclame, c’est plus pratique. Fin de la parenthèse.
Je comprends le sens de la question, et malheureusement les étatistes de toute tendance en profitent pour revenir à la charge. Il faut prendre du recul sur ce qui se passe : le coronavirus n’a été que le déclencheur de la crise, il y avait depuis longtemps trop de déficit budgétaire, trop de dette publique et privée, trop de planche à billets des banques centrales pour empêcher l’effondrement de cette montagne de crédit. Les taux d’intérêt à zéro, et même négatifs, pour tant de pays et depuis tant d’années, cela ne s’était jamais vu dans l’Histoire, c’était un signe inquiétant, comme les bourses qui battaient record sur record.
Le coronavirus n’a été que le déclencheur de la crise, il y avait depuis longtemps trop de déficit budgétaire, trop de dette publique et privée, trop de planche à billets des banques centrales.
De nombreux économistes annonçaient une crise et c’est un événement exogène qui l’a déclenchée. Le risque qui se profile est celui-ci : pour lutter contre la « crise du coronavirus », les gouvernements et les banques centrales vont amplifier les politiques dispendieuses et laxistes qu’ils pratiquaient auparavant, qui auraient mené à la catastrophe un jour ou l’autre de toute façon, le virus n’ayant joué en fait qu’un simple rôle de détonateur. Certes la pandémie a mis à nu notre dépendance envers certains produits comme les masques et les médicaments, mais faut-il mettre notre désindustrialisation sur le dos de la mondialisation ? La France a le taux de prélèvements obligataires le plus élevé des pays de l’OCDE, comment s’étonner que notre industrie souffre et se délite ? Sans parler de la manie des normes et du poids de la bureaucratie, un travers bien français. Et puis une nation qui promeut une politique économique libérale peut aussi défendre ses intérêts stratégiques concernant un certain nombre de secteurs, car elle doit prendre en compte, au contraire d’une entreprise, la dimension géopolitique (guerre, accès aux matières premières, épidémie). Au lieu de cela, nos gouvernements sont, au choix, naïfs ou aveugles à ces enjeux, et ignares en économie, considérant que l’on peut toujours augmenter les impôts et promouvoir la dépense publique « pour le bien des gens ». Tragiques erreurs.
Geoffroy Roux de Bézieux a créé une polémique en expliquant qu’il faudrait supprimer des RTT et des jours de congés aux salariés pour faciliter la reprise de la croissance. Qu’en pensez-vous ?
C’est prendre les choses par le petit bout de la lorgnette, il faut une remise à plat bien plus globale. Le coronavirus a révélé une crise de la dette qui était de toute façon insoutenable, c’est par ce côté qu’il faut prendre le problème. Alors par exemple, bazardons enfin les stupides 35 heures et revenons à la semaine de 40 heures, ce sera un bon début. Réévaluons la dépense publique en France, largement inefficace : je rappelle que l’Allemagne consacre la même part de son PIB que nous à la santé pour de bien meilleurs résultats, nous le voyons avec cette crise. Pour avoir une reprise en V, et donc limiter au maximum les dégâts économiques, il faut selon moi une baisse drastique des normes, notamment écologiques, comme l’a fait Trump aux États-Unis. D’ailleurs, j’ai l’impression que le coronavirus a fait un mort dont nous pouvons nous féliciter, c’est le réchauffement climatique anthropique, une pure escroquerie (ce serait un autre débat, mais lisez L’Urgence climatique est un leurre de François Gervais), un complot pour tuer nos libertés et étatiser la société. Bon débarras, je l’espère !
D’ailleurs, j’ai l’impression que le coronavirus a fait un mort dont nous pouvons nous féliciter, c’est le réchauffement climatique anthropique, une pure escroquerie.
Les normes de la construction aussi, trop contraignantes, rendent le logement coûteux en France en comparaison des autres pays européens, etc. La bureaucratie nous étouffe, allons-y au Kärcher ! Il faut ensuite enclencher une baisse des impôts et des taxes, qui pesaient déjà trop lourdement avant la crise et qui risquent de compromettre le retour de la croissance. Les dépenses publiques en France n’ont cessé d’augmenter depuis 1975, ceux qui nous parlent d’austérité nous racontent des salades, il est temps de faire l’inventaire de ces gabegies. Par exemple, à quoi servent les Agences Régionales de Santé ? À caser les amis du pouvoir et à rajouter un échelon administratif, supprimons-les ! Malheureusement, le pouvoir parle de relance – keynésienne – comme toujours depuis 50 ans.
Propos recueillis par Benoît Dumoulin
[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]





