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On croyait certains excès réservés à Berkeley ou à Evergreen, mais il semblerait que le néo-féminisme trash à l’anglosaxonne ait débarqué sous nos longitudes. Il serait difficile de citer tous les exemples, grotesques ou effrayants, des dérives du combat féministe contemporain dans un seul article. Le sujet mériterait une étude universitaire complète pour en rendre le caractère proprement vertigineux. Néanmoins, voici une charmante introduction.
Face à cet ensemble protéiforme conquérant qui s’est donné pour mission la destruction d’un « patriarcat occidental » qui n’existe plus que dans les livres d’images de grand-papa, et pas même dans les sphères politiques ou dans les grandes entreprises, les opposants « masculinistes » et « virilistes » font pâle figure. Dans les faits, les groupements militants féministes considèrent tous les hommes comme appartenant à un registre ou l’autre du masculiniste. À en croire le groupe Les Brutes basé au Québec : les hommes « féministes » seraient eux-mêmes des « masculinistes » parce qu’ils chercheraient à « enseigner aux femmes ce qu’est le féminisme »… Quant aux hommes « optimistes », ils préconiseraient la « pensée magique pour régler les injustices ». Il suffit donc de constater que les femmes sont égales en droit aux hommes en Occident pour appartenir à la caste des « mascus », défenseurs de l’ontologiquement mauvais patriarcat occidental.
Il faut bien dire, pour l’avoir vu de nos yeux, qu’un travesti jouant les lesbiennes pro-PMA aura de quoi faire sourire. Mais, que voulez-vous : tout est possible en 2019. Même le pire. Surtout, serait-on tenté de penser.
Haro sur l’homme blanc cisgenre est le discours qui nous est majoritairement tenu du côté des cercles féminins radicaux les plus actifs. Pour certaines lesbiennes acharnées, les transsexuels et les homosexuels sont d’ailleurs aussi problématiques. Il faut bien dire, pour l’avoir vu de nos yeux, qu’un travesti jouant les lesbiennes pro-PMA aura de quoi faire sourire. Mais, que voulez-vous : tout est possible en 2019. Même le pire. Surtout, serait-on tenté de penser. À Sciences Po Toulouse – on imagine que c’est peu ou prou la même chose dans les autres IEP de France désormais – la semaine Sciences Pride (du 8 au 16 octobre 2019) – est ainsi l’occasion d’une démonstration de force militante LGBT, souvent appuyée par les principales organisations néo-féministes. Entre deux tubes de divas américaines larmoyantes, des vidéos à l’esthétique oscillant entre le kitsch et l’hystérique criard témoignent de l’imprégnation totale du campus à l’idéologie du temps. Ici, l’homme hétérosexuel et « cisgenre » est comme superfétatoire.
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Il n’a plus le monopole de la reproduction puisque les femmes peuvent se passer totalement de lui grâce au législateur. Il n’a pas d’autre utilité que celle de symbole d’un passé révolu, de croquemitaine sur lequel on fait peser le poids écrasant de la violence et de l’étroitesse d’esprit. Pour qui n’a jamais vraiment questionné dans sa vie privée les rapports hommes-femmes autour des mécaniques conflictuelles, cette ambiance se révèle particulièrement anxiogène. Le masculin y est soumis à la suspicion, pour ne pas dire plus. Bien sûr, ce qui se passe dans les associations les plus en pointe, inspirées par les travaux de Judith Butler et tout l’écosystème hollywoodien, n’est absolument pas représentatif de la société entière. Hommes et femmes vivent pour l’essentiel en harmonie en Occident. Mais il faut bien garder en tête que les marges décalent les centres. Qui pouvait imaginer le paysage juridique et politique de la France contemporaine il y a à peine deux décennies, hors des cénacles militants et des réunions de sociologues « progressistes » ?
Et voilà qu’en riant, notre État finance avec nos impôts des formations de commissaires politiques à la « diversité », chargés de forcer les entreprises à installer une troisième toilette neutre ou de rééduquer les machos de la machine à café en les forçant à regarder Mon Petit Poney déguisés en licornes arc-en-ciel.
À l’IEP Toulouse, un Master intitulé « Politique, discriminations, genre » propose un enseignement destiné notamment à « former aux métiers émergents liés à l’implémentation des politiques internationales, européennes et nationales en matière de lutte contre les discriminations » et « d’action positive » », qui commenceraient à être « incorporées dans la GRH des entreprises, leurs stratégies de développement et les projets en application de la responsabilité sociale des entreprises ». Car, vous ne le savez probablement pas, mais la mise en œuvre de ces politiques requiert des « compétences professionnelles nouvelles, assises sur la pluridisciplinarité des savoirs propres aux instituts d’études politiques (des savoirs académiques, méthodologiques et pratiques au carrefour de la sociologie, de la science politique, de l’histoire, de l’économie et du droit) ».
On souhaite bon courage à Géraldine « cheveux verts sur piercings et écarteurs d’oreille » pour convaincre Tarek l’Afghan des bienfaits de l’action positive…
Et voilà qu’en riant, notre État finance avec nos impôts des formations de commissaires politiques à la « diversité », chargés de forcer les entreprises à installer une troisième toilette neutre ou de rééduquer les machos de la machine à café en les forçant à regarder Mon Petit Poney déguisés en licornes arc-en-ciel. Bien sûr, nos chers « migrants » ne sont pas oubliés de ces enseignements. On souhaite bon courage à Géraldine « cheveux verts sur piercings et écarteurs d’oreille » pour convaincre Tarek l’Afghan des bienfaits de l’action positive…
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Pas même critiquées, jamais attaquées, les néo-féministes peuvent donc laisser libre cours à leurs psychoses avec l’argent public. Tout y passe pour l’avènement d’un monde plus « bienveillant » et plus « inclusif ». À Lyon, des drag-queens du collectif des Dragones interviennent dans les écoles pour sensibiliser les « înfînts » à la multiplicité des « genres », comme l’a expliqué la star du genre Fifi du Calvaire : « Les tout-petits de deux ans ont parfois peur mais ce n’est pas lié au genre : c’est normal, c’est différent. La perruque, la barbe, le maquillage, etc. (…) Cette année, je vais leur lire deux histoires de Stéphanie Richard et Gwenaëlle Doumont « J’aime pas les super héros » et « J’aime pas les poupées ». Ainsi que d’autres qui parlent d’homosexualité et d’homoparentalité ».
Hommes et femmes sont d’abord et avant tout des êtres humains. L’aurait-on oublié ?
Si le « masculinisme » peut avoir quelque chose de ridicule et de forcé, il est une réponse mécanique à une tyrannie de l’absurde qui s’est imposée depuis quelques années. Gageons que la nature fera son œuvre. Hommes et femmes sont d’abord et avant tout des êtres humains. L’aurait-on oublié ?
Gabriel Robin
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