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Qui sont les « masculinistes » ? C’est à cette question que nous avons tenté de répondre. Alors que les féministes reçoivent toute l’attention des médias depuis de nombreuses années, influençant les agendas des maisons de production du cinéma et des chaînes de télévision, leur pendant « masculiniste » reste encore étonnamment confiné à la marge, ne suscitant l’intérêt que pour leurs excès et leurs sous-groupes les plus inquiétants, à l’image des « Incels ». De cette nébuleuse difficile à appréhender, allant du scout en recherche de relations traditionnelles hommes-femmes aux geeks cyniques, en passant par les coachs sportifs et les experts en séduction, on n’en retient finalement que les aspects les plus caricaturaux.
Pourtant, c’est en toute logique que les masculinistes existent et engendrent une audience importante sur internet, la fuite en avant du féminisme vers un néo-féminisme de plus en plus vindicatif et irrationnel ne pouvant qu’entraîner des réactions. Ce qui allait autrefois de soi – c’est-à-dire se penser homme – n’est plus naturel. La question de la virilité est d’ailleurs aussi prégnante, puisque personne ne pourra définir précisément ce qui fait un « homme », notion fluctuant selon les époques et les cultures. Et moins encore aujourd’hui. Comme il n’existe pas une seule « féminité », il n’y a pas une seule « virilité ». De la même façon, les critères de beauté évoluent. Sean Connery serait-il devenu célèbre s’il avait dû commencer sa carrière dans les années 2010, où les minets imberbes sont devenus le modèle de référence du masculin ?
Paradoxalement, la mise à sac de ces préjugés qui fondent la civilisation n’aura fait que renforcer les caricatures, plaçant les femmes dans un rôle d’éternelles victimes et les hommes dans celui d’ultra-dominants.
« Qui vous dit que je suis un homme ? ». La biologie, évidemment ! Les dérangés du genre n’ont que l’importance qu’on leur donne en Occident, mais sont très éloignés des préoccupations du reste de la population où prédominent toujours des distinctions classiques entre les hommes et les femmes. Les premiers n’ont pas le monopole de la violence et les secondes n’ont pas le monopole de la faiblesse. Paradoxalement, la mise à sac de ces préjugés qui fondent la civilisation n’aura fait que renforcer les caricatures, plaçant les femmes dans un rôle d’éternelles victimes et les hommes dans celui d’ultra-dominants. N’en doutez pas, c’est à l’horizontale qu’on mettra un terme à la guerre des sexes.
Gabriel Robin
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