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Ces dernières années, le filon de la cacophonie à Westminster a été grossièrement exploité par les fédéralistes européens et leurs porte-parole. Ce n’était qu’un avant-goût, disait-on, des dix plaies d’Égypte qui allaient s’abattre immanquablement sur l’Angleterre.
Pour payer le prix de leur forfait démocratique, les Britanniques allaient vivre plusieurs années de vaches maigres et de disettes. Londres pourrait même manquer de papier-toilette ! On attend donc en ce début février l’exode des artistes et des banquiers, l’isolement diplomatique et militaire, l’implosion du Royaume avec une sécession écossaise, une guerre en Irlande et peut-être même l’indépendance de la City. Les caméras de BFMTV vont enfin pouvoir filmer les files d’attente à Calais et Dieppe. On attend également la pluie de sauterelles et de crapauds sur la Tamise, la famine, la peste et le choléra sur les Midlands, le raz de marée dans le Yorkshire et l’explosion nucléaire dans le Sussex, tandis que nous Français jouissons tous les jours des bienfaits et des menus plaisirs de l’Union Européenne. Oh wait!
C’est en toute discrétion que les médias français ont finalement admis que le Brexit aurait bien lieu ce 31 janvier. Peu d’entre eux ont noté, sauf pour s’en indigner, que parmi les premières mesures votées par le parlement britannique en ce début d’année figurait la fin de l’application de la directive sur « les mineurs réfugiés » et de celle sur « le regroupement familial » soit les deux principaux chevaux de Troie de l’immigration et de l’islamisation en Europe. De même, on est passé rapidement sur la hausse du SMIC et le plan de relance des hôpitaux publics lancés par Boris Johnson. Cela pourrait faire des envieux, sait-on jamais.
En redevenant souveraines, les vieilles nations de notre continent peuvent renouer avec leur passé et envisager un avenir meilleur
En réalité, c’est exactement ce que craignaient les libéraux et socialistes depuis 2015?: Londres est en train de nous démontrer qu’une nation européenne peut reprendre les commandes, sortir du cycle infernal de la dépendance aux juges européens et redonner à sa population sa souveraineté et donc sa dignité. En redevenant souveraines, les vieilles nations de notre continent peuvent renouer avec leur passé et envisager un avenir meilleur. La souveraineté sans identité est une coquille vide. Mais sans souveraineté, l’identité nationale est en sursis.
Ces bougres d’Anglais, dont le pragmatisme et l’opportunisme nous ont si souvent ulcérés dans notre histoire, ont compris qu’il n’y a paradoxalement pas d’autre alternative que de faire table rase de l’Union Européenne pour refonder l’Europe, ou plutôt conserver ce qui peut encore l’être. En effet, ces institutions fédérales de Bruxelles ont fini par nous faire détester le mot même d’Europe alors que nous devrions le chérir. En 40 ans, les technocrates corrompus qui nous dirigent dans l’ombre de leurs bureaux ont réussi le tour de force de faire croire que tout est désormais irréversible et qu’il était donc impossible de revenir en arrière. Désormais nous savons que rien n’est plus faux.
Aujourd’hui, Michel Barnier et ses fonctionnaires se font nettement plus compréhensifs avec Boris Johnson. Maintenant que les Britanniques ont clairement confirmé leur volonté de sortir, les négociateurs européens ont baissé d’un ton et semblent prêts à toutes les concessions pour satisfaire Londres. Et pourquoi pas nous ?
Par Hadrien Desuin
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