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Cheyenne-Marie Carron : « La monarchie française a fait beaucoup pour les plus fragiles »

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Publié le

4 février 2020

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Dans son dernier film, Le Fils d’un roi, Cheyenne-Marie Carron choisit d’évoquer le retour de la cause monarchique à partir de la question sociale : comment le roi peut être un recours pour les plus démunis contre les puissances d’argent.

 

 

Dans un contexte de tension sociale marqué par les Gilets jaunes et la réforme des retraites, votre approche trouve un écho singulier aujourd’hui. Est-ce voulu ?

 

Ma volonté de faire ce film est bien antérieure aux Gilets jaunes, mon désir de parler d’une jeunesse qui tourne son regard vers son histoire et vers une certaine grandeur correspond à l’idéal de ma propre jeunesse. Il me semblait intéressant de traiter de ce thème par le prisme d’une jeunesse qui vient de milieux très modestes, car c’est un milieu d’où je viens et que je connais.

 

Lire aussi : L’édito de Jacques de Guillebon : Un brave au coeur puissant

 

Kevin, le héros, et son ami Elias découvrent que la monarchie française a fait bien plus pour les plus fragilisés et les plus faibles qu’on nous le dit. D’ailleurs, c’est même les rois de France qui les premiers ont donné un statut particulier aux enfants abandonnés et aux jeunes filles-mères (en tant qu’ex-enfant de la DDASS, ça m’interpelle).

Cette soif de renouer avec l’Histoire, avec son roi, avec les conquêtes, avec des valeurs, un certain esthétisme font sauter les frontières socio-culturelles, il me semble. Car dans le cœur de bien des jeunes, la soif est intacte.

Dans votre film, la cause monarchique apparaît là où on ne l’attend pas, chez deux jeunes issus, pour l’un de la France périphérique déclassée, et pour l’autre, de l’immigration marocaine. Avez-vous voulu montrer par là qu’il ne fallait pas enfermer le monarchisme dans le milieu intellectuel et bourgeois qui fut souvent le sien au cours des dernières décennies ?

 

Il y a deux milieux qui m’intéressent : le milieu ouvrier, car c’est le mien, et le milieu aristocratique, car il est porteur de valeurs importantes encore de nos jours… La bourgeoisie, elle, ne m’intéresse pas beaucoup. J’ai pris le prisme de cette jeunesse de la France périphérique, car tout comme l’aristocratie, elle peut se retrouver sur un besoin de grandeur et de beauté. Il y a des valeurs immuables qui unissent parfois les jeunes de milieux sociaux opposés. Cette soif de renouer avec l’Histoire, avec son roi, avec les conquêtes, avec des valeurs, un certain esthétisme font sauter les frontières socio-culturelles, il me semble. Car dans le cœur de bien des jeunes, la soif est intacte.

Ils s’intéressent aux rois, c’est plus à leur portée. Dieu viendra ensuite finalement. Le roi, c’est le lien accessible entre mes jeunes et Dieu.

En France, la cause monarchique reste intimement liée à celle du catholicisme qui a porté sur les fonts baptismaux la monarchie française. Pourquoi n’avoir pas évoqué explicitement cette dimension chrétienne même si elle est présente en filigrane ?

 

Vous le dites très bien, j’ai abordé le thème du « sacré » tout au long du film, en filigrane, ça me semblait plus juste de le faire ainsi, car les deux personnages principaux ne s’intéressent pas à la « religion ». Ils s’intéressent aux rois, c’est plus à leur portée. Dieu viendra ensuite finalement.

 

Lire aussi : Un royalisme d’instinct

 

Le roi, c’est le lien accessible entre mes jeunes et Dieu. Et puis peut-être aussi que de manière plus personnelle, il y a beaucoup de choses que je ne comprends pas de mon Église en ce moment, alors je n’ai pas eu envie de trop la servir dans ce film. J’espère en faire un film un jour d’ailleurs, ça s’appellera L’Agneau, mais c’est une autre histoire.

 

 

Propos recueillis par Benoît Dumoulin

 

 

Le Fils d’un roi est disponible à l’achat sur cheyennecarron.com

 

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