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Gwenaëlle Foillard, fille de roi

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Publié le

6 février 2020

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Le royalisme, ringard ? Rencontre avec Gwenaëlle Foillard, 39 ans, mère de famille nombreuse, chef d’entreprise, dirigeante et créatrice de City’Var. Fondatrice de Creacio et Filles de Roi, elle œuvre individuellement et à sa manière pour le retour du Roi sur le trône de France.

 

 

 

Vous êtes devenue royaliste. Comment s’est fait ce cheminement intellectuel et spirituel ?

 

Bien que mon nom de jeune fille soit Salaün de Kertanguy, je n’ai pas été élevée dans l’idée d’un retour du Roi. Le royalisme n’est pas un héritage familial. J’y suis arrivée non par l’Histoire mais par « révélation ». J’aime le Seigneur depuis mes quatre ans, je passe du temps avec Lui. En avril 2015, dans l’oraison m’a été révélé que je rencontrerai le Roi de France. J’ai mis cela de côté mais c’est devenu de plus en plus insistant. Je ne connaissais rien au retour du Roi, je me suis donc intéressée aux prétendants au trône, Louis XX et les Orléans.

Pour ce qui est de la France, elle est née avec le baptême de Clovis sur les prières incessantes des saints Clotilde, Geneviève et Rémi.

Les royalistes sont hélas divisés en deux camps, au moins…

 

Je suis convaincue de la nécessité de tous nous unir en évitant les querelles de chapelles. En ce sens, nous avons instauré avec l’abbé Loiseau une messe pour la France où tous les royalistes (légitimistes, orléanistes, providentialistes, survivantistes, etc.) et aussi les non-royalistes sont les bienvenus [voir encadré].

 

Lire aussi : Pour un royalisme burné

 

Vous êtes fondatrice de Filles de Roi. Y a-t-il une articulation possible entre le roi de France et le Christ ? Laquelle faites-vous entre foi et politique ?

 

Tout d’abord, Filles de Roi n’a rien à voir avec le roi terrestre. Nous sommes « Filles de Roi » car Filles de Dieu (psaume 45) et ce n’est pas un mouvement royaliste ni politique. C’est un mouvement pour révéler les talents des femmes dans tous les domaines de la société. Pour ce qui est de la France, elle est née avec le baptême de Clovis sur les prières incessantes des saints Clotilde, Geneviève et Rémi. Près de 1 300 ans d’Histoire avec une monarchie de droit divin ont construit la France, les rois ont été sacrés à Reims avec l’onction du saint Chrême. Le pouvoir temporel est remis au Pouvoir de Dieu : le Roi de France est le lieutenant du Roi du Ciel, Jésus Christ, de qui il reçoit son pouvoir. Le Roi est au service de ses peuples, des plus pauvres, du Bien Commun. C’est pourquoi Foi et Politique sont liées au risque, sinon, de tomber dans un humanisme horizontal et falsifié. Saint Irénée dit que « la gloire de Dieu c’est l’homme debout ». L’homme est au centre de la Création. Il ne pourra refléter sa grandeur que dans la mesure où il se laissera conduire par l’Esprit Saint pour entrer dans sa vocation et sa dignité de Fils de Roi. Tout l’héritage du Père lui appartient !

La monarchie est une idée moderne avec un bel avenir dans un pays troublé, face à une République affaiblie. C’est le régime naturel car fondé sur la famille. Il assure la continuité de génération en génération alors que la République est mouvante.

Le retour du Roi est vu telle une chimère, un rêve de doux dingues. L’évocation de cette idée appelle les moqueries ou une impossibilité catégorique. « La royauté est révolue ». En tant que chef d’entreprise, pensez-vous que la monarchie de droit divin soit un système viable pour l’économie française au XXIe siècle ?

 

Bien sûr que c’est un système viable ! Pour 39 % des Français, la monarchie serait un gage de stabilité et d’unité. Il y a une grande différence entre un roi sacré à Reims qui s’engage à servir Dieu et un président de la République qui sert trop souvent ses intérêts personnels et ceux de Bruxelles. Une grande partie des Français attendent autre chose qu’un président. Les rois et reines fascinent. Les enfants ne se déguisent pas en président mais en princes et princesses ! La dimension familiale de la monarchie, appelée « famille de France » permet aux sujets de s’identifier à leurs dirigeants.

Le plus important est que le Roi et son gouvernement constitué de ministres, du Parlement et des institutions locales soient au service du bien commun et de l’enrichissement de la Nation. Or en République, les dirigeants sont au service du droit des communautés.

Paul Valéry disait que « la véritable tradition n’est pas de refaire ce que les autres ont fait mais de trouver l’esprit qui a fait ces grandes choses et qui en ferait de toutes autres en d’autres temps ». La monarchie est une idée moderne avec un bel avenir dans un pays troublé, face à une République affaiblie. C’est le régime naturel car fondé sur la famille. Il assure la continuité de génération en génération alors que la République est mouvante. Comme chef d’entreprise, je suis favorable à la liberté d’entreprendre et donc au libéralisme économique. Il est nécessaire d’aider les entreprises à évoluer vers des activités stratégiques comme l’énergie, le numérique, l’aéronautique, le tourisme ou l’environnement. Le plus important est que le Roi et son gouvernement constitué de ministres, du Parlement et des institutions locales soient au service du bien commun et de l’enrichissement de la Nation. Or en République, les dirigeants sont au service du droit des communautés.

 

Comme mère de famille française ?

 

En tant que mère de famille, j’aimerais un renforcement de l’institution de la famille et que la vie soit défendue du début à la fin. La famille permet le lien social et le renouvellement de la population qui sont nécessaires à l’équilibre économique et social. Il nous appartient à nous, Français d’aujourd’hui, de reconstruire notre pays, personne ne le fera à notre place ! Il y va de notre bonheur, de celui de nos enfants, des générations futures et de tous ceux qui, à travers le monde, aiment la France. Notre pays doit être libre, respecté à l’extérieur comme à l’intérieur, prospère, uni et solidaire, politiquement stable et capable de transmettre à ses enfants son patrimoine culturel et spirituel.

 

Lire aussi : Cheyenne-Marie Carron : « La monarchie française a fait beaucoup pour les plus fragiles »

 

En comparant les œuvres républicaines et celles de la royauté, quel est selon vous le modèle politique à même de nous sortir de l’ornière, voire de nous éviter la guerre civile ?

 

La monarchie a constitué la France au cours des siècles et demeure une institution qui se rattache à la famille, à la transmission et au sens des valeurs. Dans ce système, la finalité est le Bien Commun, la Vie Éternelle et la Dignité Humaine. Deux siècles après la Révolution, la monarchie conserve une signification réelle pour les Français. N’oublions pas que la République a eu du mal à s’imposer : Empire, Restauration, Empire…

Et lorsque le roi sera de retour, sacré à Reims et au service du Roi du Ciel, alors la France pourra enfin se relever et regarder l’avenir avec confiance. Vive Dieu, vive la France et vive le Roi !

Au-dessus de la mêlée, ni de droite ni de gauche, il est le Roi de tous. Élu par personne, il ne dépend de personne non plus. C’est un chef d’État garant de l’unité et la souveraineté, de la justice et de la paix pour le peuple français. Il peut nous éviter la guerre civile en mettant Dieu et la famille au centre. Le Roi incarne l’âme du peuple fidèle à son pays. Il n’est roi que parce qu’il a été saisi par l’Histoire. La République est au bord de la faillite, il faut en finir avec elle. Et lorsque le roi sera de retour, sacré à Reims et au service du Roi du Ciel, alors la France pourra enfin se relever et regarder l’avenir avec confiance. Vive Dieu, vive la France et vive le Roi !

 

Propos recueillis par Élodie Pérolini

 

 

 

PRIÈRE POUR LA FRANCE.

 

Depuis plus d’un an, les Missionnaires de la Miséricorde divine célèbrent en l’église Saint-François de-Paule à Toulon, chaque deuxième samedi du mois, une « Messe pour la France ». Si officiellement la prière est faite pour que notre pays se dote « d’un gouvernant selon la volonté de Dieu », l’initiative d’une telle messe vient des royalistes. Le but est d’unir les différents courants dans une unique prière et d’y adjoindre tous les amoureux de la France de bonne volonté. Le principe est accepté par tous mais dans les faits c’est une forte majorité de sympathisants de l’Action française qui se rend à l’Office. Or, chose étonnante, l’abbé Loiseau note l’arrivée de royalistes convertis hors-partis, issus de mouvements charismatiques et apparitionistes pourtant très éloignés des milieux monarchistes conventionnels.

 

À la liturgie traditionnelle et au bréviaire de 1960 qui contient une prière pour le Roi, la messe adjoint les prières pour la France données à Marthe Robin et Marcel Van. C’est une longue tradition de voyants annonçant une destinée particulière à la France qui fonde théologiquement cette demande des fidèles pour le retour de l’unité et de la foi en France. Saint François de Paule ne prédit-il pas déjà l’arrivée du grand monarque ?

« Plus qu’une trêve, confie l’abbé, tous les royalistes sont en communion, tous les Français. Même des non-catholiques qu’on ne voit jamais à l’Église viennent exprès prier pour le repos de l’âme du roi et pour la France. Il y a une grande ferveur et de plus en plus de monde chaque année »

Cette effervescence royale dans le diocèse de Fréjus-Toulon tient aussi à son histoire et sa spiritualité puisqu’il est comblé de la présence de sainte Marie-Madeleine à la Sainte-Baume et du sanctuaire Notre-Dame de Grâces à Cotignac qui nous donna Louis XIV !

 

Si l’unité entre royalistes est difficile lors des célébrations mensuelles, elle se fait au-delà de toute espérance aux messes de requiem pour Louis XVI. Autour du Roi-martyr, c’est toute la nation qui s’unit. « Plus qu’une trêve, confie l’abbé, tous les royalistes sont en communion, tous les Français. Même des non-catholiques qu’on ne voit jamais à l’Église viennent exprès prier pour le repos de l’âme du roi et pour la France. Il y a une grande ferveur et de plus en plus de monde chaque année ». Cela lui est confirmé par les confrères d’autres diocèses : un royalisme hors-les-murs, comme une lame de fond, surgit chaque 21 janvier en France autour de l’autel.

É.P.

 

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