[vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1581356150694{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »]
Alexandre de Serbie, aîné de la dynastie des Karageorgévitch et fils du dernier roi ayant régné sur les Slaves du Sud nous a reçus dans son palais, construit dans les années 1920 par son grand-père le roi Alexandre dans le quartier de Dedinje, en périphérie de Belgrade. Âgé de 74 ans, c’est dans un français parfait, à peine revêtu d’une pointe d’accent anglais, qu’il nous a confié ses inquiétudes mais surtout ses espoirs.
Vingt ans après l’agression de l’Otan contre la Serbie, la question du statut des minorités serbes du Kosovo-Métochie et de Bosnie-Herzégovine n’est toujours pas réglée. Peut-on espérer qu’elle le soit prochainement ?
Oui. Il faut penser que la démocratie n’a été instaurée en Serbie que le 5 octobre 2000 lors de la chute de Slobodan Milosevic. L’expérience démocratique est donc récente dans ce pays où coexistent plusieurs nationalités. Les Serbes ont vécu une tragédie au Kosovo après les bombardements criminels de l’OTAN et après des décennies d’erreurs politiques dans cette région. On est en train de payer pour toutes les bêtises du passé. Le président actuel de la Serbie, Aleksandar Vucic est très fort, ce qui est une bonne chose. Il a de bonnes relations avec les minorités serbes dont vous parlez. La situation au Kosovo est complexe pour lui et le sera pour ses successeurs. Il a de bonnes relations avec la France.
Lire aussi : Les Serbes de Bosnie, rempart de l’Occident ?
Un sénateur gaulliste français vient de visiter Kosovska Mitrovica et Banja Luka. Espérez-vous que la vieille amitié franco-serbe puisse ressusciter ?
L’amitié entre la Serbie et la France est en train de renaître. Elle a été abîmée par les bombardements de 1999 mais au fur et à mesure elle s’améliore beaucoup. Je suis très content que la France et le sénateur Sébastien Meurant en particulier veuillent œuvrer à cet objectif. Les ambassadeurs français successifs sont venus me voir. Nous avons parlé de la restauration du monument à l’amitié franco-serbe situé devant la magnifique ambassade de France à Belgrade qui est un témoin de cette amitié. Je crois que la France peut nous aider énormément à avancer.
Malheureusement, il y a beaucoup de divisions. Ça se calme plutôt, mais je peux le dire, la loi adoptée par le Monténégro n’est pas une bonne loi.
L’Église orthodoxe serbe voit ses droits historiques contestés au Monténégro. Que pensez-vous de la situation dans cet État voisin ?
J’ai publié un communiqué de presse appelant les deux parties au calme. S’il n’y a pas un tel retour au calme, les deux parties vont souffrir énormément. Là encore, c’est le résultat du passé. Malheureusement, il y a beaucoup de divisions. Ça se calme plutôt, mais je peux le dire, la loi adoptée par le Monténégro n’est pas une bonne loi.
Nous sommes très bien positionnés pour faire rayonner la Serbie. L’économie du pays s’améliore au fur et à mesure, avec 3 % de croissance par an.
Quel rôle joue aujourd’hui la famille royale en Serbie et en ex-Yougoslavie ?
Avant la chute de Milosevic, j’étais très actif contre le régime. J’ai été ensuite invité par le gouvernement à revenir dans ce palais. Je ne mêle pas de la vie politique serbe mais, de temps en temps, je fais une déclaration comme je viens de le faire concernant la situation au Monténégro. Mes relations avec le gouvernement sont très bonnes. Avec ma femme nous avons une activité humanitaire et ce palais est un point de rencontre. Beaucoup de gens viennent nous voir. Nous sommes très bien positionnés pour faire rayonner la Serbie. L’économie du pays s’améliore au fur et à mesure, avec 3 % de croissance par an. Nous avons désormais des embouteillages et des autoroutes alors qu’avant nous n’avions qu’une seule autoroute allant de Belgrade à Nis. Nous représentons à l’occasion la Serbie à l’étranger grâce à l’entremise du gouvernement avec qui l’amitié est très forte.
Lire aussi : Kosovo, la résistance serbe
Note-t-on un certain retour à la tradition, un intérêt pour l’histoire royale serbe, dans votre pays ?
Au fur et à mesure on assiste effectivement à un retour à la tradition. Il faut rappeler que durant toute la dictature communiste, la propagande s’est déchaînée non seulement contre la mémoire du général Draza Mihailovic, le chef des Tchetniks mais aussi contre celle de mon père le roi Pierre II de Yougoslavie. Tous ceux qui ont rejoint les partisans durant la Seconde Guerre mondiale n’étaient pourtant pas des communistes. C’était une situation très compliquée. Le système anglais était totalement pénétré par l’Union soviétique et les différentes missions qu’ils ont envoyées en Yougoslavie ont fait des démonstrations d’amitié envers le maréchal Tito. Mon père a été véritablement blessé quand Winston Churchill a décidé de l’abandonner, et après lui le président Roosevelt. Ce fut un jeu géopolitique épouvantable surtout après la conférence de Téhéran en 1943. Maintenant, c’est le passé. Notre peuple a la chance d’avoir du travail et de vivre désormais comme un pays européen normal.
Propos recueillis par Jérôme Besnard avec l’aide de Frédéric de Natal
[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]





