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Dossier LGBT – Enquête Paris, la vie en rose

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Publié le

6 mars 2020

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Depuis que sa première marche des fiertés de France y a été organisée en juin 1977, Paris est sans conteste la première ville gay du pays. Les associations LGBT présentes dans la capitale et la mairie s’y livrent à de courtois échanges de bons procédés, dans un jeu assez trouble de subventions et de réseaux, sur fond du pactole électoral des voix gays pour la gauche parisienne.
@DR

La proportion de LGBT est bien plus grande dans la capitale que dans le reste du pays. Selon un sondage de l’Ifop publié en janvier 2017, 13 % des Parisiens se déclarent gays, alors que ce chiffre serait deux fois moins élevé (7 %) pour l’ensemble de la France, toujours selon la même étude. Le terme gay recoupe, pour cette étude, toutes les personnes ne s’identifiant pas à l’hétérosexualité. Ces résultats sont corroborés par les statistiques des mairies de Paris. De mai à octobre 2013, dans les six mois qui ont suivi l’adoption de la loi Taubira, les unions homosexuelles ont représenté 13 % des mariages parisiens.

Il n’est donc pas étonnant que les politiques de la capitale cherchent à s’attirer les bonnes grâces des associations LGBT parisiennes les plus médiatiques en leur versant des subventions généreuses. En 2019 elles s’élevaient à 287 000 euros, contre 257 000 euros l’année précédente. La plus importante somme d’argent, 123 000 euros, a été versée au Centre LGBT de Paris et d’Île-de-France.

La manne électorale est de taille et les Hidalgo et autres Brossat, le maire-adjoint communiste de la capitale et tête de liste du PCF aux élections européennes, ne comptent pas la laisser s’échapper. Il n’est donc pas étonnant que les politiques de la capitale cherchent à s’attirer les bonnes grâces des associations LGBT parisiennes les plus médiatiques en leur versant des subventions généreuses. En 2019 elles s’élevaient à 287 000 euros, contre 257 000 euros l’année précédente. La plus importante somme d’argent, 123 000 euros, a été versée au Centre LGBT de Paris et d’Île-de-France. Au regard du détail de ces aides, il est possible d’être parfois légèrement amusé, voire franchement interloqué. C’est ainsi qu’en juillet dernier, 10 000 euros étaient accordés à l’association LGBT Dance-Pride Off, qui lutte, sûrement avec brio d’ailleurs, contre les discriminations anti-gays en organisant par exemple des cours de salsa non-mixtes. En juin, 5 000 euros avaient été attribués à la magnifique équipe de foot lesbienne « Les dégommeuses », les dégos pour les intimes, qui se bat glorieusement contre « le sexisme et les lgbtphobies dans le sport et pour le sport ». Sur le compte Twitter de l’association, la première photo montre pourtant les jeunes femmes de l’association qui manifestent avec véhémence pour la PMA, sans que l’on saisisse bien le lien avec l’homophobie dans le sport.

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Le soutien de la mairie de Paris à la cause LGBT ne s’arrête pas à un appui financier. Les aides en nature au communautarisme LGBT sont une triste réalité dans la capitale. En juin 2018, à l’occasion de la Gay Pride, des passages piétons du Marais avaient été peints aux couleurs de l’arc-en-ciel. Au départ temporaires, Anne Hidalgo a décidé qu’ils seraient finalement définitifs. Quand les plaintes des riverains qui refusaient cette bizarrerie ont été déboutées en mai 2019 par le tribunal administratif, la maire de la capitale a littéralement crié victoire sur son compte Twitter.

Il faut dire que l’histoire d’amour entre SOS Homophobie et Anne Hidalgo n’a pas commencé avec Joël Deumier : Yohann Roszéwitch, président de l’association en 2014-2015, a lui aussi rejoint Paris en Commun après être passé par la Dilcra en tant que conseiller chargé de la lutte contre les LGBTphobies.

La mairie de Paris offre aussi des postes aux membres des assos. On trouve ainsi beaucoup d’anciens dirigeants des grandes associations gays de la capitale, SOS Homophobie et STOP Homophobie principalement, dans les équipes des chefs de la gauche parisienne. Récemment, c’est Joël Deumier qui a quitté son poste de président de SOS Homophobie pour rejoindre l’équipe de campagne d’Anne Hidalgo, Paris en Commun. Il y occupe le poste de coréférent de Fierté en Commun qui se présente comme la « plateforme LGBT + de Paris en Commun ». Il faut dire que l’histoire d’amour entre SOS Homophobie et Anne Hidalgo n’a pas commencé avec Joël Deumier : Yohann Roszéwitch, président de l’association en 2014-2015, a lui aussi rejoint Paris en Commun après être passé par la Dilcra en tant que conseiller chargé de la lutte contre les LGBTphobies. Pas de jaloux cependant ! SOS Homophobie n’est pas la seule association à avoir ses pions place de l’Hôtel-deVille. Urgence Homophobie, créée au début de l’année 2018, a fait une percée assez brillante dans le réseautage municipal. Cette association est une refonte d’Urgence Tchétchénie, qui était née en avril 2017 au cœur de l’émotion causée par les violences du gouvernement de Kadirov contre les homosexuels de son pays. Son président est Guillaume Mélanie qui est – mais l’effet de surprise commence à diminuer – lui aussi présent dans l’équipe de campagne de la maire socialiste.

Lire aussi : Dossier LGBT – Enquête : La guerre des roses

Guillaume Mélanie est d’ailleurs un cas particulièrement intéressant. Alexandre Marcel, qui avait été l’un des premiers à donner de la visibilité à Urgence Tchétchénie, a depuis déchanté : « Quand j’ai appris à le connaître, j’ai compris que je m’étais fait avoir. C’est un mec qui se met en avant, qui fait du fric, qui cherche des mondanités ». Il va jusqu’à dire que « Guillaume Mélanie s’amuse à dénoncer la LGBTphobie sur Twitter mais en fait, il n’a que quelques militants et ses seules actions concrètes se font systématiquement à grand renfort de communication ». C’est au moment où Mélanie n’a pas pu venir en aide à un réfugié homosexuel tunisien malgré son engagement à le faire qu’Alexandre Marcel a compris la supercherie : « Il l’a accusé de prostitution, de cocaïnomanie et d’alcoolisme pour s’en débarrasser, parce qu’il n’avait pas de vraie structure pour l’accueillir ». Alexandre Marcel conclut, ironique : « Grande bouche et petit moyen, comme on dit chez nous ».

Maxime Cochard, un écrivain aux dix-huit mille abonnés sur le réseau social, est l’un des cyberactivistes les plus influents du pays. Il est très régulièrement relayé par le courageux compte anonyme « Paris pas rose », qui fait œuvre de délation, si bien qu’il a été soupçonné un temps d’être l’homme qui se cache derrière la machine.

La gauche parisienne entretient aussi des liens avec le cybermilitantisme LGBT, notamment celui qui se déploie sur Twitter. Maxime Cochard, un écrivain aux dix-huit mille abonnés sur le réseau social, est l’un des cyberactivistes les plus influents du pays. Il est très régulièrement relayé par le courageux compte anonyme « Paris pas rose », qui fait œuvre de délation, si bien qu’il a été soupçonné un temps d’être l’homme qui se cache derrière la machine. Bras droit du maire-adjoint PCF Ian Brossat, qui a aussi mené la liste communiste aux européennes, Cochard est chargé du développement du logement social à la mairie de Paris et, comme il se doit, membre de l’équipe de Paris en Commun.

En cas de réélection de la maire sortante, les activistes LGBT occuperont encore longtemps le devant de la scène parisienne.

Les liens entre la gauche parisienne et les associations LGBT de la capitale sont nombreux et étroits. Elles forment ensemble un écosystème politique où les frontières entre militantisme gay et responsabilités municipales semblent inexistantes. Cette alliance permet à Anne Hidalgo d’avoir des relais puissants dans l’importante population LGBT de la capitale et aux dirigeants associatifs de s’assurer des financements pour leur lutte et des postes prestigieux pour leur carrière. En cas de réélection de la maire sortante, les activistes LGBT occuperont encore longtemps le devant de la scène parisienne.

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