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Enquête – L’idéologie LGBT en entreprise

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Publié le

9 mars 2020

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Depuis une dizaine d’années, l’entreprise connaît une révolution arc-en-ciel sous la pression d’un lobby qui n’hésite pas à faire pression sur les récalcitrants et à utiliser les bons sentiments pour faire avancer une idéologie, présentée sous l’angle consensuel de la lutte contre les discriminations.

Soutenir la cause LGBT est devenu un enjeu moral pour beaucoup d’entreprises au même titre que la lutte contre le handicap. À l’origine de tout cela se trouvent les chartes LGBT proposées à la signature de chaque entreprise depuis 2013. Lancée en 2012 par l’association pro-LGBT L’Autre Cercle et l’entreprise Accenture, avec la complicité du gouvernement d’alors, cette charte d’engagement a pour objectif d’amener les entreprises à inclure la thématique des personnes LGBT dans le cadre de leur politique de diversité. Sous couvert de lutte contre les discriminations au travail fondées sur l’orientation sexuelle, elles en arrivent à financer des formations pro-LGBT et à véhiculer l’idéologie afférente. Les chartes jouent volontiers sur les deux tableaux : elles prévoient de « créer un environnement inclusif pour les collaboratrices et les collaborateurs LGBT » et de « veiller à une égalité de droit et de traitement entre tou-te-s les collaboratrices et collaborateurs quelles que soient leurs orientation sexuelle et identité sexuelle ou de genre », ce à quoi personne ne saurait s’opposer dans l’entreprise.

Mais derrière l’acceptation des personnes pointe l’adhésion à une idéologie puisqu’on y trouve des mentions comme « communiquer à l’extérieur de l’entreprise ou de l’organisation sur les bonnes pratiques et les engagements LGBT pris ». La plupart du temps, cela se traduit par la nomination d’un référent diversité et inclusion au sein de l’entreprise dont le rôle est de promouvoir tout type de diversité : femmes, handicapés, minorités culturelles… et LGBT ainsi placés au même niveau. Il est d’ailleurs symptomatique que le terme « inclusion » qui concerne à l’origine l’accueil des personnes porteuses de handicap finisse par s’appliquer aussi aux personnes LGBT dont le comportement, qui relève pourtant de la vie privée, se trouve ainsi hissé au rang d’un marqueur identitaire.

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Des chartes LGBT contraignantes

En septembre 2019, 130 structures ont signé la charte d’engagement LGBT de L’Autre Cercle. Parmi elles, des entreprises comme IBM, BNP Paribas ou GE France (qui fut dirigée par Clara Gaymard, fille du professeur Lejeune, entre 2006 et 2016) ou des sociétés du CAC 40 parmi lesquelles Axa France, Orange, Total ou Vinci Autoroutes. Est-ce pour se racheter d’avoir participé à la première grande manifestation nationale à l’encontre du mariage homosexuel en janvier 2013 qu’Henri de Castries, alors PDG d’Axa, fit du zèle deux ans plus tard, en signant dès 2015 la charte LGBT au grand dam du monde catholique auquel il appartient ? Toujours est-il qu’en cas de non-signature, une pression peut être exercée par les actionnaires de ces entreprises au sein desquels se trouvent de nombreux fonds de pensions américains comme BlackRock ou Vanguard parmi lesquels le lobby LGBT est très actif. Si bien qu’en général, l’entreprise voulant éviter tant une déstabilisation boursière qu’une campagne de lynchage médiatique, préfère taire ses états d’âme et signer.

Au Boston Consulting Group (BCG), « Pride@BCG vise à faire du BCG le cabinet le plus épanouissant pour les membres de la communauté LGBT + dans le monde entier.

Discrimination positive LGBT

Parfois, ce soutien à la cause LGBT prend la forme de véritables réseaux érigés au sein de l’entreprise, comme « Mobilisnoo » chez Orange, « Casino Pride » au sein du groupe Casino, « Halo » au cabinet d’avocats d’affaires Freshfields ou « Gayglers » chez Google. On y organise le recrutement de collaborateurs LGBT dans l’entreprise, on lutte contre « les discriminations » réelles ou supposées, on s’arrange pour obtenir le poste Diversité et inclusion, on organise des évènements pro-LGBT et on lance des formations de sensibilité à la diversité qui sont en général confiées à des cabinets ou des associations LGBT. Au Boston Consulting Group (BCG), « Pride@BCG vise à faire du BCG le cabinet le plus épanouissant pour les membres de la communauté LGBT + dans le monde entier afin de travailler pour un cabinet qui valorise la diversité sous toutes ses formes et traite tout le monde de manière égale dans les politiques et les pratiques », nous dit son site qui se vante d’initiatives de recrutement spécifique en faveur de la communauté LGBT. Chez Google, on est même allé jusqu’à faire du lobbying auprès de la Cour Suprême américaine quand les lois sur le mariage pour tous étaient débattues et on n’hésite pas à promouvoir la discrimination positive à l’égard des LGBT, en proposant de les payer plus que les autres collaborateurs, ceci afin de compenser une taxe que les couples homosexuels ont besoin de payer lorsque leurs partenaires sont pris en charge financièrement par leur mutuelle. Enfin, chez McKinsey, on organise un évènement en avril prochain intitulé Proud Leaders qui est « destiné aux personnes basées au Benelux ou dans les pays nordiques, identifiées comme LGBTQ + » et qui souhaitent en savoir plus sur le travail de McKinsey en vue d’un recrutement. Une forme de week-end portes ouvertes réservé aux personnes LGBT que McKinsey prend en charge en couvrant « toutes les dépenses liées à l’événement, y compris les déplacements et l’hébergement, pour les personnes sélectionnées pour y assister ».

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Des entreprises notées pour leur engagement LGBT

Viennent ensuite les bilans et reporting de la politique diversité qui doivent mentionner ce que l’entreprise fait chaque année au profit des minorités. C’est là qu’on assiste à une véritable surenchère destinée à montrer que l’on soutient la cause : financement d’associations, participation à la marche des fiertés, etc. Ainsi, en 2017, l’association LGBT d’Air France, Personn’Ailes, a bénéficié du soutien d’Air France qui a réalisé des visuels pour habiller le char de l’association en le finançant en partie. Quant au Conseil national des Barreaux (CNB) qui représente l’ensemble des avocats français, il n’hésite pas à annoncer sa participation à la Gay pride en juin 2019, sa présidente Christiane Féral-Schuhl invitant les avocats qui le souhaitent à la rejoindre sur le char des avocats. Mais, la pression vient aussi de l’extérieur. Ainsi, Marlène Schiappa est-elle récemment venue soutenir l’initiative de la start-up Mixity qui « développe la première empreinte qui exprime la prise en compte de la diversité et de l’inclusion dans les entreprises, écoles, collectivités, associations… L’empreinte Mixity est conçue à partir d’un référentiel reposant sur cinq thèmes RSE : Genre – Handicap – Multi-culturel – Multi-générationnel – LGBT+ ». Concrètement, la start-up suggère à chaque entreprise de remplir un questionnaire sur les cinq thèmes précités, à l’issue duquel Mixity élabore des indicateurs de performance publics – donc consultables par tous – qui permettent de noter et comparer les entreprises entre elles. Ainsi, quand on fait une recherche pour la BPCE, on note, au sein des axes d’amélioration, que « l’entreprise n’a pas été impliquée dans une manifestation externe faisant référence explicitement à l’orientation sexuelle / identité et expression du genre au cours des 12 derniers mois » ou qu’il n’y a « pas de formation des managers délivrée pour prévenir les stéréotypes liés à l’orientation sexuelle / identité et expression du genre » ou encore « pas de personne référente à même d’écouter ou d’apporter un soutien spécifique à un.e salarié.e sur les sujets d’orientation sexuelle/identité et expression du genre si nécessaire ». Pour l’instant, Mixity ne référence que six entreprises (dont AXA France, Orange et ING) car elle procède sur une base volontaire mais elle ambitionne de pouvoir développer à grande échelle ces indicateurs.

Son secrétariat permanent, dépendant de France stratégie, a été confié à Gilles Bon-Maury, ancien président d’Homosexualités et Socialisme (voir page 37) avant de rejoindre le cabinet de Najat Vallaud-Belkacem. Une manière d’accélérer toujours plus le côté gay-friendly des entreprises.

Couronnant le tout, la plateforme RSE créée en 2013, a pour mission de coordonner les actions à l’échelle nationale dans le domaine de la responsabilité sociétale des entreprises. Son secrétariat permanent, dépendant de France stratégie, a été confié à Gilles Bon-Maury, ancien président d’Homosexualités et Socialisme (voir page 37) avant de rejoindre le cabinet de Najat Vallaud-Belkacem. Une manière d’accélérer toujours plus le côté gay-friendly des entreprises.

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