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Michael Hutchence – INXS, splendeur et misère d’un sex symbol

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Publié le

24 mars 2020

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Leader d’un des groupes-phares des années 80, INXS, Michael Hutchence, après avoir été au firmament des vedettes mondiales, décline et meurt par suicide. Réalisateur de nombreux clips du groupe, Richard Lowenstein offre de son ami défunt un docu-portrait aussi fascinant qu’émouvant.

 

 

 

Cela commence dans le noir, par un appel depuis Sydney à la réception d’un hôtel niçois. La femme épelle le patronyme de l’homme qu’elle cherche à contacter. Une vignette filmée en noir en blanc s’accroît sur l’écran. « H, Harry ; U, Ulysse; T, Tommy ; C, Charlie; H, Harry ; E, Edward ; N, Nelly ; C, Charlie; E, Edward. Hutchence. Michael Hutchence. » Le chanteur apparaît alors en gros plan. Et tout s’enchaîne selon des procédés similaires: à partir d’un gigantesque matériau d’archives audio et vidéo, Lowenstein pratique un montage d’une grande virtuosité, d’une poésie frappante, qui nous plonge dans la galaxie des stars des années 80-90 – des géantes rouges, si l’on compare à la précarité du vedettariat actuel –, et dans la destinée tragique d’un jeune Australien charismatique. C’est une orchestration de témoignages audio, d’enregistrements téléphoniques, de photographies, de lettres, de fax, de films privés (Hutchence consignait sa vie au caméscope), de séquences de reportages télé, d’interviews, de morceaux de clips ou de concerts, qui forme une mosaïque vivante d’un genre inédit et d’un effet redoutable.

Hutchence s’est maintenant amouraché du mannequin qui tourne dans le clip de « Wicked game » de Chris Isaak : Helena Christensen. Il passe une partie de sa vie entre Paris et la Côte d’Azur, déclame des phrases du Parfum de Süskind et regrette d’être seulement désiré comme fantasme quand il voudrait être reconnu comme artiste.

DANS LE MAGNÉTISME ET L’EXCÈS

 

À la fin des années 70, à Sydney, les trois frères Farriss embauchent dans leur groupe un camarade lycéen sensible et prétentieux qui lit Wilde, Hesse, Sartre et Camus, et dont le regard brûlant comme la présence animale les convainc qu’il a une destinée de rock star. À la suite de Midnight Oil, ces Australiens vont connaître un succès international en hybridant leur pop rock de New Wave et de funk. Les compagnes successives de Michael témoignent: Ananda, l’ado punk qui l’initie à Ginsberg ou la radieuse Michele. Tout finit d’exploser avec l’album Kick, en 1987, et le single « Need you tonight ». Sensualité féline, aura magnétique, voix sublime où, selon le jugement de son ami Bono (le chanteur de U2), la fragilité point sous la bravade, Hutchence devient une bête de scène et une icône. Il entame une liaison passionnée avec Kylie Minogue dont nous parviennent ici des moments de bonheur poignant. Un morceau ébauché s’amorce au caméscope et se poursuit à Wembley en 91, où, devant 70 000 personnes, le groupe connaît son apogée. Hutchence s’est maintenant amouraché du mannequin qui tourne dans le clip de « Wicked game » de Chris Isaak : Helena Christensen. Il passe une partie de sa vie entre Paris et la Côte d’Azur, déclame des phrases du Parfum de Süskind et regrette d’être seulement désiré comme fantasme quand il voudrait être reconnu comme artiste.

 

Lire aussi : SÜEÜR EST-IL LA PLANCHE DE SALUT DU ROCK ?

 

DE L’EXTASE AU DÉGOÛT

 

Mais ce grand hédoniste va perdre l’odorat et le goût, au sens strict, puis au figuré. Une mauvaise chute sur le crâne après une altercation lui provoque des lésions cérébrales le privant de ce sens. Il devient agressif, bipolaire, dépressif. Le succès s’étiole et l’infâme Liam Gallagher d’Oasis humilie Hutchence, alors même que celui-ci lui remet une récompense, en le traitant de « has been ». Le voici de plus en plus fragile et si sa nouvelle compagne, Paula Yates lui donne une fille après qu’il s’est attaché à ses enfants, la découverte d’opium chez eux menace de les priver de ce bonheur familial. Harcèlement des paparazzis, déclin du groupe, dépression, suicide… Le XXe siècle s’achève et le strass prend un arrière-goût de cyanure. Au-delà du documentaire, Mistify, patchwork sublimé de l’ère vidéo, confine à l’œuvre d’art et narre une tragédie dans des pixels passés.

 

 

Romaric Sangars

 

 

MISTIFY (101 min) de Richard Lowenstein Avec Michael Hutchence, Kylie Minogue, Bono, Helena Christensen Disponible en VOD et DVD à partir du 3 mars

 

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