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Il se peut que s’écroule un monde sans qu’en naisse en nouveau. L’histoire des hommes n’est pas celle du phénix et l’effondrement ne présage pas nécessairement la renaissance. La terre tourne encore, après la nuit il y a le jour, c’est peut-être notre seule conviction aujourd’hui. Dans l’Europe confinée comme naguère Augustin dans Hippone assiégé, nous pouvons encore méditer sur la vraie Jérusalem. Mais pour la terrestre, c’est à peine s’il en reste pierre sur pierre.
Le monde « agile » de M. Macron a fait long feu, il s’est rendu au premier coup de semonce, tel un vaisseau anglais à la vue de Surcouf. Finies les petites startups qui allaient connecter les peuples ; fini le doux commerce où chacun y trouvait son compte, toi produisant, moi consommant, toi cousant, moi tweetant ; finie la bonne conscience écologique de l’occident qui parce qu’il avait délocalisé ses industries polluantes pouvait croire au vert paradis cliquetant de son monde de « services ».
Nous voilà démunis et ladres, presque comme l’enfant au jour de sa naissance.
Mais finie aussi la grande administration française léguée par des siècles, machine aux prodigieux rouages qui entourait de ses soins le moindre de nos bobos ; finie la médecine du futur, la science totale, capables de tout créer et tout réparer. Nous voilà démunis et ladres, presque comme l’enfant au jour de sa naissance.
Le cadre s’effondre et on fait encore semblant un moment de croire à la légitimité du pouvoir. Mais on sait bien dans le fond qu’il ne mérite que d’être jeté au précipice d’un vigoureux coup de coude. Pendant que les « banlieues » pour la millième fois s’embrasent, pendant que la diplomatie française, pour la millième fois va se coucher devant les desiderata germaniques déguisés en Europe, pendant que l’industrie française va s’abîmer pour la millième fois, pendant que les commerce, petits et moyens, auront mis la clef sous la porte, Macron, Philippe, Castaner, Belloubet, Véran, NDiaye, Le Maire et Darmanin et tous les autres continueront de vendre les ruines.
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Il est incroyable que depuis le début de cette crise on n’ait entendu aucun grand responsable politique, au gouvernent ou dans l’opposition, évoquer le monde d’après autrement qu’en de vagues vaticinations. Comme si tout le monde était abasourdi, démuni, vaincu par une maladie inattendue.
Ils semblent persuadés que le Français va se retrousser les manches et repartir au turbin comme devant. Sans un regard en arrière. Sans un murmure.
Mais le Français pour l’instant endure, il est sous la grêle. Sa révolte, au temps des épis mûrs et des blés moissonnés n’en sera que plus violente. Car il est hors de question que nous « réparions le monde » qu’ils ont détruit.
Mais le Français pour l’instant endure, il est sous la grêle. Sa révolte, au temps des épis mûrs et des blés moissonnés n’en sera que plus violente.
Il faudra bien qu’on nous laisse travailler en paix pour rebâtir un pays vraiment neuf. Un pays suffisamment fort à l’intérieur pour ne pas craindre les attaques inopinées. Un pays suffisamment animé, suffisamment habité pour que nul fatum ne lui dicte plus son destin. Un pays libre, puissant. La France.
Jacques de Guillebon
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