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Le confinement a du bon : ce à quoi vous échappâtes

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Publié le

30 mai 2020

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Le grand gel culturel à quoi ont abouti les mesures sanitaires prises pour luter contre la pandémie représente globalement un désastre. Pour soutenir le moral de nos lecteurs, à L’Incorrect, nous nous sommes dits qu’il fallait néanmoins savoir considérer les aspects positifs du problème.

En ce printemps 2020, on ne nous a pas seulement privés d’actualité littéraire, de concerts, de spectacles et de débats enflammés sur le nouveau crypto-réalisme scandinave, on nous a aussi épargné quelques saloperies. Alors sachons nous réjouir de ce que nous offrent les circonstances.

 

HELLFEST ET VIEILLES CHARRUES. Certes, nos festivals, ébranlés par les annulations et menacés par l’avarice des assureurs, sont sur la sellette. On ne peut s’empêcher néanmoins de saluer la jachère offerte à nos terres clissonnaises ou finistériennes, tant ces grand-messes du rock ne sont désormais plus qu’un cuisant prétexte à la godaille, où l’illustre homo festivus affiche sans vergogne son appétence pour l’ivrognerie de masse, ingurgitant d’égale manière décibels et Kronenbourg diluée à l’eau dans ces parcs d’attraction pour adultes où la musique n’est plus que la bande sonore de son rite consumériste.

 

Lire aussi : Hervé Rolland : « Cette épidémie, en arrêtant nos vies, nous pousse à nous interroger sur leurs sens »

 

LADY GAGA. Dans un tweet posté le 24 mars dernier, Lady Gaga annonçait, épidémie oblige, le report aux calendes grecques de son dernier album, Chromatica. Tout ce que l’on sait de ce disque pour le moment, c’est sa pochette futuriste et glamour façon Hello Kity. Futurisme, vous avez dit futurisme ? Hélas, la science-fiction gagaesque relève davantage d’une version queer de Matrix que de la peinture de Chirico ! C’est pourquoi on n’est guère pressé que cet avenir advienne.

 

MADAME MONSIEUR. Souvenez-vous, ce tandem français nous avait (encore) foutu la honte durant le concours de l’Eurovision 2018 avec une chansonnette étique et larmoyante (« Mercy »), qui glorifiait les poupons migrants et se dansait en couverture de survie. L’hécatombe de vieux autochtones européens aura annulé la sortie de leur dernier album prévue le 4 avril. On rêve qu’ils aient l’idée, en post-confinement, d’aller divulguer leur jerk sans frontière en Corée du Nord. Ce serait du moins avoir pitié de nous.

 

LE SALON DU LIVRE. Le Salon du livre de Paris, devenu « Livre Paris » depuis 2016, histoire de s’aligner sur le « devenir marque » des capitales connectées au monde et délestées de leurs patries, aurait dû se tenir du 20 au 23 mars. On a raté l’Inde comme pays invité d’honneur, on s’en fiche un peu, d’autant que cette grande foire a tellement abusé sur les tarifs de location que même le stand Gallimard n’aurait pas été monté cette année. Autant dire qu’on s’y emmerde chaque fois un peu plus et qu’il ne restera bientôt plus que Titeuf, Nothomb et France Inter pour y faire la réclame.

 

Ces grand-messes du rock ne sont désormais plus qu’un cuisant prétexte à la godaille, où l’illustre homo festivus affiche sans vergogne son appétence pour l’ivrognerie de masse, ingurgitant d’égale manière décibels et Kronenbourg diluée à l’eau dans ces parcs d’attraction pour adultes où la musique n’est plus que la bande sonore de son rite consumériste.

 

HÉLÈNE CIXOUS. Au printemps devait paraître un nouveau livre dans l’œuvre monumentale d’Hélène Cixous, une « écrivaine » connue pour ses multiples combats: la guerre de « libération » de l’Algérie, son pays natal, la création de l’Université de Vincennes, haut-lieu de la « French Theory » et du soixanthuitisme, et bien sûr le féminisme. Le livre de l’amie bien ridée de Derrida (82 ans) devait paraître sous le titre de Ruines bien rangées. Le Covid nous aura préservé de cet autoportrait.

 

ALAIN BADIOU. Le bad boy mao-mondain chéri de Saint-Germain-des-Prés et d’Aude Lancelin avait réussi à refourguer à Gallimard une conférence tenue l’an dernier à la Maison Aragon-Triolet sur Aragon, le poète de « l’Ode à Staline » (mais grand poète il est vrai), de là à en faire un Radar Poésie… Scrute-t-il les merveilles du Réalisme socialiste en littérature ? Voici la première question qu’on se pose. La seconde : le Covid-19 nous débarrassera-t-il enfin de ce chef de secte et admirateur à peine repenti de Pol Pot ?

 

Marc Obregon, Mathieu Bollon, Romaric Sangars, Marie di Meco, Camille La Hire

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