Comment avez-vous accueilli cette décision de la Cour de Cassation ?
Je suis satisfait de cette décision, parce que ça fait quand même quatre ans que ce dossier était en cours. Carole Delga avait dit que c’était un caprice de ma part, que c’était du n’importe quoi, que j’allais devoir me calmer. Voilà : elle a été condamnée. La discrimination est avérée et jugée par une cour d’appel et par la Cour de cassation. Je suis satisfait de voir que la discrimination a été reconnue et que les méthodes de Madame Delga apparaissent au grand jour.
Pouvez-vous rappeler à nos lecteurs le contentieux qui vous oppose ?
Le contentieux est simple. Au début du mandat de Madame Delga en janvier 2016, je lui avais proposé de la rencontrer. Je suis le maire de l’une des trente plus grandes villes de la région Occitanie, donc je souhaitais lui parler des projets que nous avions pour la commune de Beaucaire. Elle a refusé de me rencontrer. Ensuite, nous avons à Beaucaire deux quartiers prioritaires au titre de la politique de la ville, en raison du revenu social par habitant et de la situation dans ces quartiers. La loi prévoit que pour les communes ayant des quartiers prioritaires des contrats de ville doivent être signés. Des contrats de ville sont des contrats liant la commune, l’État, la région, le département, les bailleurs sociaux, le rectorat, etc. Ce contrat a été mis en discussion. On est arrivé à un contrat commun et tous les partenaires ont signé ce contrat de ville Beaucaire.$
J’ai toujours eu des rapports normaux avec le président du département du Gard et avec l’État. En revanche, avec la région, il est vrai que les rapports ont été difficiles car Madame Delga se considère toujours comme une militante socialiste plutôt que comme une présidente de région
Tous sauf un : le conseil régional, car Carole Delga a refusé de signer ce contrat de ville. Ce contrat disait qu’il y avait besoin d’un lycée général sur la commune de Beaucaire, qu’il fallait améliorer la halte SNCF et le nombre de trams qui s’y arrête. Et donc Carole Delga a refusé de le signer. Nous avons déposé plainte pour discrimination parce que le contrat de ville de Beaucaire est le seul des 38 contrats de la région Occitanie que Madame Delga a refusé de signer. Donc il y a bien discrimination avérée, puisque quand on les signe tous sauf un, c’est qu’on traite différemment une commune par rapport aux autres.
Ce contentieux qui vous oppose à Carole Delga s’inscrit-il dans une hostilité politique plus large envers les mairies RN de la part des régions ?
Je ne sais pas s’il y a eu des cas similaires dans d’autres régions. En tout cas, moi j’ai toujours bien travaillé avec les prédécesseurs de Madame Delga, que ce soit Damien Alary ou Christian Bourquin qui étaient présidents du conseil régional Languedoc-Roussillon. J’ai toujours eu des rapports normaux avec le président du département du Gard et avec l’État. En revanche, avec la région, il est vrai que les rapports ont été difficiles car Madame Delga se considère toujours comme une militante socialiste plutôt que comme une présidente de région. Quand on préside un exécutif, on n’est pas l’homme d’un parti politique. On est là pour servir les habitants de sa ville, de son département, de sa région. Madame Delga n’a pas compris ça, elle est encore une petite militante socialiste étriquée, et je crois qu’il aurait fallu qu’elle grandisse et prenne de l’épaisseur en cinq ans. Malheureusement, elle est restée ce qu’elle était, et elle restera ce qu’elle est.
Après @Midilibre, c’est donc au tour de @lindependant de censurer ses propres journalistes.
— Julien Sanchez (@jsanchez_rn) September 2, 2020
Les articles de fond sur la condamnation de @CaroleDelga publiés en ligne aujourd’hui ont été rapidement supprimés par ces deux journaux du groupe de Jean-Michel Baylet.
Esprit Charlie ? pic.twitter.com/p0MP5zWw1k
Cette affaire est-elle juridiquement close ?
Elle est juridiquement close sur le plan national puisque la Cour de Cassation est la plus haute juridiction française. Elle a jugé, donc la condamnation est définitive en France. Non sans ridicule, Carole Delga a saisi la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Est-ce qu’elle considère que la discrimination est un droit de l’Homme ? Ce serait assez extraordinaire, donc j’espère que ça n’est pas ça. Pour pouvoir saisir la CEDH, il faut avoir un moyen, une raison et je pense qu’il n’y a pas de raisons et ni de moyens.
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En tout cas, admettons que le dossier arrive devant CEDH. Je pense que les gens qui vont voir ça vont éclater de rire encore plus fortement que les magistrats de la Cour de Cassation, qui eux-mêmes ont dû beaucoup rire en voyant le dossier. En fait, c’est simplement de l’orgueil de Carole Delga qui ne veut pas perdre la face et qui veut aller jusqu’au bout dans son combat contre ce qu’elle appelle l’extrême-droite. Elle ne veut pas perdre un procès, mais elle l’a perdu. Il faut qu’elle se fasse une raison : la discrimination est avérée. Donc elle peut aller devant la CEDH si elle veut, elle sera déboutée.
Dans le contexte actuelle, que penser des retraits par le Midi Libre et de L’Indépendant des articles relatant la condamnation de Carole Delga ?
Là, c’est magnifique, c’est la totale ! Si vous voulez en région Occitanie, il y a un monopole par le groupe Baylet. Jean-Michel Baylet est un ancien ministre, issu du parti radical de gauche. Ce parti est membre de la majorité de Carole Delga par la personne de Sylvia Pinel qui est une de ses vice-présidentes. Un journaliste courageux de L’Indépendant et un journaliste courageux de Midi Libre – il en existe encore quelques-uns – ont fait des articles sur cette condamnation. Ils ont osé commettre ce blasphème de dire que la Présidente, la Reine d’Occitanie a été condamnée. Une demi-heure plus tard, ces article sont été censurés et supprimés.
Il me semblait que ces médias étaient Charlie, que Carole Delag était Charlie. Je constate que quand ça vise Carole Delga, ces médias ne sont plus Charlie, Carole Delga n’est plus Charlie non plus
Les médias eux-mêmes ont censuré leurs propres journalistes et ils ont supprimé ces articles car ils blasphémaient Carole Delga. Il me semblait que ces médias étaient Charlie, que Carole Delag était Charlie. Je constate que quand ça vise Carole Delga, ces médias ne sont plus Charlie, Carole Delga n’est plus Charlie non plus. Elle parle même de décision politique pour une cour d’appel et la Cour de Cassation. C’est bien connu : les magistrats de la Cour de cassation sont évidemment tous encartés au Rassemblement National. C’est ridicule.
Nous avons actuellement des dossiers de demande de subvention qui sont encore en attente au conseil régional. Les avocats de la ville vont suivre très attentivement le sort qui va être réservé à l’équité de traitement des dossiers de Beaucaire par rapport à d’autres villes ayant déposé des dossiers. Nous attendons la réponse à ces dossiers et si besoin, nous déposerons une nouvelle plainte pour discrimination. Cette fois-ci, la loi a prévu un complément de peine qui est la peine d’inéligibilité pour tout élu condamné pour discrimination. Donc Madame Delga, si elle se trouve en récidive, risquera l’inéligibilité.





