* L’Incorrect décline toute responsabilité en cas de saignements oculaires occasionnés par les fautes orthographiques émaillant les citations dans cet article.
Du 12 au 13 septembre, se tiendra en effet dans la Sarthe un « Mini fest féministe non mixte, prol et rural » subtilement intitulé « Meute de chiennes : féministes rurales et vénères ». Déjà l’affiche nous fait entrer en transe avec une charmante dame visiblement anciennement bien membrée (vous apprécierez la perspective sur l’entre-cuisses), des jambes plus poilues que celles de Sébastien Chabal, des bras virils pouvant tordre le cou d’un ours, une mâchoire carrée, des poireaux fournis, des lèvres noires, les côtés du crâne rasés et une tignasse rose comme posée au sommet. Seul indice de féminité : une poitrine généreuse agrémentée d’un T-shirt imprimé carlin. Le féminin dans toute sa splendeur !
Une fois le choc de l’affiche passé, passons aux conditions d’entrée : oui, parce que le féminisme intersectionnel se contrefout royalement de l’égalité et même de la légalité. En effet, cette petite escapade champêtre est en « non-mixité choisie sans mec cisgenre » : sans hommes s’identifiant comme tels. (Comprenez Messieurs, qu’étant incapables de garder fermée votre braguette devant tant de beauté, votre présence ne soit point désirée.) À noter que certains ateliers pourraient se tenir « en mixité plus restreinte dans une dynamique de féminisme intersectionnel (personnes prols, racisées, neuroatypiques, queer, etc.) ».
Si vous êtes un homme « cisgenre », non-prolétaire, valide ET blanc, il est donc définitivement inutile de pointer le bout de votre nez.
Ce sont par exemple des « transféministes libertaires antispécistes » espagnoles qui avaient créé la polémique l’an dernier en séparant les poules des coqs dans leur refuge végan, afin d’éviter que celles-ci ne soient « violées »
Les animaux en revanche sont les bienvenus puisque l’événement se veut « antispéciste ». Ce sont par exemple des « transféministes libertaires antispécistes » espagnoles qui avaient créé la polémique l’an dernier en séparant les poules des coqs dans leur refuge végan, afin d’éviter que celles-ci ne soient « violées ». – Une poule figure d’ailleurs sur l’affiche de la meute de chiennes. Coïncidence ? – Donc pour en revenir à notre idyllique petit festival, l’objectif : « discuter sans mansplaining, partager des moments ensembles, se poser à la campagne pour celleux qui viennent de la ville, partager nos savoirs ou faire la fête avec peu de risque » (sic). « sans mansplaining […] avec peu de risque » : est-ce à dire que les femmes devenues des hommes n’en sont pas réellement ? Et comment cela se passe si un homme qui se sent femme mais qui ne s’est pas encore débarrassé de ses attributs masculins souhaite participer ? Sur quels critères peut-on estimer qu’il ne représente aucune menace ? On s’y perdrait presque…
Le programme des réjouissances se compose d’ateliers, de projections et d’une « boom ». Et comme l’intérêt d’un festival repose avant tout sur le débat d’idées et le libre échange : « aucun propos ou comportement raciste, classiste, islamophobe, putophobe, transphobe, agiste, validiste, psychophobe, spéciste, grossophobe, homophobe ne sera toléré. » Avec cette précision : « le sexisme anti-homme comme le racisme anti-blanc•he•s n’existent pas ». En tant qu’hommes « cisgenres » blancs valides, vous êtes donc moins appréciables à leurs yeux qu’une harde de sangliers, mais vous n’êtes victimes d’aucun sexisme ni d’aucun racisme.
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Afin de nous débarrasser de toutes nos phobies systémiques, nous avons tenté de nous inscrire, en vain. Nous pouvons néanmoins partager avec vous la réponse de la femelle Alpha :






