Natif de la métropole lilloise et membre d’un bataillon de chasseurs dans l’est de la France, N.H. publiait des messages ouvertement favorables au djihadisme sur les réseaux sociaux. Il partageait par exemple le hashtag #JeSuisKouachi, et se présentant comme employé de Daesh. Sous le pseudonyme El Moudjahid, il apparaît à visage découvert dans une vidéo sous un drapeau qui ressemble à s’y méprendre à celui de l’Etat islamique. Signalé par sa hiérarchie militaire, il a été condamné à six mois de prison avec sursis probatoire.
Comment le régiment a découvert les accointances de cet individu avec les milieux djihadistes ?
Le régiment les a découvertes parce que cet individu faisait déjà mention du conflit israélo-palestinien durant les classes. On savait donc qu’il était pro-Hitler, antisémite et homophobe. Sur sa page Facebook, il y a plein d’éléments qui faisaient mention de toutes ces choses. Plus concrètement, il a été formellement repéré pour les stories qu’il publiait sur Snapchat.
Pensez-vous qu’il a rejoint l’armée pour apprendre à se battre ?
Oui, je le pense. C’était un très bon élément en tir et en sport. Mais s’il avait été envoyé en opération, aurait-on pu vraiment compter sur lui ? Je ne pense pas.
Comment vos supérieurs ont-ils réagi quand une telle information leur est remontée ?
Ils ont été satisfaits d’avoir été prévenus. Les faits étant sérieux, ils considèrent qu’il fallait agir rapidement, au risque de trop en faire, plutôt que de rester passifs et prendre le risque que l’individu passe à l’acte. L’armée, les forces de l’ordre et le renseignement ont fait leur travail. Il semblerait plutôt que les dysfonctionnements soient judiciaires, sachant que l’apologie du terrorisme effectuée par internet est condamnée de sept ans de prison et 100 000 € d’amende.
Selon vous, y a-t-il d’autres militaires français proches des milieux djihadistes ?
Oui, je pense qu’il y en a d’autres, mais fort heureusement ils sont assez peu.





