Skip to content

Une milice noire, cauchemar des blancs américains

Par

Publié le

25 septembre 2020

Partage

La marche de 500 afro-américains, lourdement armés, vers le monument sudiste de Stone Mountain a fait craindre une nouvelle guerre de sécession.
milice noire

Le « Mont Rushmore » de la Confédération est un lieu hautement symbolique pour le Ku Klux Klan, organisation suprématiste blanche qui a infuencé la politique américaine au cours du XXe siècle. Sur le flanc nord de cet immense bas-relief rocheux situé en Géorgie, les figures des généraux Tomas « Stonewall » Jackson et Robert Lee, du président sudiste Tomas Jefferson. C’est ici que la milice noire, « Not Fucking Around Coalition » (NFAC), a décidé de parader le 5 juillet, attirant l’œil des médias et des touristes de passage qui ont filmé cette scène incroyable et inédite. 

Armé de fusils d’assauts, vêtus tout de noirs leur porte-parole, « Grand master Jay » a invectivé dans le vide différents groupes suprématistes blancs depuis son haut-parleur. « Je ne vois pas de milices blanches. Où sont donc les “Boogie Boys”, les “Tree Percenters” et tous vos semblables. Vous n’êtes que des “rednecks effrayés” », a aboyé l’homme dont le visage était recouvert d’une cagoule. « Nous sommes ici chez nous, nous sommes chez vous, dans vos maisons », a-t-il continué de crier tandis que ses hommes marchaient au pas, dans un style qui se voulait militaire.

« Nous ne sommes pas des manifestants qui ne faisons que chanter. Nous sommes une milice exclusivement noire », répond le leader de ce groupe para-militaire, jusqu’ici inconnu du grand public, mais suivi par des dizaines de milliers d’instagrammeurs

« Est-ce que les Black Panthers dirigent désormais Stone Mountain ou quoi ? Je n’ai aucun problème avec le fait que des gens se promènent avec des armes à feu, comme le leur permet le second amendement, mais ils ne devraient pas intimider les automobilistes », s’est agacé un internaute sur Twitter. « Nous ne sommes pas des manifestants qui ne faisons que chanter. Nous sommes une milice exclusivement noire », répond le leader de ce groupe para-militaire, jusqu’ici inconnu du grand public, mais suivi par des dizaines de milliers d’instagrammeurs. Au magazine Newsweek, « Grand master Jay » a démenti être lié au mouvement Black Lives Mater et a expliqué que l’objectif de son mouvement était le démantèlement de tous les symboles de la Confédération qui rappelle l’histoire raciste des États-Unis. Avant de se féliciter que la police d’Atlanta leur ait laissé la possibilité d’exercer leur droit constitutionnel comme le confirme avec résignation le gestionnaire du parc à l’agence Reuters.

« Nous sommes leur pire cauchemar ». Une milice qui ne fait pas pour autant l’unanimité chez les Afro-américains. « Ils ne représentent pas tous les noirs. Ils peuvent protester pacifiquement, mais viser les gens en raison de leur couleur est exactement ce que le Ku Klux Klan a fait aux noirs. Ils sont devenus ce qu’ils disent combattre », déplore Patrick D. Hampton, qui confesse volontiers voter pour le président Donald Trump. « Je prie pour la paix, mais si la guerre civile est le seul moyen d’éradiquer toutes ces factions haineuses anti-Christ en Amérique, qu’il en soit ainsi. Peut-être que les générations actuelles apprendront à ne pas suivre bêtement les médias, les élites hollywoodiennes et autres athlètes qui réclament à tout va de la justice sociale », renchérit-il, faisant écho à la peur croissante des Américains d’être de nouveau confrontés à une guerre de sécession.

Lire aussi : La guerre des races n’aura pas lieu

La veille, sur les réseaux sociaux, les internautes avaient relayé de nombreux avertissements émis par des groupes d’extrême droite qui menaçaient de perturber les festivités liées à la fête d’indépendance. Avec en toile de fond de ces manifestations permanentes organisées par les militants du Black Lives Mater et des tensions raciales qui en résultent, les statues des héros de la Confédération déboulonnés les unes après les autres et le retrait du drapeau sudiste de tous les bâtiments officiels. Dernier à l’arborer en haut de son Capitole, l’État du Mississippi a décidé (à la majorité de ses représentants) de descendre le « Dixie Flag » et le remplacer par un autre plus neutre et rassembleur. Or, selon un récent sondage de juin dernier, les deux tiers des Américains se prononcent contre tout enlèvement des statues représentant les héros de l’histoire confédérée.

Le jour même où paradait le « Not Fucking Around Coalition », après une rumeur propagée sur Facebook, une milice blanche s’était rassemblée à son tour à Gettysburg, accompagnée de bikers et de skinheads, afin de protéger ce célèbre monument commémoratif de la bataille éponyme, crépuscule de la Confédération, menacée d’incendie par des antifas. « In God, we trust ! » Chaque camp fourbit ses armes en prévision de l’affrontement.

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest