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La guerre des races n’aura pas lieu

Court-on vers une guerre raciale, ou même est-elle déjà là, larvée, en puissance, en voie de développement, de sorte que nos antiques nations, nos longues civilisations soient détruites de l’intérieur ? On le dirait bien : ce que l’on redoutait il y a plusieurs décennies, en tout cas dans un certain milieu éclairé, paraît en voie de se réaliser, depuis que George Floyd a cessé de respirer.

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© Romée de Saint-Céran pour L’Incorrect

Tant nous sommes américains : un meurtre raciste dans le Minnesota provoque une révolte à Paris. Comme naguère, SOS Racisme fut le fruit pourri et talé du mouvement des droits civiques, Mitterrand et ses sbires se rêvant Luther King à leur tour, aujourd’hui des demi-habiles traoristes se croient BLM à peu de frais en douce France.

Mais, outre qu’on ignore de quelles races il s’agirait ici – ce n’est pas le sujet, nous répond-on ; l’important, c’est le sentiment de racisé, comme il y eut un sentiment d’insécurité – on ignore de même à quoi ce phénomène ferait écho, à quelles immondes manœuvres il répondrait légitimement. Passons avec magnanimité sur le terme de « racisme systémique » qui sert aux pervers et aux imbéciles à masquer l’indigence de leur pensée dénonciatrice – si vous ne le voyez, pas, ce racisme, c’est bien la preuve qu’il existe et qu’il est permanent quoique transparent, comme l’air que vous respirez – mais allons plus loin : à qui profite ce mensonge et qui a intérêt à cette fiction ?

Mais en profitent aussi et surtout les habituels contempteurs de tout ce qui a sorti le monde du chaos, que nous appelons ordre et civilisation, et qu’ils appellent domination.

Évidemment et d’abord, une population qui n’est ni un peuple, ni une nation, ni une ethnie, ni même réellement une communauté, mais seulement le produit d’un discours marketing on ne peut plus superficiel puisque fondé sur les signes le plus immédiatement perceptibles de l’individu, en l’occurrence la couleur de peau, et qui exige en retour des privilèges liés à ladite couleur, supputant sottement que son ennemi inventé, le « blanc », aurait joui de sa domination seulement du fait de sa couleur de peau. Conception sorcière de la race. Et on tend le poing comme jadis d’autres la main tendue, dans un régal de soi et de sa force qui augurent du pire.

Mais en profitent aussi et surtout les habituels contempteurs de tout ce qui a sorti le monde du chaos, que nous appelons ordre et civilisation, et qu’ils appellent domination ; bref, les parricides, les malheureux Œdipe qui ont érigé le « blanc » en papa de l’humanité qu’il faudrait par conséquent tuer et faire disparaître. On pourrait supposer que leur monde à venir, indistinct et aussi vaseux qu’un utérus, serait un âge d’or d’égalité et d’indifférence générale. Mais non. Même pas. Si on les en croit, ce sera un temps du rachat d’une race sur l’autre. C’est-à-dire la guerre, la vengeance et le massacre.

On cherche à nous piéger dans un affrontement que nous n’avons pas désiré comme tel, à nous amener sur un terrain qui n’est pas le nôtre, et que nous vomissons par-dessus tout, depuis le début de l’occident : celui de la guerre raciale.

Ainsi donc en quelques années, résumées, ramassées et accélérées en quelques mois récents, s’est constitué un nouveau front raciste qui veut la guerre, ou plus facilement, la domination sans combattre, par des procédés de manipulation des foules vieux comme le monde mais décuplés par la puissance de feu de ce que l’on appelle encore des médias : par la honte, la mauvaise conscience, la réécriture inclusive de histoire, la falsification, la confusion des temps et des espaces, la mauvaise science, la tautologie, bref le sophisme général. Ce symptôme est inquiétant car la maladie qu’il annonce est grave, et mortelle. En effet, on cherche à nous piéger dans un affrontement que nous n’avons pas désiré comme tel, à nous amener sur un terrain qui n’est pas le nôtre, et que nous vomissons par-dessus tout, depuis le début de l’occident, depuis Marathon et Salamine, celui de la guerre raciale. Et c’est ici qu’il s’agit pour nous de déplacer le débat, sans craindre la guerre elle-même, sans mettre la tête dans le sable, sans refuser de voir ce qui se passe, mais pour la mener sur le terrain adéquat, celui de la politique.

Il est courant d’entendre et de répéter à droite le vieil apophtegme de Julien Freund, selon lequel on ne choisit pas son ennemi, mais l’on est choisi par son ennemi. Ce n’est pas faux, mais encore faut-il entendre la notion d’ennemi dans l’entièreté de la définition que lui donne Freund. La noblesse du politique en tant qu’acte de souveraineté réside selon le philosophe dans le fait de pouvoir mener une guerre qui soit ou d’appropriation, ou de défense, mais non d’extermination : « Politiquement, il n’existe pas d’ennemi absolu ou total que l’on pourrait exterminer collectivement parce qu’il serait intrinsèquement coupable ». « Politiquement » s’entend ici pour lui dans le sens le plus haut de l’exercice de la responsabilité de l’homme dans le domaine public qui refuse en l’occurrence un empiétement de la morale dans son champ : non que le politique soit parfaitement indépendant de toute considération extérieure – si c’était le cas, on deviendrait vite totalitaire ou libéral – mais qu’il ait une autonomie et une vie propre, là où il doit fonctionner efficacement.

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Lorsque Julien Freund écrivait, il s’agissait pour lui de dénoncer la construction de structures super-étatiques, comme la SDN ou l’ONU, qui font semblant de régler des différends politiques, quand elles demeurent impuissantes face aux questions réelles, supposées par la souveraineté et les moyens d’agir. Bref, le politique surpasse en la matière le droit et la matière juridique : quand deux entités politiques s’affrontent, en tant qu’ennemies, elles prennent les moyens adéquats, ceux de la puissance martiale ou diplomatique. Et en ce sens, elles se reconnaissent comme ennemi. Cependant, la modernité post-révolutionnaire a changé la donne, et à une souveraineté politique on oppose parfois désormais une entité se réclamant d’une autre légitimité conçue comme supérieure, universelle et comme telle inattaquable, que ç’ait été la classe, la religion ou la race.

Mais lisons directement Freund : « Lorsqu’une civilisation conspire à réduire, voire à faire “dépérir” la politique […] alors commence le règne de la démesure et même de la démence, parce que l’ennemi devient absolu ou total. Quand le motif religieux est prédominant – guerre sainte, croisade, guerre de religion – l’ennemi est dégradé en être infâme, infernal et impie : l’incarnation du diable ou du mal. Quand une idéologie raciste prend le dessus, il devient un esclave par nature [nous soulignons]. Quand une idéologie morale ou humanitaire est souveraine, il devient un être intrinsèquement coupable, de sorte que l’on rend un service à l’humanité en le faisant disparaître – par euphémisme on dit : en l’immolant. Dans tous ces cas on se donne le droit de l’exterminer comme un malfaiteur, un criminel, un pervers ou un être indigne. C’est que toutes ces sortes d’idéologies comportent un élément étranger au politique : l’affirmation de la supériorité intrinsèque, arbitraire et combien dangereuse d’une catégorie d’hommes sur les autres, au nom de la race, de la classe ou de la religion » (in L’Essence du politique).

C’est donc le terrain sur lequel ces racistes d’un nouveau genre veulent nous mener, espérant que s’y résolvent leurs soucis psycho-sociaux.

C’est donc le terrain sur lequel ces racistes d’un nouveau genre veulent nous mener, espérant que s’y résolvent leurs soucis psycho-sociaux. Bien entendu, nous refusons le terrain, si nous ne refusons pas l’affrontement. Et c’est justement le moyen pour nous – nous, héritiers de l’occident d’Athènes, Rome et Jérusalem dont nous croyons qu’il est le meilleur mode d’universalité qu’ait inventé l’humanité jusqu’ici – non seulement de régler leur compte aux racialistes de tout poil, mais encore de réinvestir ce que nous avions abandonné, c’est-à-dire le politique. Car c’est là qu’est notre faiblesse générale : l’oubli des leçons de l’histoire, qui veut qu’à l’État de droit réponde aussi l’État de force.

C’est-à-dire que la France en tant que nation souveraine n’a pas à se croire tenue de répondre aux réclamations diverses et indues d’individus quelconques, qu’ils soient ses citoyens ou ceux du reste du monde ; c’est-à-dire que la France n’est pas une nation coupable de quoi que ce soit devant l’histoire, et nulle instance qu’elle se prétende supra-nationale ou seulement non-gouvernementale n’est en droit d’exiger aucune excuse, dédommagement ou repentance. La France n’a pas à reconnaître quelque race que ce soit qui la réduirait et la confirait, elle, à un passé « blanc » et donc criminel pour régler des comptes. Nulle idéologie ne peut parler d’égale à égale avec la France. Car la France n’est pas seulement ce phare qui illumine le monde, le civilise et l’humanise, mais elle est encore et surtout cette force qui met le feu au phare. Sans quoi, n’importe quelle association de bienfaiteurs philanthropiques aurait pu jouer le même rôle dans l’histoire, et pourtant cela ne s’est pas vu. « Et ainsi, ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste », savait Pascal.

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Cela nous éloigne-t-il de notre sujet, savoir que certains ont l’intention de diviser le monde, et partant le pays, en races diverses qui donc s’opposeraient ? Point du tout, puisque leur seul argument, qui est celui des faibles, est précisément de jouer sur ce qu’ils savent être notre propre faiblesse, notre compassion facile et mal dirigée. Il est simple d’écraser dans l’œuf cette tentative de confédération intérieure, tant qu’on demeure sur le terrain politique sans s’aventurer dans celui de la morale, qui est éminemment hors-sujet en l’occurrence. Il est simple de refuser de déboulonner des statues, de débaptiser des lieux publics, d’introduire des programmes repentants à l’école et à l’université, de reconférer à l’audiovisuel public sa vraie vocation, qui est de dire le vrai dans sa totalité et sans obsession ; il est encore simple d’interdire les manifestations à vocation raciste et d’encourager les manifestations de la munificence française.

Quand François Mitterrand, qui fut une sacrée ordure mais pas toujours, assurait que lui vivant, jamais la France ne demanderait pardon ni ne se tiendrait pour responsable des crimes de Vichy, il était encore le dernier héritier de cette capacité du politique à se tenir hors les élans humanitaires qui produisent l’inverse de ce qu’ils prétendent et ne sont que des ferments de massacres à venir.

Ainsi donc, nous demain, la France, réassurée de notre position et de notre vocation, refusant d’entendre le discours raciste et le ravalant, assumant notre force nous rétablirons par là, paradoxe pour les seuls imbéciles, la véritable justice : sans craindre la guerre, au contraire nous la livrerons si l’on nous y précipite, mais précisément pour que jamais elle ne soit raciale.

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