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Allongement du congé de paternité : le postmodernisme pris à son propre piège

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Publié le

29 septembre 2020

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L’allongement du congé paternité est l’occasion inattendue de disserter sur la distinction des deux sexes dans la parentalité. Inattendue, parce que tout droit venue d’une famille politique qui nie avec acharnement les différences de sexe depuis le début des débats bioéthiques. Analyse.

Une fois de plus, le gouvernement prend de court, avec l’annonce médiatisée de « l’allongement du congé de paternité ». Comme le congé de maternité, il sera rendu en partie obligatoire. Les Français expriment leur contentement. Un esprit moqueur dirait : de quoi je me mêle ? On aurait tort de prendre l’affaire à la légère. Comme la loi de bioéthique s’apprête, en même temps, à priver de son père un enfant, on ne peut s’empêcher de chercher, pour reprendre Pascal, « l’idée de derrière » de cet allongement du congé de paternité.

De quel « père » parle-t-on ? Si c’est du mâle hétérosexuel qui a engendré l’enfant, pourquoi faire venir, au journal télévisé, le neuropsychiatre Boris Cyrulnik pour cette annonce ? Tout simplement pour préparer l’opinion, dans un climat d’amour, à la réforme du code de la famille : la nouvelle filiation, fruit mûr de « cette révolution de velours » que sont les nouvelles familles. L’idéologie est serrée.

Ainsi se mettent en place « les nouvelles familles » dans leur intimité. Et cela émeut les chaumières. Le procédé est simple : on donne à voir, on légifère ensuite. On connaît la logique d’un discours idéologique appelé fenêtre d’Overton

 Rappelons-nous l’ouverture, en septembre dernier, de la Commission de la loi bioéthique à l’Assemblée. Puisque pour  Mesdames Belloubet et Buzyn, suscitant un rire, dont elles n’avaient cure et dont elles ont ri les premières, le père peut être une grand-mère, un oncle, un parent quelconque, comment ne pas déduire que la compagne de la parturiente, dans un couple lesbien, bénéficiera, au nom de l’égalité dans les couples, de « ce congé de paternité » dit encore « congé paternel » devenu, pour l’occasion, « congé parental » ? Tout comme en bénéficiera bientôt, n’en doutons pas, le mari du père homosexuel. Le glissement des mots a été perceptible au cours de cette annonce. Mais, là, il faut revenir en arrière au Grand Débat élyséen de 2018.

Lors de ce grand Débat , proscrivant les questions sociétales, seule Madame Théry, professeur de sociologie du droit de la famille à l’EHESS et auteur d’un livre «  Mariage et filiation pour tous » avait pu défendre, devant le Président, « la filiation pour tous », entendez « les familles issues du don ». Ce qu’elle appelle « la civilité sexuelle ». Après la reconnaissance, dans notre droit, de couples de même sexe, madame Théry, voulait « la reconnaissance de « la distinction de sexe pour les couples de même sexe ». Marc-Olivier Fogiel, dans une interview accordée au magazine Causeur, le 10 avril 2019, abondait dans le sens de Madame Théry : l’homosexualité n’est pas une duplication de l’hétérosexualité. « Pourquoi limiter l’altérité au sexe ? » C’est ainsi qu’un couple de parents homosexuels peut offrir une altérité bien plus grande que celle d’un couple hétéro.

Le tempo législatif s’accélère donc. L’annonce de ce congé paternel, anticipant le vote de la loi de la PMA, est donc de travailler les esprits par le verbe et l’image, au prétexte d’habituer l’enfant à la douceur maternelle des bras paternels et de le faire passer de la poitrine féminine au torse mâle. Le lait maternel ne serait-il pas, d’ailleurs, indifférent pour le bébé, a dit Boris Cyrulnik, qu’il soit de la mère ou d’une autre poitrine allaitante, appelée autrefois « nourrice » ? Ainsi se mettent en place « les nouvelles familles » dans leur intimité. Et cela émeut les chaumières. Le procédé est simple : on donne à voir, on légifère ensuite. On connaît la logique d’un discours idéologique appelé fenêtre d’Overton qui fait passer de l’impensable législatif ( la procréation sans union sexuée ) au dicible, à l’acceptable, au sensé, au désirable, au populaire. In fine , c’est le politique qui tranche : nous en sommes là.

Lire aussi : Racisation et racialisme : les rejetons de la French theory

Afin de créer un climat ad hoc, Messieurs Taquet et Cyrulnik ont présenté, il y a peu, le rapport d’une Commission spéciale, consacrée aux « mille premiers jours de l’enfant » où se joue son avenir. La conclusion, dite mezzo voce, est que l’important, pour l’enfant, est de naître dans un climat d’équilibre, de confiance, de bonheur… sans « le stress » que peut avoir une mère, éventuellement mariée à un homme. Rien n’est dit du « stress » causé par l’absence de père. Tout est présenté si aimablement, cette loi traîne tellement en longueur que l’idée de « la filiation pour tous », après le mariage, est entrée dans les moeurs : l’opinion est prête, le fruit est mûr.

Les réactions n’ont pas manqué à cette annonce d’allongement de congé de paternité qui fait ressortir d’autant la condition orpheline d’enfants nés sans père que l’Etat s’apprêt à légaliser. Et alors ? dira-t-on. Mieux vaut un enfant heureux, au sein d’un couple lesbien qu’un enfant né dans un couple hétérosexuel ivrogne. Le législateur mise sur l’indifférence et sur la lassitude. A un moment, le politique impose sa loi. Or, le cocooning de l’image du père, changeant la couche de son enfant, cache une extraordinaire brutalité : donner deux « mères » ( bientôt deux pères) en coupant brutalement un enfant de sa lignée paternelle et maternelle. Quant à soustraire l’enfant à l’influence « exclusive » de la mère, cela veut dire sans doute la dupliquer et faire baigner l’enfant dans un climat amniotique généralisé.

Ceux qui oeuvrent à la PMA ne sont nullement des Samaritains du bonheur des femmes et des enfants, mais de redoutables commerçants

Au risque de nous répéter, il faut redire ici que l’enjeu de l’ouverture de la PMA à tous sans nécessité médicale , ce sont les milliards d’euros que représente le marché de la procréation. Je renvoie ici au livre très documenté d’Olivia Sarton « La PMA, ce qu’on ne vous dit pas » aux éditions Téqui. Vous y apprendrez comment le marché procréatif aux dimensions mondiales » s’étend sur le champ scientifique multidisciplinaire des NBIC : nanotechnlogies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives ». Ce commerce procréatif présente de nombreux dangers dont on ne vous parle jamais, dans les émissions de télévision, pour la vie et la santé des femmes et pour la santé des enfants. Ceux qui oeuvrent à la PMA ne sont nullement des Samaritains du bonheur des femmes et des enfants.

Ce projet sur fond de crise économique et sociale sans précédent est-il possible ou impossible ? La réponse importe peu. L’important est d’avoir imprimé dans les esprits une nouvelle filiation sans père et donc la filiation pour tous. Avec le salon « Désir d’enfant », la ligne rouge, devenue orange, de la GPA a été franchie. Le président, héritier de Madame Taubira, dans le domaine sociétal, accomplit sa « promesse » de révolutionner la famille. Sauf que sur la terre de France, « mère des arts, des armes et des lois », les mots continuent à tisser un guêpier juridique.

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