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Sylvain Durain : « Nous avons été attaqués trois semaines avant même l’ouverture ! »

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Publié le

6 octobre 2020

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Notre collaborateur occasionnel Sylvain Durain a ouvert une librairie à Nancy. Son établissement n’était pas ouvert que les premières menaces ont plut. Trois jours après l’ouverture, une première attaque de la vitrine a eu lieu. Entretien.

Comment s’est passé le lancement de votre librairie, en pleine épidémie de Covid ?

Tout s’est très bien passé. Nous avons ouvert le 3 octobre et tout était plein de 10h à 20h. Il y avait énormément de monde et nous avons fait un très bon chiffre. Nous avons eu beaucoup de soutien et un excellent accueil. Au troisième jour d’ouverture, la librairie ne désemplit pas du matin au soir. Des chineurs, des gens qui viennent pour saluer, des gens qui viennent pour lire…

Y a t-il eu des signes avant-coureurs qu’un incident allait se produire ?

Oui. Tout ceci ne m’a pas surpris, dans la mesure où j’avais déjà été attaqué pour mon livre Ce sang qui nous lie. Je ne suis pas excessivement surpris des faits, mais je suis surpris de la rapidité, dans la mesure où nous avons été attaqués trois semaines avant même l’ouverture. On s’attendait plutôt à ces incidents après quelques semaines. Chose surprenante par contre, le fait que les syndicats CGT, Sud et solidaires nous aient nommément attaqués. Selon nos renseignements, ils instrumentaliseraient des jeunes des mouvements Lgbt et autres antifas. C’est surprenant qu’un syndicat de travailleurs tente de faire fermer un commerce.

Les syndicats CGT, Sud et solidaires nous ont nommément attaqués. Selon nos renseignements, ils instrumentaliseraient des jeunes des mouvements Lgbt et autres antifas. C’est surprenant qu’un syndicat de travailleurs tente de faire fermer un commerce.

Que s’est-il passé exactement ?

Tout a démarré avec un tract qui a été distribué le 17 septembre à une manifestation de la CGT. Ce tract nous injuriait en nous traitant de nazis, de gens d’extrême droite, d’antisémites, bref tout ce que vous pouvez imaginer : un pot-pourri de toutes les pires insultes possibles. De là, une journaliste de L’Est républicain est venu faire son travail de service commandé et a commis un article diffamatoire. Ensuite tout s’est enchaîné. Le responsable de la culture de Nancy, monsieur Masson, lequel refuse de nous répondre depuis un mois, a déclaré dans L’Est républicain que « la mairie sera vigilante à ce que les lignes rouges ne soient pas franchies en ce qui concerne les valeurs de la République », et « les valeurs portées par cette librairie sont visiblement aux antipodes de celles de la majorité municipale et de la plupart des Nancéiens, qui vivent dans une ville ouverte et humaniste ». Là-dessus la vitrine a été taguée et des feuilles d’injures identiques ont été collées.

La police s’est-elle montrée efficace et déterminée ?

Les forces de l’ordre se sont montrées très efficaces et extrêmement professionnelles. Je les remercie ici publiquement. Je remercie également vivement le service de nettoyage de la mairie qui a tout nettoyé en dix minutes gratuitement. Ils ont été très efficaces.

Lire aussi : Rennes : « La police n’intervient que lorsque les violences ont eu lieu »

Envisagez-vous des suites judiciaires, en particulier envers les acteurs institutionnels comme l’adjoint municipal à la culture ou des syndicats qui sont potentiellement dans la diffamation à votre endroit ?

Oui, absolument. Nous avons commencé par poser une main courante, nous sommes passés à la plainte, et la prochaine étape est une plainte personnelle pour diffamation et incitation à la violence. Parce qu’indirectement, quand quelqu’un dit dans L’Est républicain « qu’il faut tout faire que nous nous sentions mal à Nancy », il y a un appel à la violence, et on ne laissera pas ça passer.

Néanmoins je conclus en disant qu’il faut être positif : cette affaire déplorable nous a tout de même assuré une promotion exceptionnelle, et nous avons eu énormément de soutiens. D’ailleurs, notre site lesdeuxcites.fr sera en ligne dans quelques jours.

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