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Marc Billig : « Si l’on ampute l’homme de sa dimension verticale, on en tue une partie »

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Publié le

9 novembre 2020

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Marc Billig est l’organisateur de la manifestation qui a rassemblé hier devant la cathédrale de Nantes plusieurs centaines de laïcs pour réclamer le maintien de la célébration de la messe. Il répond aujourd’hui aux questions de L’Incorrect.

Quelles étaient les revendications qui vous ont poussé à organiser ce rassemblement ?

L’objectif se résume en une phrase : obtenir l’autorisation d’assister à la messe. Nous sommes des laïcs, des croyants de base au sein de l’Église et nous avons besoin de pouvoir assister à la messe. C’est un besoin essentiel. Tout simplement.

Les autorités ont-elles été coopératives pour l’organisation de votre manifestation ?

Oui, tout à faut. Nous avions déclaré en préfecture le rassemblement. La préfecture nous a juste demandé des garanties au sujet des mesures sanitaires. En dehors de ce point précis, il n’y a eu aucun obstacle.

Quelle est l’assistance qui a répondu présent à ce rassemblement ?

C’était très varié. Et c’est quelque chose qui nous a fait réellement plaisir. On avait un peu toutes les facettes du monde catholique qui étaient représentées. Du charismatique au traditionaliste, en passant par le progressiste et la Fraternité saint Pie X (l’organisateur est familier des messes tridentines célébrées par des prêtres de la Fraternité saint Pierre, incardinés dans une paroisse diocésaine, NDLR), ainsi que des paroissiens diocésains au sens strict.

Même si parfois, au sein de l’Église il y a des querelles de chapelle, elles étaient totalement oubliées dans la perspective d’un objectif commun.

Même si parfois, au sein de l’Église il y a des querelles de chapelle, elles étaient totalement oubliées dans la perspective d’un objectif commun. C’était l’unité des catholiques telle que nous la rêvons.

Les autorités ecclésiales ont-elles été partie-prenante de votre initiative ?

Nous voulons que notre mouvement reste un mouvement de laïcs, parce que c’est nous laïcs qui avons ce besoin d’assister à la messe. Il y a des prêtres qui sont entièrement d’accord, et d’autres qui nous recommandent de la prudence, et il y en a quelques uns qui sont hostiles à notre demande. Nous voulons tout simplement prendre notre responsabilité de laïcs pour dire à nos pasteurs ce que nous croyons être bon pour notre vie spirituelle. Le droit canon indique que le fidèle a le devoir de réclamer ce qui est bon pour lui s’il le juge objectivement nécessaire. C’est donc volontairement que nous restons un mouvement de laïcs.

Pensez-vous que l’interdiction de la messe, comme l’interdiction de visiter les personnes âgées et de sortir, finira par plus tuer que le virus ?

Tuer les âmes, très certainement. Pour le reste je ne suis pas médecin. Je ne sais pas juger de la santé physique et mentale des personnes. Ce que je crois fermement, c’est que dans le cadre du confinement, avec ce concept de commerce essentiel, on réduit l’homme au niveau de l’animal. Il n’aurait besoin que de manger, boire, dormir, et le devoir de travailler. Mais la dimension spirituelle de l’Homme est complètement niée. Et cela pas uniquement vis à vis des catholiques, mais de toute spiritualité. Ce nouveau confinement nie que l’homme est un être spirituel. Cela me fait très peur. Si l’on ampute l’homme de sa dimension verticale, on en tue une partie. Est-ce que ça peut aller jusqu’à la mort physique, je n’en sais rien, mais à la mort spirituelle, très certainement.

Lire aussi : L’éditorial de Jacques de Guillebon : Ni Allah, ni César : Dieu

D’autres villes ont pris des initiatives analogues, comme par exemple Versailles. Allez-vous vous coordonner avec les organisateurs pour que la contestation devienne nationale, et organiser d’autres manifestations ?

Effectivement il y a eu des rassemblements publics de catholiques à Versailles et Lyon. Je suis très favorable à une coordination nationale. Nous avons d’ailleurs des appels et des prises de contact qui viennent de toute la France depuis hier pour demander des conseils et faire la même chose dimanche prochain. C’est formidable. Quelque part, ça nous dépasse. Mille fois oui à une coordination, mais que chacun soit libre de ses initiatives. Coordination ne veut pas dire centralisation. Enfin, bien évidemment nous recommençons une manifestation dimanche prochain, même heure et même lieu, si la préfecture nous y autorise.

Votre première manifestation a-t-elle déjà eu un effet auprès des autorités ?

Il y a deux types d’autorités. Nous avons deux objectifs. Le premier, montrer aux autorités politiques que les catholiques ne sont pas d’accord avec les mesures prises. En revanche, notre deuxième objectif est de dire à nos pasteurs, nos évêques, allez-y. Battez-vous, nous vous soutiendrons. Monseigneurs, soyez nos capitaines dans ce combat pour obtenir la messe. Plusieurs ont déjà réagi. Je pense par exemple à monseigneur Rougé, de Nanterre, qui est intervenu sur BFM aujourd’hui. Ils comprennent et expliquent que nous nous sommes bien tenus, et que nos revendications étaient légitimes et raisonnables.

Si nous allons dans la rue nous aurons la messe, si nous n’y allons pas nous sommes sûrs de ne pas l’avoir.

Je crois, profondément, que si notre mouvement prend de l’ampleur, et que dimanche prochain il y a soixante parvis de cathédrales devant lesquels des catholiques sont en train de prier, témoignant de leur attachement à la messe, les évêques et ceux qui sont habilités à aller en justice seront bien plus entendus par l’État que s’il n’y avait personne dans la rue. Si nous allons dans la rue nous aurons la messe, si nous n’y allons pas nous sommes sûrs de ne pas l’avoir.

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