À la fin des années 60, les grands studios japonais se tournent unanimement vers le cinéma d’exploitation pour concurrencer la télévision et notamment vers le « pinku », c’est-à-dire le cinéma érotique. Étrangement, c’est dans ce genre très codifié que s’émancipèrent plusieurs futurs maîtres, à commencer par Seijun Suzuki qui s’en servit pour expérimenter et parfaire sa vision très personnelle du cadre. La Marque du Tueur, chef-d’œuvre qu’on résume un peu trop vite à son influence capitale (Jarmusch, Tarantino) résume à lui seul toute l’ambition technique démesurée du réalisateur, qui parvient à bâtir une sorte de film abstrait monumental et lyrique à partir d’un scénario qui tient littéralement sur deux lignes.
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Tout le reste sera à l’avenant : un argument simpliste contrebalancé par une furie scopique permanente. Chez Suzuki chaque photogramme est un tableau d’avant-garde qui le place encore aujourd’hui au pinacle du cinéma opératique des années 70 – et qu’on pourra mettre sans sourciller au côté de quelques autres « grands architectes » comme De Palma ou Dario Argento. Avec en sus, un humour pince-sans-rire qui fait toujours mouche, à la limite du surréalisme.
Rétrospective Seijun Suzuki en 8 films. À partir du 11 mars 2026.





