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Hubert Germain, dernier Compagnon de la Libération

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Publié le

11 janvier 2021

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C’est la rencontre de deux âmes lumineuses. Tout dernier Compagnon de la Libération, Hubert Germain s’est livré à Marc Leroy dans un livre d’entretien éclairant. Légionnaire, député, ministre : son parcours exceptionnel s’adresse aux ardents de 7 à 77 ans.

Il parle avec son cœur, ses tripes et son recul de combattants et d’homme d’État. Ses paroles sur l’administration, à qui il faut répéter de commencer par obéir avant de penser à contester ce qu’on lui demande, sont à peser à l’aune de Jérôme Salomon et de ses sbires. Germain a connu la gloire. Il raconte comment, âgé d’à peine 23 ans, il est élevé en 1944 à la dignité de Compagnon. Tout juste lieutenant, il entre dans un mess d’officiers. Des colonels se lèvent, font mettre tout le monde debout et le saluent. Quelques mois plus tard De Gaulle passe des troupes en revue. Il est préoccupé. Il avance au pas de charge et passe devant Germain. Ses yeux enregistrent la décoration sur la poitrine du lieutenant. Quelques mètres plus loin, le grand homme s’arrête net. Son esprit vient de percuter. Il fait demi-tour, se plante devant Germain et lui donne l’accolade, à lui seul, devant des centaines de gens.

Les paroles de Germain résonnent d’une lumière qui dépasse le temps et les modes. Comme chez Hélie de Saint-Marc, il y a de la vie à l’état pur dans ses phrases, une vie tamisée de ses scories, une étincelle qui est son propre combustible

Dans ses mots, le Compagnon fait revivre une poignée d’hommes prêts à mourir. Il nous emmène sur les pentes de Monte Cassino où la boucherie a emporté un de ses amis, au souvenir duquel il est fidèle. C’était il y a soixante-dix-sept années. Les paroles de Germain résonnent d’une lumière qui dépasse le temps et les modes. Comme chez Hélie de Saint-Marc, il y a de la vie à l’état pur dans ses phrases, une vie tamisée de ses scories, une étincelle qui est son propre combustible.

Pour recueillir cette lumière, il fallait une autre belle âme. Marc Leroy est diplômé de l’ENSTA Bretagne et de l’ESSEC. Il a travaillé pendant 8 ans au sein du groupe Air Liquide à Casablanca et à Paris, tout en étant bénévole au sein de l’association Enfance Maghreb Avenir. En 2017, il demande à entrer au séminaire pour le diocèse aux armées françaises afin de devenir prêtre-aumônier militaire. Actuellement, Marc Leroy est étudiant en deuxième année de philosophie auprès de la faculté Notre-Dame du séminaire de Paris et aumônier militaire dans la réserve citoyenne. C’est en visitant les pensionnaires des Invalides qu’il a fait la rencontre d’Hubert Germain.

Lire aussi : Hélie Denoix de Saint Marc : le Preux et le Croisé

Marc Leroy a pris la décision de reverser l’ensemble de la somme associée au prix littéraire à l’Œuvre nationale du Bleuet de France et au Foyer d’entraide de la Légion étrangère.

Espérer pour la France d’Hubert Germain, propos recueillis par Marc Leroy
Les Belles Lettres, 96 p., 17 €

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