Skip to content

Communes nouvelles : la foire aux noms idiots

Par

Publié le

13 janvier 2021

Partage

Plus c’est con, plus c’est bon! Les centaines de nouvelles communes fusionnées après la loi de 2016 ont des noms parfois totalement absurdes. Rejetant l’identité locale et le sens, certains conseils municipaux ont privilégié les mots-valises à partir de noms de rivières ou des dénominations ressemblant à des franchises commerciales. Mais certains noms sont cependant plus heureux.
communes nouvelles

Depuis 2016, les communes rurales ont été encouragées à fusionner. Il faut « rationaliser », vous comprenez. Quant aux communes périurbaines où il fait encore bon vivre, entre Bretons, Berrichons ou Provençaux, elles sont avalées unes à unes par les « agglos » qui étalent ainsi toujours plus loin leurs problèmes de délinquance et de « vivre-ensemble ».

Il y avait jusqu’alors 36 000 communes en France. Avec la loi de 2016, 630 ont été fusionnées en 241 « communes nouvelles ». Malgré des incitations financières et une certaine culture du couteau sous la gorge, l’État jacobin n’a pas réussi sa « rationalisation ». De 36 529 exactement, on est passé à 34 839. Visiblement, l’échelon communal compte encore pour les populations, notamment rurales, qui y trouvent une démocratie locale souvent apaisée et adaptée à la situation. La froide rationalité d’un connard de l’ENA est, en effet, à peu près aussi absconse pour l’artisan enraciné du Cantal que la théologie chamelière islamique pour mon oncle René.

Lire aussi : Une journée à la ZAD du Carnet

Mais là où les élus locaux ont été navrants c’est bien souvent sur le choix des noms de ces nouvelles communes. En 1790, la Révolution a donné des noms parfois farfelus aux départements nouvellement créés. Sans parler des débaptisations de communes sur des prétextes anti-religieux (tous les saints devaient disparaître). Depuis 2016, c’est la foire à la saucisse partout en France quand il s’agit de rebaptiser un regroupement de 2, 10 ou 30 communes! Sur le podium du grand concours des monstruosités, on trouve notamment « Rives-sur-Seine » en Normandie (regroupement de Caudebec-en-Caux, Saint-Wandrille-Rançon et Villequier), « Évellys » en Morbihan dont le nom est un mot-valise logomaniaque reprenant les dénominations de deux cours d’eau : l’Ével et l’Illys. Pour info, cette commune regroupe des communes aux noms pourtant hautement bretons: Naizin, Remungol et Moustoir-Remungol.

Mais la mode des mots-valises de rivières a fait des émules avec « Valserhône », « Bairon-et-ses-environs » (!) dans les Ardennes et quantité d’autres. Le département est sûrement un département de poète amateurs car il existe désormais « Chéméry-Chéhéry ». Dans le Calvados, on a désormais le mignon « Belle Vie en Auge » (jeu de mot avec la Vie qui traverse la commune).

Tous ces noms idiots participent de l’acculturation des habitants qui ne savent même plus d’où vient le nom de leur commune

Au firmament des noms bien cons, remarquons aussi « ValMont » en Côte d’Or fusionnant une commune en montagne et une commune en plaine, « Beaussais-sur-Mer » dans les Côtesd’Armor, sachant que Beaussais est le nom d’une baie, « Les Premiers Sapins » dans le Doubs, « Plateauxdes-Petites-Roches » dans l’Isère (on imagine le nom des habitants), « Villages du Lac de Paladru » (le prix de la non-imagination), « Villeneuve en Retz » (parce que c’est une « ville neuve dans le Pays de Retz ») en LoireAtlantique, « Terranjou » dans l’Anjou, « Terre-et-Marais » dans la Manche et le plus inventif « Cherré-Au » en Sarthe, regroupement de Cherré et de Cherreau (!). Notons aussi « Plaineet-Vallées » dans les Deux-Sèvres, « Hypercourt » dans la Somme (fusion de Hyencourt-le-Grand, Pertain et Bersaucourt) sans oublier le magnifique « Capavenir-Vosges » et son nom de centre commercial pourri qui est redevenu « Thaon-les-Vosges » après un référendum organisé en novembre tellement les habitants en avaient honte.

Tous ces noms idiots participent de l’acculturation des habitants qui ne savent même plus d’où vient le nom de leur commune ou même la dénomination de leur hameau quand ils n’ont pas le bonheur de connaître la langue locale. Sans parler des noms de communes faisant référence à des saints qui ont une fâcheuse tendance à se voir déchristianiser dans les trouvailles des conseils municipaux…

Heureusement certains conseils municipaux ont eu la présence d’esprit d’insuffler un peu de patrimoine dans le nom de leur commune nouvelle, tel « Maen-Roche » en Ille-et-Vilaine, commune « picotouze » (parsemée des carrières de granit) s’il en est (Maen: pierre en breton et Roche : pierre en gallo), « Treis-Sants-en-Ouche » (« Trois Saints » en langue normande pour les communes de Saint-Aubin-le-Vertueux, Saint-Clair-d’Acre et Saint-Quentin-des-Isles) dans le pays d’Ouche (Eure) ainsi que « Illtal » dans le Haut-Rhin (« Vallée de l’Ill » en alémanique, la langue locale).

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest