Un mot déjà totalement ringard. Pourquoi en parler encore ? En parler alors qu’il est un sujet de moquerie récurrent – et légitime ? Tout simplement parce que les winners de la mondialisation, les gens inclus qui vivent dans des territoires inclusifs, continuent à utiliser cette horreur en s’imaginant intelligents. Les députés marcheurs, les jeunes entrepreneurs, les créateurs de start-up inutiles et interchangeables ne sont toujours pas lassés.
Du latin disrumpere signifiant « rompre », le terme « disruptif » est défini comme suit par le Larousse : « Se dit de la décharge électrique qui éclate avec étincelle ». Com-com-compliqué diraient les krautrockers de Faust – ou le rappeur Dadju, pour ceux d’entre nos lecteurs aux références plus urbaines et actuelles. Nos pros du numérique créent donc des champs disruptifs avec les étincelles d’intelligence que font leurs cerveaux connectés. Ils dérangent. Ils changent nos habitudes. Ils provoquent des évènements disruptifs.
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Quand Emmanuel Macron propose de rebaptiser 300 ou 500 rues aux noms de « grands personnages noirs et arabes » de notre histoire, ne dites pas qu’il disjoncte mais qu’il disrupte. Pareillement, un étudiant sortant d’une école de commerce et proposant une « méthode innovante pour trouver des emplacements de tricycles d’enfants dans les grandes métropoles » ne sera pas un spéculateur se foutant de la gueule du monde, bien plutôt un jeune créateur de génie ayant trouvé une technologie de rupture entrainant un claquage disruptif d’une concurrence inexistante. Au fond, ce qui est le plus disruptif dans nos mornes existences actuelles, c’est bien la création de pseudo-besoins sociaux, sociétaux, psychologiques, politiques et économiques. De belles étincelles pour un tour de prestidigitation visant à nous dépouiller des quelques euros que le fisc nous laisse.





