Cette semaine, Anne Hidalgo a présenté le plan de relance de Paris. Hier, dans Les Échos, elle appelait l’État à un investissement massif pour relancer l’économie parisienne. Madame le maire veut dépenser 1,4 milliard d’euros en 2021 dans son plan et elle souhaite que l’État mette la même somme. Regardons son budget 2021 de plus près.
Il représente plus de 9,4 milliards d’euros. Paris compte 2,2 millions d’habitants. La dépense est donc de 4 272 € pour chacun d’entre eux. Après tout, le maire du Grand Londres, avec son budget de 22 milliards d’euros pour 8,9 millions d’habitants ne dépense que 2 480 € par tête. C’est 1,7 fois moins qu’Hidalgo. Bien fait pour eux. À Madrid, c’est pire : 750 € par habitant, soit 5,6 fois moins qu’à Paris. Les pauvres. Comme Madrid doit être sale.
Dans ce budget, les recettes courantes s’élèvent à 8,5 milliards. Vous y trouvez les impôts locaux et toutes les participations que la mairie demande aux habitants pour l’utilisation des piscines, des crèches, etc. En face, les élus parisiens affichent des dépenses courantes de 8 milliards. Vous vous dites que 8,5 milliards de recettes contre 8 milliards de dépenses, c’est bien. En théorie oui, mais attendez un peu.
La sécurité, avec 24 millions d’euros, ne représente que 6% du total, et 2% de l’investissement. L’insécurité n’a pas l’air d’être un problème pour tout le monde. On s’en réjouit. Et puis il faut bien trouver 719 millions pour l’environnement. L’agriculture urbaine, voilà une priorité
Dans son hôtel de ville, Anne Hidalgo n’est pas seule. Elle emploie plus de 50 000 personnes. C’est 20% de plus que la Commission Européenne, qui s’occupe de 425 millions d’Européens. Bon, mais les fonctionnaires de Bruxelles ne tondent pas les pelouses. Il doit y en avoir de plus en plus car la masse salariale parisienne a évolué au cours de la dernière décennie. Depuis 2011, le coût des salaires payés par la mairie a crû de 22%. Il représente désormais 2,5 milliards. Dans le même temps, la population parisienne a baissé de 14%. Elle est passée de 2,5 millions à 2,19 et devrait rester à peu près la même jusqu’en 2030. 22% de plus pour servir 14% de moins. Bravo. Cela donne envie d’investir dans un plan de relance parisien.
Les natures des dépenses ne déçoivent pas. La sécurité, avec 24 millions d’euros, ne représente que 6% du total, et 2% de l’investissement. L’insécurité n’a pas l’air d’être un problème pour tout le monde. On s’en réjouit. Et puis il faut bien trouver 719 millions pour l’environnement. L’agriculture urbaine, voilà une priorité. La reine Anne va consacrer près de 10 millions à l’achat de terres agricoles et au financement de fermes d’élevage. Paris possède sans doute le potager le plus cher du monde, avec une subvention de 200 000 €. En cette période d’euphorie économique, le développement économique n’est pas non plus un problème. Il recevra 8,5 millions en 2021, contre 11,5 en 2020. La baisse est supérieure à 25%. C’est dire si la mairie prend le plan de relance au sérieux. Il en va de même pour le rayonnement. Posez votre whisky. Vu de la mairie, le rayonnement s’arrête au financement pour 900 000 € de la Foire du Trône et de la fête à Neu-Neu. C’est écrit tel que.
Le budget tient car les prix de l’immobilier montent toujours. Les droits fiscaux remplissent les caisses. Du coup la mairie dégage une épargne de 382 millions. Rappelez-vous que plus cette épargne est élevée, plus c’est le signe que Paris se vide. La ville perçoit aussi des revenus sur ses investissements des décennies passées. De l’ordre de 552 millions. Total : 934 millions. Oui mais il faut rembourser les emprunts en cours. Et comme Hidalgo veut investir 10 milliards entre 2015 et 2020, il lui faut plus. Alors elle utilise une astuce peu recommandable. Quand elle confie un immeuble à un bailleur social, elle se fait verser en une fois la part de la Mairie sur les décennies de loyers qui seront payés par leurs résidents. Le fusil est à un coup. Et elle emprunte le reste.
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On a beaucoup emprunté sous le règne d’Hidalgo et de son prédécesseur. La dette est passée de 2,48 milliards en 2011 à 6,987 en 2021. C’est 281% d’augmentation, avec une durée de remboursement qui est passée de 12 à 18 ans. Sachant que Paris se vide des classes moyennes qui font des enfants. Mais Hidalgo pense qu’elle peut encore augmenter les impôts. C’est vrai qu’ils sont plus bas en moyenne que dans nombre de grandes villes françaises. C’est comme un drogué qui vous dirait : « J’ai de la marge car je prends moins d’héroïne que mon voisin ».
En résumé, Anne Hidalgo vide sa ville de ses familles. Chaque année, elle dépense en une fois des décennies de revenus et assèche les futurs budgets. Ses dépenses ne créent pas de valeur pérenne. Elle n’investit pas dans ce qui fait venir les familles dont elle a besoin pour cofinancer ses écoles et équipements. Ses charges vont mécaniquement augmenter et ses capacités d’emprunt baisser. Il faudra augmenter les impôts et tailler dans les prestations. En attendant, madame le maire demande à l’État de mettre la main à la poche pour l’aider. Et personne n’imagine une politique destinée à générer du développement structurellement sain.
Anne Hidalgo ferait un excellent président de la République.





