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Enquête : Ce que l’État n’est pas prêt à payer pour notre sécurité

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Publié le

26 février 2021

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La semaine dernière à Pau, le responsable d’un centre d’accueil pour réfugiés a été tué au couteau par un demandeur d’asile soudanais. Pourtant, l’affaire a été vite chassée de l’actualité, et pour cause. La hausse de la criminalité est telle que se crée une forme d’accoutumance, alors que l’État refuse de mettre les moyens nécessaires pour éradiquer l’ensauvagement. Enquête sur ce que couterait notre sécurité réelle.
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Voici un graphique qui vous montre la croissance du taux de criminalité pour 1 000 habitants depuis 1949. Ce taux mesure le nombre de faits de délinquance déclarés aux forces de l’ordre et rapportés à la population. Il est objectif et simple. L’Incorrect l’a reconstitué en croisant les sources de l’Insee, du ministère de l’Intérieur et de rapports parlementaires.

Il vous montre que le nombre de faits de délinquance a été multiplié par plus de cinq en vingt ans, entre 1963 et 1984. Depuis, nous vivons sur un plateau qui représente plus de quatre fois le taux des années 50. Les ministres de l’Intérieur se battent pour des résultats situés entre 52 et 65 pour mille, quand nous devrions être en dessous de 15 pour mille.

Vous en déduisez plusieurs choses. Primo, l’ensauvagement que nous vivons dure depuis une trentaine d’années. Mais il gagne en intensité. Deuzio, il trouve sa source au début des années 60. Un esprit taquin le ferait démarrer en 1962, année du dernier concile. Tertio, les politiques qui n’ont pas pour objectif de nous ramener aux chiffres des années 50 ne sont pas sérieuses. Lutter contre la criminalité n’est pas qu’une affaire de forces de l’ordre, c’est une question qui embrasse la moralité publique. Raison de plus pour cesser d’en avoir plusieurs.

La raison invoquée par la gauche pour justifier d’un quadruplement de la délinquance pendant les années 70 est que « la société a évolué ». Merci. On avait remarqué. Demandez ensuite ce qui a évolué, et vous obtenez le patchwork habituel de la liberté, du progressisme, de l’écologie et autres fadaises. Les penseurs de gauche voient donc un lien indirect entre l’effondrement de la sécurité publique et la diffusion de leurs thèses dans la société. Toujours ça de pris. À présent, mettons que le chef de l’État soit sérieux et qu’il vienne d’apprendre que le taux de criminalité est quatre fois supérieur à la normale. Que pourrait-il faire ?

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Il commencerait par s’enquérir d’un autre taux. Celui du nombre de policiers par habitant. Pour 2019, les données sont faciles à trouver. Il y a 249 000 membres des forces de l’ordre, police et gendarmerie comprises, pour 67 millions d’habitants, soit un pour 269 habitants. Prenons 1940 comme autre référence. L’Incorrect a procédé à des recoupements et estime les forces de l’ordre de l’époque à 179 000 policiers, gendarmes et autres groupes mobiles de réserve, avec un taux de disponibilité de 80%. Pour 40 millions d’habitants, cela conduit à disposer d’un homme pour 279 habitants. Il y aurait aujourd’hui 3% de policiers par habitant en plus qu’en 1940 ?

Que nenni. C’est bien beau d’avoir du monde. Encore faut-il qu’il soit sur le terrain. Une étude de février 2017 de la fondation IFRAP nous apprend que la disponibilité effective des forces de l’ordre d’aujourd’hui, due à l’accroissement des tâches administratives et à des recrutements de personnels de bureau, fait chuter le nombre des représentants de l’Intérieur dans la rue à environ 120 000 hommes, soit un policier ou gendarme pour 558 habitants. Il y a deux fois moins de policiers dans la rue qu’en 1940. Deux fois. Donc, si vous voulez les ratios de criminalité des années 40, il faut commencer par multiplier par deux le nombre des policiers et gendarmes présents dans la rue. Cela revient à en trouver 120 000 de plus. Combien cela coûterait-il ?

Les violences, les vols, les viols, les agressions, et toute la délinquance du quotidien subie par le peuple coûte 40,1 milliards d’euros tous les ans. Mais c’est autant d’argent non consommé, donc 8 milliards de TVA en moins pour l’État.

Mettons que l’on allège d’un tiers la charge administrative de l’Intérieur, cela renverrait dans la rue 43 000 policiers et gendarmes sans coût supplémentaire. Il manquerait encore 77 000 hommes. Avec un salaire moyen de 42 000 euros par an, les nouveaux coûteraient 3,2 milliards de plus. Ajoutons un équipement et des frais ramenés à 25 000 euros par poste, et nous obtiendrions un grand total de 5,2 milliards par an. Le budget du ministère de l’Intérieur était de 13,54 milliards en 2019. L’augmentation serait de 38%, ce qui ne compterait que pour un technocrate. Car un politique saurait, grâce à l’étude de 2010 sur le coût de la délinquance de l’économiste Jacques Bichot, professeur émérite à l’université Lyon III, pour le compte de l’Institut pour la Justice, que les violences, les vols, les viols, les agressions, et toute la délinquance du quotidien subie par le peuple coûte 40,1 milliards d’euros tous les ans à ce même peuple. Mais c’est autant d’argent non consommé, donc 8 milliards de TVA en moins pour l’État.

En dessous d’une rallonge de 5 milliards, la lutte contre l’insécurité n’est pas sérieuse. Et puis, s’il faut trouver cette somme pour l’Intérieur, quelques poches sont encore remplies. Regardons le budget 2019 de l’État. Le poste Immigration, asile et intégration a dépensé 1,8 milliards, l’écologie 12 milliards, l’aide publique au développement 3 milliards et l’audiovisuel public 3,8 milliards.

Pour tuer les vaches sacrées de la gauche, il faudra l’affaiblir. Commençons par lui attribuer la responsabilité des milliers d’homicides et des dizaines de millions d’actes de délinquance qui n’auraient pas dû avoir lieu depuis les années 60. Ils ont coûté plus de 1 300 milliards d’euros depuis 1985.

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