« Ce matin, je pars télétravailler. Un trajet rapide entre la chambre à coucher et le salon » deviendra un jour une phrase banale. Avec l’épidémie et le développement numérique, le télétravail est désormais une norme à laquelle se plient les Français. Nous avons « un fil à la patte ». Nous sommes perpétuellement joignables, à toute heure et où que nous nous trouvions sur cette fichue petite planète bleue. Le réseau internet nous retrouvera partout, même au fin fond de la Sibérie. Chômer est donc impossible puisque le « télétravail existe ».
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Travailler de loin ne veut pas dire moins travailler, ou travailler superficiellement, mais travailler de chez soi, loin du bureau. Le mot a été notamment aperçu dans un ouvrage de Louis Brunel intitulé Des Machines et des Hommes, dans lequel l’auteur affirme que « nous vivons déjà au seuil d’une véritable société de l’information née du somptueux mariage des récentes technologies des communications ». Une époque où certaines tâches sont « télétravaillables », et certains hommes sont télétravaillables à merci comme on était autrefois corvéable.
Le télétravail, s’il présente un aspect séduisant, est aussi une aliénation potentielle pour l’homme qui ne rencontre plus ses semblables, ne se socialise plus. Est-ce le nouveau camp de travail libéral ? Le télétravail rend libre !





