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Yohann Rimokh : l’avocat du diable

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Publié le

23 mars 2021

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Nul n’est prophète en son pays : la France est une terre de littérature, mais fait aussi de mauvais procès aux écrivains. Le tribunal médiatique n’est pas seul en cause : les juridictions pénales sont également saisies par des associations âpres au gain à l’encontre de romanciers jugés « déviants » par la doxa contemporaine.
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Renaud Camus est ainsi devenu bien malgré lui un habitué des prétoires depuis qu’il s’en prend régulièrement au phénomène migratoire sur les réseaux sociaux. Poursuivi pour injures raciales, il vient d’être acquitté par le tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire du tweet « banquise ». Même si le parquet a fait appel, Renaud Camus doit notamment cette victoire judiciaire aux talents indéniables de son avocat, maître Yohann Rimokh, originaire de la région lyonnaise mais installé à Bruxelles, d’où il vient souvent plaider à Paris. Un paradoxe pour cet homme inquiet des dérives de la construction européenne. Mais le Thalys, ce train à grande vitesse qui relie les deux capitales en 1 h 30 a ses avantages. L’exil des Français d’aujourd’hui à Bruxelles ne recouvre plus l’éloignement d’antan et ne prive pas très longtemps d’un retour pays natal mais il crée des solidarités nouvelles et des contacts fructueux qu’apprécie cet avocat.

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On croise souvent Maître Rimokh un ouvrage à la main dans l’une des nombreuses librairies de livres d’occasion de la capitale belge, véritables paradis des chineurs. Si on l’interroge sur ses goûts littéraires, il confesse apprécier particulièrement le commerce des classiques : Gustave Flaubert, « pour ses hurlements contre les bourgeois », le duc de Saint-Simon, Marcel Proust, Fédor Dostoïevski, mais aussi le polémiste Léon Daudet, « l’homme le plus drôle du monde », Lucien Rebatet (pour Les Deux Étendards), ou le visionnaire Michel Houellebecq. 

Comment est-il devenu l’avocat de Renaud Camus ? « En lui écrivant », nous explique-t-il. « Quand il a perdu sa première affaire, je me suis permis de lui envoyer un courrier, apprenant qu’il envisageait de se défendre seul en appel, et de lui adresser quelques observations. Et puis il m’a fait l’honneur de me saisir quelques mois plus tard, d’un tout autre dossier ».

La grande affaire de Maître Rimokh, c’est celle de la liberté d’expression : « La liberté d’expression est certainement menacée pour toutes sortes de raisons, dont les lois liberticides et l’actuelle ambiance de guerre qui donne aux juges l’impression que la moindre de leurs décisions pourrait ériger un quarteron en faction dans tel ou tel territoire perdu de la République. À côté de ces raisons, il y a les associations dites « antiracistes » qui manipulent cette liberté d’expression et sont présentes à chaque audience pour rançonner tel ou tel, demander des milliers d’euros qu’elles présentent comme des « dommages et intérêts » censés réparer un « préjudice » totalement imaginaire ». 

« Voici les divisions de l’armée défaite lors du dernier procès Camus : LICRA, UEJF, SOS Racisme, J’accuse, DILCRAH et Mme le Procureur »

Il précise volontiers son propos : « Il faut bien comprendre : ces associations ne survivent que par des subventions publiques, elles font des procès aux frais de la princesse (Marianne en l’occurrence) elles ne dépensent pas un sou, ne serait-ce que pour payer un huissier puisque c’est le procureur qui assigne et prend tout en charge, à la minute où il se fait sonner par elles. C’est injuste, indigne, indécent et anormal. À la barre, il faut les voir plaider : elles tentent d’intimider les juges en voyant des génocides à tous les coins de phrases, en plaquant leurs folles interprétations sur le plus anodin des tweets. Elles sont le plus gros scandale du droit de la presse en France. Qui est rompu aux procès devant les juridictions correctionnelles le sait ». Le réquisitoire s’achève et la sentence tombe, implacable : « Voici les divisions de l’armée défaite lors du dernier procès Camus : LICRA, UEJF, SOS Racisme, J’accuse, DILCRAH et Mme le Procureur ».

Au fond de la vocation des avocats, il y a toujours le refus de l’injustice et des procès tronqués. Quand on lui demande s’il a d’autres regrets, ce sont de vieux réflexes de duellistes qui ressortent : « “Allez Messieurs !”, c’est la phrase que les juges n’ont plus le droit de dire. Elle est hélas celle que nous avons tous en tête, nous autres porteurs de toge, dans les enceintes de justice ». Dans sa prime jeunesse, l’auteur de ces lignes avait signé un article sur le regretté Jean-Marc Varaut intitulé « L’avocat de la France » à propos de son livre Vive la nation. Il y a fort à parier qu’une prochaine évocation de maître Rimokh pourrait reprendre ce titre.

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