D’un côté, Matteo Salvini, patron de la Lega, est contraint par sa base électorale à soutenir et participer au gouvernement d’union nationale de l’économiste Mario Draghi, ancien président de la Banque centrale européenne. Fragilisés par la crise sanitaire, les petits chefs d’entreprise du Nord de l’Italie qui constituent l’électorat historique de la Lega sont en effet préoccupés avant tout par le devenir économique du poumon industriel du pays. Depuis son entrée au gouvernement, la Lega est créditée de 22 à 24 % des voix, bien loin de ses sommets historiques des dernières années.
Giorgia Meloni, présidente de Fratelli d’Italia et des Conservateurs et réformistes européens (où l’on retrouve notamment le PiS au pouvoir en Pologne et les Espagnols de Vox), ne cesse pour sa part de faire progresser le parti qu’elle a fondé en décembre 2012. Héritier des traditions néo-fascistes du MSI, il est donné ces derniers jours à 17 ou 18 % dans les enquêtes d’opinion, ce qui en fait la potentielle deuxième force politique de la péninsule derrière la Lega, bien qu’elle soit talonnée par le Parti Démocrate (centre-gauche) et les populistes du Mouvement cinq étoiles. L’astucieuse Giorgia Meloni se tient soigneusement à l’écart du gouvernement Draghi face auquel elle souhaite incarner une « opposition patriotique ». Son intransigeance lui a valu le ralliement d’un député européen de la Lega, Vincenzo Sofo, qui n’est autre à la ville que le compagnon de Marion Maréchal.
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Les prochaines élections générales italiennes doivent normalement se dérouler en mai 2023 pour assurer le renouvellement de la chambre des députés et du Sénat. Si les alliances naturelles entre la Lega, Fratelli d’Italia et Forza Italia, parti de Silvio Berlusconi, se prolongent, la coalition de centre-droit se situerait actuellement dans une fourchette allant de 47 à 52 % des voix selon les différents instituts de sondage. Un score qui lui assurerait à coup sûr de diriger le pays avec une majorité confortable.
La principale question pour les deux principales formations de la droite italienne sera l’avenir de leurs groupes respectifs, ECR et ID, au sein du Parlement européen alors qu’un rapprochement avec Viktor Orbán est enfin rendu possible par son départ du PPE. Souhaitée par le Rassemblement national comme par Matteo Salvini, la construction d’un groupe unique des droites populistes européennes serait une petite révolution à Bruxelles, où la traditionnelle cogestion fédéraliste des institutions par les socialistes, les libéraux et les démocrates-chrétiens devrait désormais compter avec le poids croissant des partisans des nations. Avec les Hongrois, ce sont bien les Italiens qui détiennent la clef de ce possible bouleversement des équilibres en présence.





