Le petit Ghana a les dents longues. L’héritier de l’Empire qui domina l’Afrique de l’ouest du IIIe au XIe siècle, patrie du leader indépendantiste Kwame N’Krumah et ancienne colonie britannique, affichait en 2019 une insolente croissance de 7,1 %. Si le pays tire parti de riches ressources naturelles (or, pétrole, minerais, pêche…), ses dirigeants favorisent aussi la diversification de l’économie et les secteurs de l’industrie et des services y sont notablement plus développés que chez ses voisins.
Ces efforts de développement et de modernisation jouissent aujourd’hui d’un soutien chinois de plus en plus marqué. En juillet 2018, le président Nana Akufo-Addo rendait ainsi publiques les négociations avec la République Populaire portant sur une ligne de crédit de deux milliards pour moderniser les infrastructures routières du pays, alors même que le président avait annoncé à plusieurs reprises souhaiter s’éloigner du Fonds monétaire international (FMI) et changer le modèle de développement du pays.
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L’année suivante, le gouvernement annonçait avoir signé deux contrats distincts, d’un montant de 500 millions de dollars chacun, avec la Chine, pour le financement de projets ferroviaires. Avec le Ghana, l’une des économies les plus dynamiques du golfe de Guinée, la Chine a renforcé son implantation économique en Afrique de l’ouest. Mais c’est à terme la majeure partie du continent qui est vouée à passer sous influence chinoise.
Pékin est déjà le premier partenaire commercial du continent et la dette africaine envers la Chine s’élève à environ 145 milliards de dollars en 2020, selon Ken Ofori-Ata, ministre des Finances du Ghana. Le Center for Global Development estime même que le continent aurait besoin de 100 milliards supplémentaires pour faire face à l ’épidémie devCovid-19. La Chinafrique n’en est qu’à ses débuts.





