Skip to content

Le Hamas amasse

Par

Publié le

9 juin 2021

Partage

Les récents tirs de roquettes du Hamas à Gaza ont permis aux Palestiniens de recevoir une aide financière iranienne importante. Apparemment favorable sur le plan économique, le bilan est néanmoins contrebalancé par la réponse israélienne.
Le Hamas amasse

Au moment où sont écrites ces lignes, Israël a reçu la semaine dernière 2 000 roquettes tirées par le Hamas. D’après les médias israéliens, il resterait 28 000 engins à l’organisation palestinienne. Un communiqué de sa branche armée, les brigades Izz al-Din al-Qassam, nous a appris l’usage de missiles A-120, SH85, Q20, M75, J80 et J90, ainsi que des roquettes iraniennes Sejil d’une portée de 120 km. Les Sejil exceptées, toutes les autres sont fabriquées localement par le Hamas. Elles coûtent de 500 à 3 000 dollars chacune, à comparer au coût unitaire des missiles du « dôme de fer » qui a protégé Tel-Aviv toute la semaine, plus proche de 50 000 à 80 000 dollars pièce. L’un dans l’autre, l’opération du Hamas lui a coûté dans les trois millions de dollars de matériel. Quel intérêt? La chaîne israélienne Channel 12 a apporté le 10 mai un début de réponse. L’Iran financerait le Hamas à hauteur d’environ 70 millions de dollars par an. Mais, pour le mois de mai, Téhéran aurait consenti une rallonge de 30 millions à une condition: que le Hamas aide l’Iran à collecter des informations sur les capacités anti-missiles israéliennes et ses emplacements. De ce point de vue, c’est réussi. Le « dôme de fer » a fonctionné en mondovision. 3 millions de dépenses pour 30 millions de revenu : en première analyse, le Hamas a réalisé une marge de 90 % sur le chèque iranien. Dans les faits, cette marge est moindre.

Lire aussi : Israël : « Il est impossible d’affirmer que l’escalade ne va pas se poursuivre »

En premier lieu, Israël a répliqué sérieusement et des tunnels ont été détruits. Il va falloir recommencer à les creuser. En 2014, Israël estimait que les Palestiniens avaient construit 1 300 tunnels pour 1,25 milliard de dollars. Le coût d’un tunnel ressortait donc à environ 961 000 dollars. Mettons que Jérusalem en ait touché 10, c’est 10 millions de plus qu’il faut soustraire du chèque iranien.

Par ailleurs Israël explique avoir tué plusieurs dizaines de terroristes. Cela aussi a un coût. En 2015, le Hamas a ouvert des camps d’entraînement dans l’objectif de former jusqu’à 25 000 Palestiniens âgés de 15 à 60 ans. Nous ne connaissons pas la moyenne d’âge des hommes du Hamas qui viennent d’être tués, mais celle de Gaza est de 18 ans. Mettons que celle des soldats soit de 20 ans, s’ils sont entrés dans les brigades à 15 ans, c’est cinq années de formation militaire qui passent à la trappe. Pour mémoire, le salaire moyen à Gaza est de 660 shekels par mois, dans les 170 euros. Plusieurs articles de la presse locale rappellent que le Hamas rémunère « une fortune » les travailleurs de ses tunnels, l’équivalent de 400 et même 500 dollars par mois. Nous estimerons ici que les hommes du Hamas sont payés entre les deux, autour de 300 dollars par mois. Mettons que vingt hommes de vingt ans aient été tués, le Hamas a perdu un stock d’hommes formés d’une valeur de 360 000 dollars.

3 millions de dépenses pour 30 millions de revenu : en première analyse, le Hamas a réalisé une marge de 90 % sur le chèque iranien

Il faut aussi penser aux familles des tués. Le fonds des martyrs de l’autorité palestinienne rémunère les familles des Palestiniens blessés ou abattus par les Israéliens. Les morts rapportent 350 dollars mensuels, plus 100 dollars s’ils étaient mariés, plus 50 dollars pour chacun de leur enfant. Par exemple un père de famille de deux enfants rapporte 550 dollars par mois à sa veuve. En 2016, d’après l’Autorité palestinienne, le fonds indemnisait déjà 35 000 familles pour un budget annuel de 170 millions de dollars. Avec de tels chiffres, la moyenne par famille s’établissait à 404 dollars par mois. Les vingt nouveaux tués de la semaine dernière vont faire croître les dépenses du fonds d’environ 97 000 dollars par an.

Enfin, pour qu’un fonds dépense 170 millions de dollars par an, il doit être dix à douze fois plus gros, autour de 2 milliards de dollars. Le budget de l’Autorité palestinienne est de 1,5 milliard par an. Une part notable provient de l’aide étrangère (Norvège, États-Unis, UE, etc.) et des transferts fiscaux d’Israël. Mais l’État hébreu a obtenu que l’argent étranger n’aille plus dans ce fonds. En bon gestionnaire, il faudra que le Hamas approvisionne le fonds d’une somme dix à douze fois supérieure aux 97 000 dollars qu’il devra désormais ajouter à ses dépenses, soit 1 165 millions de dollars.

Finalement, les opérations en cours ont coûté au Hamas, hors infrastructures à reconstruire, environ 14 525 millions de dollars. La marge sur les 30 millions de l’Iran est de 52 %.

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest