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Israël : « Il est impossible d’affirmer que l’escalade ne va pas se poursuivre »

Entretien avec notre correspondant à Jérusalem, Baruch Sadoun.

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© Capture d'écran YouTube

On dirait qu’Israël et les territoires palestiniens font une rechute ?

En effet, on a l’impression qu’il n’y a pas d’adultes aux commandes. Alors que nous sortons d’une période, durant le virus, où tout le monde se comportait de manière responsable, et que nous en étions fiers, dès qu’on entre dans une situation de conflit comme celle-là, tout le monde fait un pas en arrière. En réalité, ça fait un mois que la tension monte : ç’a commencé avec un défi Tiktok, où des Arabes devaient gifler des juifs dans la rue. En réponse, un groupuscule suprématiste, Lehava, est allé traquer des Arabes, demandant par exemple à des chauffeurs de bus de justifier s’ils étaient juifs ou arabes. Il faut ajouter que c’est la période de ramadan qui est systématiquement un moment tendu : des musulmans se font chauffer à blanc dans leurs mosquées par des prédicateurs vindicatifs et la tension monte. Ajoutez à cela que la police israélienne est très mauvaise dans la répression des émeutes et qu’au lieu de circonscrire des événements isolés, par sa maladresse elle leur donne une dimension nationale et même internationale.

Benjamin Netanyahou en profite-t-il politiquement ?

Pour les élections, il a magouillé en forçant deux petits partis extrémistes à s’entendre et à fusionner pour atteindre un seuil d’éligibilité à la Knesset que seuls ils n’auraient pas atteint. Mais l’étincelle principale reste le problème de Cheikh Jarrah, quartier de la bourgeoisie arabe, d’une intelligentsia tout à fait admirable, né d’un imbroglio juridique fort ancien, puisque ses habitants sont arrivés pendant la guerre de 1948, quand les Anglais et les juifs les ont délogés de Jérusalem ouest. Sans statut précis, ces personnes ont hérité d’un bail locatif concédé par la Jordanie en 1956, qui leur a promis qu’à terme ils seraient de leurs logements. Mais cette échéance n’est jamais arrivée à terme puisque la guerre de 67 est passée par là et qu’Israël a récupéré Jérusalem est.

Israël a riposté et détruit des cibles militaires du côté de la bande de Gaza, où l’on affirme que des enfants ont été tués, ce qui est toujours impossible à vérifier

La loi fait que ces habitants ne peuvent retrouver leurs anciens biens à l’ouest, et leur statut est flou : ils disposent d’une « carte bleue » qui n’accorde cependant pas la citoyenneté. C’est sur ce terreau-là que des mouvements pro-colons, qui tentent de re-judaïser ces quartiers, essaient de les exproprier. On peut y trouver des raisons pécuniaires cachées aussi, sans être complotiste : peut-être certains ont-ils intérêt à racheter ces maisons dont l’emplacement au coeur de Jérusalem est fort prisé, pour construire des immeubles à la place.

Que se passe-t-il du côté palestinien ?

Il devait y avoir des élections, qui ont été repoussées par Mahmoud Abbas pour un motif fumeux, et le Hamas cherche à profiter de la situation pour le torpiller. C’est visible dans les manifestations le soir après la prière sur l’Esplanade des Mosquées : habituellement il y a une foule un peu excitée, mais là on entend des slogans qui montrent qu’elle est à l’évidence noyautée par des activistes qui veulent en découdre. De même hier soir, des roquettes ont été tirées sur le sud du pays et sur Jérusalem. Une partie a été interceptée par le Dôme de fer, mais dans le sud des roquettes sont quand même tombées, et les Israéliens ne supportent évidemment pas ça, qui leur donne l’impression d’être en guerre. Israël a riposté et détruit des cibles militaires du côté de la bande de Gaza, où l’on affirme que des enfants ont été tués, ce qui est toujours impossible à vérifier[...]

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