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Autonomistes de droite : volontaires pour la Bretagne

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Publié le

14 juin 2021

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Bonne nouvelle : l’autonomisme breton de droite existe ! Depuis la mort du MRB (mouvement issu du mégretisme) vers 2003 et la mise en sommeil des indépendantistes d’Adsav, la mainmise de la gauche sur le mouvement breton est totale. Les élections régionales voient cependant émerger une nouvelle liste, La Bretagne en héritage, composée en partie de dissidents RN, DLF et LR favorables à l’autonomie et à la réunification de la Bretagne. Rencontre avec sa tête de liste en Ille-et-Vilaine, le Malouin Fabien Pedezert.
bretagne

Bretagne en héritage a-t-elle une vision de la Bretagne différente de celle du RN ? 

Profondément différente. Le RN est un parti dont l’unique obsession se résume à la conquête de l’Élysée. À Bretagne en héritage, nous sommes patriotes, dans le sens où nous aimons notre commune, notre région et notre nation, la France, mais nous sommes également favorables à une autonomie de gestion pour la Bretagne. Une autonomie de type catalan ou basque, avec le droit de lever l’impôt abondant un budget régional. Nous réclamons également la réunification de la Bretagne, c’est-à-dire la réintégration de la Loire-Atlantique dans la région.

Se présenter à une élection régionale en ne parlant que d’immigration, c’est se moquer du monde

Au sein du RN breton, il est impossible de parler de cela. Marine Le Pen et son avatar local, Gilles Pennelle, ont tout verrouillé et interdisent de défendre une vision territoriale de la politique. À Bretagne en héritage, nous sommes identitaires, souverainistes et autonomistes. Pour nous, il ne s’agit pas d’opposer la Bretagne à la France, mais de pouvoir être, et pleinement français, et pleinement breton.

Le chef du RN en Bretagne, Gilles Pennelle, n’a, quant à lui, tendance à ne parler que d’immigration

Se présenter à une élection régionale en ne parlant que d’immigration, c’est se moquer du monde : ce n’est pas un domaine qui est du ressort du conseil régional ! La seule chose sur laquelle nous pouvons agir est tout ce qui a trait aux aides sociales à l’immigration et elles sont majoritairement du ressort du département. Comme Gilles Pennelle cumule les fonctions, il finit par s’y perdre. Surtout, le RN breton refuse de prendre en considération les identités et les spécificités régionales. C’est un parti purement jacobin, dont l’idéologie est imposée par Paris et appliquée au local.

Êtes-vous favorable à une assemblée unique de Bretagne ?

Nous sommes pour une assemblée unique de Bretagne regroupant l’ensemble des conseillers régionaux et départementaux. Cette assemblée, véritable parlement de Bretagne, demandera le droit à l’expérimentation sur toute la durée du mandat et aura le droit de convoquer des référendums.

Lire aussi : Emmanuelle Ménard : « Les langues régionales vont mourir si on ne permet pas l’apprentissage par immersion »

Que réclamez-vous pour les langues de Bretagne (breton et gallo), grand thème actuel avec l’adoption de la loi Molac ? 

Nous souhaitons que les langues de Bretagne retrouvent leur place, tout simplement. Pour cela, nous proposons qu’il soit possible d’apprendre les deux langues dans toutes les écoles des cinq départements bretons, qu’elles soient catholiques ou publiques. Il faut que les familles aient ce choix. D’autre part, moi qui suis passionné d’archéologie, je pense que l’apprentissage des langues de Bretagne doit s’appuyer sur une meilleure connaissance de l’histoire de la région, qui deviendra ainsi contemporaine et vivante.

Souhaitez-vous continuer l’aventure après ces élections ? 

Bien sûr. Nous avons formé les Volontaires pour la Bretagne, dans la dynamique des Volontaires pour la France du général Martinez. Nous regroupons des gens de toute obédience souhaitant travailler pour le bien commun et pour la Bretagne. Il y a d’anciens RN, LR et Debout La France, mais aussi des gens passés par le PS ou le PCF ou même des syndicalistes. Moi-même, j’ai été au RN, mais j’ai auparavant été à la CFDT puis secrétaire général de la CGPME de l’Ille-et-Vilaine. Ce qui nous lie est le souverainisme et une certaine vision de la Bretagne. Donc oui, cette élection n’est qu’un début !

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