Les Français vont s’agenouiller ce soir. Que cela vous inspire-t-il ?
Un sentiment de honte. La semaine dernière, de nombreux observateurs soulignaient que lorsque le président de la République était giflé, c’est tout le pays qui l’était avec lui. Je crois que l’analogie s’applique aux gestes et attitudes de l’Équipe de France de football, qui a valeur de représentation nationale. Ce soir, ce sont donc 65 millions de Français qui vont courber l’échine et s’agenouiller à Munich, devant les caméras du monde entier. La symbolique est terrible.
En réponse, la droitosphère est à l’origine du hashtag #BoycottEquipeDeFrance sur Twitter. N’est-ce pas cependant une solution un peu démesurée, qui plus est pour un camp qui se revendique du patriotisme ?
La dernière cérémonie des César a scandalisé les Français, quel que soit leur penchant politique. Le milieu du cinéma, et plus généralement tout l’univers de la culture, tombé dans les mains de la gauche au moment du grand basculement en mai 81, a multiplié les provocations jusqu’à ce que le pays réel finisse par lui tourner définitivement le dos. L’acte politique de ce soir doit provoquer la même réaction. Si onze joueurs s’approprient le droit de nous imposer cette mise en scène obscène et insultante, il est de notre devoir de nous en désolidariser. L’heure est venue de siffler la fin de la récré.
Le football, l’un des derniers facteurs de cohésion sociale et nationale, est un terrain idéal pour déployer des opérations de propagande
Beaucoup ont fait le rapprochement avec le retour de Benzema et le choix de Youssoupha pour l’hymne en l’honneur des Bleus. L’équipe de France est-elle passée à l’heure des minorités ?
Le football, l’un des derniers facteurs de cohésion sociale et nationale, est un terrain idéal pour déployer des opérations de propagande. À un an de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron qui se sait en difficulté va tout faire pour donner le change et surfer sur « la France métissée et multiculturelle qui gagne ». La formule « Black Blanc Beur » qui a agressé nos oreilles en 1998 va bien évidemment être remise au goût du jour, en cas de victoire finale des Bleus.
Sur le plan sportif, la France entame son Euro ce soir face à l’Allemagne. À quel type de match faut-il s’attendre ?
C’est une finale avant l’heure, entre les deux meilleures équipes de la compétition. Le match sera donc cadenassé, très tactique, à l’image de la finale de la Ligue des Champions qui avait opposé le PSG au Bayern en septembre dernier.
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Quelles sont nos chances d’emporter la compétition ?
Pour moi c’est tout ou rien. La France sera championne d’Europe… ou ne passera pas les poules. Nous présentons, sur le papier, l’équipe la plus brillante au monde. Mais comme chacun sait, l’histoire du sport français est parsemée d’exploits renversants lorsque nos athlètes se présentent dans la peau de l’outsider, et dans le même temps de catastrophes retentissantes lorsqu’ils arrivent un peu trop sûrs de leurs forces.
Plus largement, comment jugez-vous ce début d’Euro 2020 ?
Je n’ai vu que très peu de matchs. À titre personnel, je me suis focalisé sur les joueurs pour lesquels des clubs européens m’ont mandaté. Plus globalement, j’ai l’impression que de nombreuses surprises sont à attendre du côté des nations d’Europe de l’Est, qui arrivent sur la pointe des pieds, avec des effectifs de très grande qualité.





