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Mila, la liberté contre l’islamisme

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Publié le

5 juillet 2021

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Dans « Je suis le prix de votre liberté », Mila raconte son histoire avec une grande dignité : attaquée en ligne par des musulmans radicaux, puis menacée dans la vraie vie, elle doit vivre cachée et sous protection policière. Cri contre l’injustice, son livre est un temps de récit pris pour exister, malgré tout. Et pour porter un message d’espoir.
Mila

La tristement célèbre « affaire Mila » peut se résumer en quelques lignes : une adolescente très active sur les réseaux sociaux est prise à partie par des musulmans haineux en ligne. Courageusement, elle ne se laisse pas faire et leur répond par une vidéo – provoquante mais qui répondait à des menaces de viol : « Votre religion, c’est de la merde, votre Dieu, je lui mets un doigt dans le trou du cul. Merci, au revoir ». Déchainement de violence, menaces de viols et de mort par milliers, plaintes multiples : Mila se retrouve malgré elle au cœur d’un Maelström qui bouleverse sa vie. Elle vit depuis en demi-teinte, sous protection policière, obligée de se déguiser pour ne pas être reconnue. Insupportable histoire où la victime voit sa vie s’effondrer, alors que la meute peut continuer à hurler en toute impunité. Insupportable histoire qui révèle la lâcheté d’une grande partie de la population, déjà prise à la gorge par la peur soigneusement installée par les coupeurs de langues et de têtes, cette peur si bien décrite par Alexandre Del Valle.

La réalité de la menace islamiste

Le livre se dévore en quelques minutes. Il glace le sang et laisse pantois. Il est aussi porteur d’espoir, car l’effort de Mila et de sa famille, soutenus par le remarquable Richard Malka, pour tenter de retrouver une vie, est d’une grande dignité. Dans ce témoignage très personnel où elle se permet d’aborder d’autres sujets, Mila fait preuve d’une grande lucidité sur l’époque, marquée par le conformisme, la peur et le rejet du réel.

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Quel est ce réel d’une violence inouïe que le prêchi-prêcha politiquement correct ne souhaite plus aborder, et qu’il masque en ne traitant l’affaire que sous l’angle du cyberharcèlement et de la haine en ligne ? Il est qualitatif et quantitatif. Qualitatif : nous sommes en guerre. Pas parce que nous aimons la guerre, mais parce que nous sommes attaqués. L’islam radical, politique, est une idéologie guerrière et totalitaire. Nous l’avons laissé se développer sur notre sol, et gangrener les esprits et les quartiers. Faire comme si nous ne sommes pas en guerre, c’est le premier renoncement. Ensuite, le quantitatif : ils sont légion, parmi les jeunes musulmans français, ceux qui trouvent normal d’être homophobe ou antisémite, et de menacer ceux qui osent critiquer leur religion. Contrairement à ce que veulent bien nous servir une partie des médias en guise de berceuse, l’ampleur de la vague de haine démontre qu’ils ne sont pas une petite minorité. En creux, elle permet aussi de voir, parmi ses amis de l’époque, que peu de personnes étaient prêtes à la soutenir contre ce déchaînement, ce qui a renforcé sa souffrance et sa peine. Attaquée d’un côté par des imbéciles haineux, et lâchée de l’autre par des couards conformistes.

Soutenons tous Mila

Ce livre est séduisant et dérangeant. Simple et mature, Mila mérite tout notre soutien, sans l’ombre d’une réserve. Les « oui, mais… » ne sont pas de mise. La réaction de Mila, et la suite de son parcours, et ce livre, sont un cri contre l’injustice : c’est l’esprit de justice, et non la colère, qui l’anime. Laissons-lui le mot de la fin.

« Ils ne cesseront de me harceler que quand je serai morte. Je pense même qu’ils s’en prendront à tout ce qui peut me ressembler lorsque je ne serai plus là, parce qu’ils chercheront toujours un os à ronger »

Mila

« Vous parler de cette manière m’a follement soulagée. J’ai l’impression que vous arrivez à me comprendre sans même me regarder dans les yeux en ce moment même. Ressentez-moi, et souriez-moi. Je ne veux voir personne pleurer à cause de ce qu’on m’a fait. J’ai simplement besoin qu’on me fasse honneur de cette manière, parce que le sourire est la meilleure réponse à l’obscurantisme. Ils ne cesseront de me harceler que quand je serai morte. Je pense même qu’ils s’en prendront à tout ce qui peut me ressembler lorsque je ne serai plus là, parce qu’ils chercheront toujours un os à ronger.

Moi, je suis condamnée à payer le prix de ma liberté. Si une si grande partie de ce peuple a été lâche et qu’il n’a pas pu me sauver, alors qu’il se ressaisisse un jour et qu’il trouve la force de s’élever pour se battre. Je veux donner toute mon énergie, toute la magie qu’il y a encore en moi pour qu’il n’y ait plus jamais une autre Mila. J’ai maintenant 18 ans, et je prends aujourd’hui mon indépendance, sans savoir de quoi sera fait demain. Je veux juste un avenir. Toutes mes amitiés à celles et ceux qui sont avec moi jusqu’ici. Nous sommes merveilleux ».

Je suis le prix de votre liberté de Mila
Grasset, 144 p., 16 €

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