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Kælan Mikla, les filles du froid

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Publié le

27 août 2021

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Formé en 2013 par trois étudiantes en art plastique, Kælan Mikla a connu une ascension fulgurante, passant en quelques années d’un groupe de post-punk confidentiel à la nouvelle sensation cold wave islandaise. Robert Smith ne s’est pas trompé en les invitant à son dernier concert. Malgré leur succès, les trois gamines de Reykjavik ont su garder la tête froide et le son glacial. Rencontre.
Kælan Mikla

Pouvez-vous nous parler de la formation de votre groupe et du choix du nom Kælan Mikla ?

Tout a commencé par un simple concours de poésie organisé par une bibliothèque de Reykjavík en 2013, auquel nous avons participé avec une performance de spoken word. Nous avons continué naturellement à faire de la musique ensemble. Kælan Mikla, c’est un personnage du dessin animé finlandais Les Moomins. Elle est la Dame du froid, qui apporte l’hiver dans la vallée des Moomins… C’est une sorte de femme fatale au look enfantin et nous avons grandi avec ce personnage.

Vous êtes très jeunes et vos influences sont plutôt celles d’une époque que vous n’avez pas connue, notamment une cold wave très marquée par les années 80.

Nous avons toutes des goûts très différents en matière de musique, mais nous recherchons effectivement les atmosphères froides et sombres. Nous n’avons jamais décidé d’un genre à jouer, c’est plutôt le genre qui nous a trouvées. Lorsque nous nous réunissons, nous essayons de faire ce que nous avons envie de faire, de continuer à bâtir cet étrange univers musical et esthétique qui s’est imposé à nous. Nous avons commencé Kælan Mikla très jeunes et nous avons grandi avec le projet, notre musique est une sorte de témoignage de notre évolution parfois troublée. Tous nos albums sont très différents mais ils dépeignent nos émotions principales, qui sont la tristesse et la colère, sans oublier de louer la nature qui nous entoure.

L’Islande est très isolée, elle est audacieuse, elle est vaste, et ces trois facteurs peuvent conduire à une sorte de radicalité artistique, bien sûr, qui se reflète probablement dans nos créations

Vous avez tourné avec le groupe français Alcest, bien connu pour son mélange de shoegaze et de black metal. Comment les avez-vous rencontrés ?

Le groupe avait entendu parler de nous et s’était intéressé à notre musique. Ils nous ont simplement contactées pour nous demander si nous voulions nous produire avec eux en tournée. La tournée elle-même a été un véritable succès et nous sommes très heureux de l’avoir vécue. Alcest, Birds in Row et nous étions un bon combo parce que nous ne jouons pas du tout le même genre de musique, mais que tous les trois étions tout de même attachés à décrire le même genre de monde à la fois sombre et beau. Ici, en Islande, la scène est petite mais toutes les musiques sont bien représentées, donc nous sommes habituées à partager une scène avec deux groupes de black metal avant un DJ set Italo Disco !

Existe-t-il selon vous une « touche islandaise », et comment la définiriez-vous ?

On nous a posé une question similaire l’année dernière et nous y avons beaucoup réfléchi sans avoir de réponse définitive. Ce que nous savons, c’est que l’Islande est très isolée, qu’elle est audacieuse, qu’elle est vaste, et que ces trois facteurs peuvent conduire à une sorte de radicalité artistique, bien sûr, qui se reflète probablement dans nos créations…

Vous êtes passés en quatre albums d’un son très organique, punk, à une musique beaucoup plus glacée et éthérée. Était-ce une évolution consciente, un besoin de sortir des clichés du rock ?

Nous ne décidons jamais au préalable de ce que nous allons créer. Nous traduisons très simplement ce que nous ressentons et expérimentons ; comme une sorte d’écriture automatique. Notre prochain album est différent des trois autres, nous aimons explorer et aller à fond dans tout ce qui nous inspire, mais l’esprit de la Dame du Froid sera toujours présent, bien que métamorphosé.

Lire aussi : Scène rock islandaise, le rock de la terre noire

Vous avez joué en live sans public durant la crise sanitaire.

Cela a été une période assez difficile, mais heureusement, nous sommes toutes restées saines et sauves et nous en avons profité pour créer notre nouvel album ‘ Ces temps vont probablement affecter l’industrie de la musique pendant des années, mais peut-être y aura-t-il des changements positifs, et je ne peux voir l’avenir du groupe autrement que brillant. La musique s’adapte toujours à son époque, y compris aux plus troublées.

Vous attachez une grande importance au visuel. À quels artistes faites-vous référence ?

Nous travaillons très dur pour traduire visuellement le monde que nous avons créé autour de Kælan Mikla. La part visuelle est aussi importante que la musique. À vrai dire, nous vivons en vase-clos et nos inspirations ne sont pas tant des artistes que le froid, l’obscurité, la nature islandaise et les traditions populaires. Propos recueillis par Marc Obregon

Björk, la diva des années 90

24 août 2001 : Björk fait son entrée, pieds nus, dans la Sainte-Chapelle. La diva islandaise est à Paris pour promouvoir, de façon intimiste, son album Vespertine. Dans le lieu saint résonnent les synthétiseurs et les harpes. Un moment en dehors du temps, qui, réellement, suspend son vol. Vêtue de plumes, au milieu des vitraux, entourée de son chœur inuit, elle distille un son chargé de sacré. Björk est alors l’incarnation du renouveau de la musique islandaise : une résurgence glaciale, envoûtée, poétique. Album après album, l’artiste insaisissable aura élaboré le son d’une génération entre outrance électronique et voix cristalline. Après un premier album remarqué, la chanteuse connut la gloire avec Post, produit par Tricky, dans lequel elle fit ses essais trip-hop. S’ensuivront des perles égrenées au rythme d’un album tous les quatre ans. Le dernier, Utopia, datant de 2017, nous permet d’espérer un retour imminent. Alain Blanville

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