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Présidentielle : l’amère Hidalgo

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Publié le

28 octobre 2021

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Anne Hidalgo a beau y faire, tous les sondages la placent à 2 % des intentions de vote au premier tour de la présidentielle. Un score misérable qui ne surprend pas au vu de son bilan parisien, et plus encore de sa pulsion internationaliste : la France n’est décidément pas son terrain de jeu.
Hidalgo

Inutile de compulser les derniers sondages, ou de solliciter les plus brillants commentateurs politiques, pour interpréter le retard à l’allumage de la campagne d’Anne Hidalgo. Il suffit simplement d’enfourcher un scooter direction la rue de Rivoli, dans le premier arrondissement de Paris, pour prendre la mesure du peu de chances de percer de l’ancienne inspectrice du travail. Avec ses injonctions contradictoires, son pêle-mêle de marquages anciens et nouveaux, et ses protubérances jaunes fluo au signifiant incompréhensible, cette artère historique, à présent partiellement piétonnière et cycliste, illustre à elle seule la confusion du projet de la maire de Paris.

Plongé dans une ville qui s’apparente désormais davantage à une œuvre contemporaine permanente sur le thème du « questionnement de nos rapports à l’urbain », comment l’électeur parisien peut-il prêter un seul instant à Anne Hidalgo une quelconque capacité à exercer la plus haute fonction de l’État ? Incapable de gérer sa ville, comment gérer la France ? La question est simple, mais c’est bien la question.

Lire aussi : Avec Anne Hidalgo, la France pédale

Manque de pot, legs jacobin oblige, Paris donne le ton, façonne l’opinion, fait et défait ses dirigeants. Et comme s’en inquiète son équipe, il se pourrait bien que le petit monde médiatique parisien, confronté quotidiennement à la saleté et aux difficultés de déplacement dans la capitale, en ait plus qu’assez de subir les lubies urbanistiques de l’Hôtel de Ville. Avec pour conséquence le refus de dérouler à son hôte le tapis rouge, normalement garanti par son programme progressiste.

Le point de non-retour est atteint et le paravent de la novlangue se fracasse sur le mur des réalités. Lorsqu’on en vient à expliquer que « la perception de la propreté à Paris se fonde en négatif sur des constats relatifs à la malpropreté », on ne parle plus à personne. On ne parle même plus du tout. Inaudible pour n’avoir rien à dire.

La candidate et son équipe ont cru trouver un temps la parade en recyclant la plus vieille combine gauchiste : accuser l’extrême droite. Ainsi, la si efficace campagne en ligne #saccageparis par exemple serait une entreprise des extrêmes, quasi-fasciste. Mais dans un contexte de la parole libérée marqué par la candidature d’Éric Zemmour, même les plus grosses ficelles ne marchent plus.

Après tout, comment s’étonner d’un démarrage de campagne si poussif alors que l’Andalouse assurait elle-même en juin 2020 qu’elle ne serait pas candidate ? Signe du peu d’espoir qu’elle suscite, son livre, Une femme française (Éditions de l’Observatoire), s’est écoulé à moins de 1000 exemplaires en une semaine.

En réalité, le terrain de jeux d’Anne Hidalgo n’est ni sa ville, ni son pays, mais bien la planète

Il y a peut-être une raison profonde qui empêche la maire de Paris de balayer – littéralement – devant sa porte : toute occupée à travailler sa stature internationale, elle en oublierait son devoir premier municipal. Pourquoi se soucier de la plus grande ville de France, quand on a le monde pour ambition ?

En réalité, le terrain de jeux d’Anne Hidalgo n’est ni sa ville, ni son pays, mais bien la planète. Maire internationale, à la tête d’un archipel métropolitain mondial, elle s’est depuis longtemps appuyée sur les Parisiens pour conquérir le globe depuis l’Hôtel de Ville. Présidence du C40, un réseau international de villes travaillant sur le développement durable, accueil de nombreux chefs d’État avec un protocole digne de l’Élysée, organisation des Jeux olympiques de 2024, Présidente de l’Association Internationale des Maires Francophones, l’édile a-t-elle seulement vraiment envie d’une candidature si « bas de plafond » ?

Internationaliste, multi-culturaliste, chef de file d’un fédéralisme des métropoles internationales, et maire des bobos « nomades attaliens », Anne Hidalgo a voulu enjamber les Français pour conquérir le monde. Mais voilà, c’est devant eux qu’elle doit se présenter aujourd’hui. Une belle « aventure démocratique » en perspective comme dirait son équipe.

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