Skip to content

Dissolution de l’Alvarium : la riposte

Par

Publié le

5 novembre 2021

Partage

Au 31 rue du Cornet, dans le centre-ville d’Angers, l’Alvarium (la ruche en latin) fait l’objet d’une procédure de dissolution initiée par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. Plus politique que juridique, cette dissolution est vivement contestée par les militants de ce groupe nationaliste. Rencontre avec son porte-parole Jean-Eudes Gannat.
Alvarium

Créé en 2017 par d’anciens militants de grands partis exaspérés par la politique nationale, l’Alvarium est né du sentiment qu’il faut cesser de tout demander à l’État mais plutôt agir concrètement près de chez soi. Inspirés par le combat culturel de Gramsci, « le pari bénédictin » de Rob Dreher et la doctrine sociale de l’Église, les jeunes membres de l’Alvarium se réunissent autour d’un local dans le centre-ville d’Angers et réalisent régulièrement des actions sociales comme des maraudes, une mission humanitaire en Arménie ou un potager partagé, mais aussi culturelles comme des cours de cuisine ou de boxe, des visites du patrimoine et la mise à disposition de livres de référence. Selon Jean-Eudes Gannat, le porte-parole haut en couleurde l’Alvarium, « l’objectif est de fonder une communauté solide au moment où tout s’écroule ».

Loin de la politique politicienne au départ, ils y sont amenés par leurs adversaires locaux, les antifas, et leurs relais médiatiques. À l’occasion de leur première installation avenue Pasteur à Angers, les antifas ont mené une véritable campagne de dénigrement et de violence à leur encontre, soutenus par la presse locale et officieusement par le conseil municipal, puisque la mairie leur a mis à disposition des locaux municipaux par le biais de baux gratuits.

Lire aussi : Pronostic vital engagé pour l’Alvarium

Ceux que Jean-Eudes Gannat appellent les « manipulés professionnels » sont suspectés d’avoir commis des provocations, des tentatives d’incendies, des dégradations de biens mobiliers et immobiliers. Des plaintes ont été déposées mais voyant que la police ne faisait rien, et conformément à leur idée d’action personnelle en cas d’inaction de l’État, les jeunes patriotes ont pris le parti de réparer ou d’effacer les dégradations qu’ils subissent. De même, lors d’attaques physiques de la part d’antifas, l’Alvarium est contraint de se défendre légitimement et d’assumer politiquement cette défense. « Lorsque l’État n’exerce plus la violence légitime, les citoyens sont bien obligés de l’exercer par eux-mêmes ».

Une dissolution « politique »

L’Alvarium fait aujourd’hui face à une procédure de dissolution lancée par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. Sont reprochés à l’Alvarium quatre faits de violence, dont un seul est avéré mais a eu lieu en état de légitime défense. Les trois autres faits soutenus par le ministre n’ont pas de lien avec l’Alvarium et/ou ne sont pas des violences, quand ils ne sont pas de simples rumeurs. Les motivations sont clairement idéologiques puisqu’il est reproché à l’Alvarium de faire un « lien entre immigration et terrorisme ». Un an jour pour jour après qu’un clandestin tunisien commettait un attentat en égorgeant trois personnes dans la basilique de Nice, fait remarquer Jean-Eudes Gannat.

Le communautarisme (famille, village ou pays) est assumé par l’Alvarium en son sens le plus « noble ». Ils déplorent pourtant le communautarisme des différentes diasporas présentes sur le territoire français. La différence tient à ce que les membres de l’Alvarium, eux, sont français : « On nous reproche de faire ce que les Français ont toujours fait, c’est-à-dire vivre entre eux. On n’a jamais vu d’Africain dans un restaurant asiatique, ni un Chinois dans un kebab. Que les personnes fassent du communautarisme ne me dérange pas, mais qu’ils le fassent chez eux ».

« Les antifas apportent de la violence là où il n’y en pas et permettent donc aux pouvoirs publics de justifier des poursuites, une interdiction ou une dissolution »

Jean-Eudes Gannat

Cette tentative de dissolution est l’aboutissement d’un climat de violence dû, selon l’énergique leader en blouson de cuir et à la moustache claire, « non pas à l’Alvarium, mais aux antifas dont toute l’action politique se fait derrière un masque, sous une capuche et bien souvent la nuit. Ils apportent de la violence là où il n’y en pas et permettent donc aux pouvoirs publics de justifier des poursuites, une interdiction ou une dissolution ».

Le maire d’Angers Christophe Béchu, secrétaire général du tout nouveau parti d’Édouard Philippe (Horizons), Matthieu Orphelin (député ex-LREM et désormais porte-parole de Yannick Jadot) ainsi que le Parti communiste ont réclamé cette dissolution.

Côté soutien, l’Alvarium compte de nombreuses personnalités comme Bruno Gollnisch, Jean-Yves Le Gallou, Julien Rochedy, Papacito ou Isabelle Surply. Notons qu’Arnaud Minime, jeune réfugié politique de Centrafrique arrivé en 2015, et présent sur la liste socialiste aux élections municipales, a soutenu l’Alvarium car il y a rencontré « une jeunesse passionnée et ouverte au débat ».

https://twitter.com/jr_ajb_veni/status/1453996831910809600

« On ne dissout pas une famille »

L’Alvarium va répondre au ministre pour lui prouver l’absence de motif de dissolution. « Malheureusement, tout cela n’est pas juridique mais politique ». Quant à d’éventuels recours administratifs devant le Conseil d’État, Jean-Eudes Gannat ne se fait pas d’illusions sur la justice, « laquelle a condamné vingt-sept fois Mohamed Merah, qui était pourtant encore libre pour tuer des enfants ».

Lire aussi : Andy Ngo : au cœur des antifas

Pour autant, l’Alvarium ne se laisse pas faire et a riposté le lundi 1er novembre en diffusant une vidéo de réponse dans laquelle Jean-Eudes Gannat met en cause un nombre important de politiciens locaux parmi lesquels le maire de Trélazé, Marc Goua, suspecté d’avoir proposé des logements sociaux à une personne sous tutelle, fragile mentalement, en l’échange de services sexuels. Le maire de Trélazé dit avoir porté plainte pour « violation de la vie privée ».

Enfin, ce qui inquiète particulièrement les militants nationalistes de l’Alvarium, c’est qu’une association qui n’a jamais été condamnée va être dissoute pour des raisons politiques. Si c’est le cas, il est à craindre que d’autres entités comme des écoles hors contrats, des partis politiques ou des associations puissent subir le même sort.

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest