Revoir Mulholland Drive, vingt ans après sa sortie permet de constater qu’il n’a pas pris une ride. Au contraire, c’est devenu un classique, et comme tous les classiques, il parle à toutes les époques avec la même vigueur. On ne reviendra pas sur la maîtrise formelle hallucinante, ni sur cette construction dramatique qui fait s’emboîter les niveaux de réalité et n’a de cesse de dialoguer avec son propre médium : le cinéma entrevu, littéralement, comme une clé des songes.
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Au-delà de la virtuosité de Lynch, de sa faculté unique à filmer la « matière dont sont fait les rêves », Mulholland Drive est peut-être un de ses plus grands films car c’est aussi une histoire d’amour total, au réalisme parfois cru et désespéré, dans lequel Naomi Watts et Laura Harring brillent comme des joyaux noirs et délivrent une partition sentimentale poignante, enveloppées par les basses feutrées et angoissantes d’Angelo Badalamenti. Film-somme du Lynch-verse, plus romantique que Lost Highway et moins expérimental qu’Inland Empire, Mulholland Drive reste sans doute l’une des meilleures entrées dans son œuvre et une ode percutante à la nature corruptrice d’Hollywood et à ses icônes piétinées par le temps.
Mulholland Drive de David Lynch (2h26), avec Naomi Watts, Laura Harring, Justin Theroux, reprise en salle le 8 décembre





