Skip to content

L’Alsace à l’heure musulmane

Par

Publié le

21 décembre 2021

Partage

Vieille terre chrétienne, la région alsacienne est devenue le théâtre d’une islamisation sans précédent : mosquées, écoles musulmanes et kebabs y poussent comme des champignons.
Islam

Quand on pense à l’Alsace, on imagine mille petits patelins fleuris, perdus entre les vignes à flanc des Vosges, et dont les noms donnent la migraine. Si les coutumes régionales se perdent entre tradition germanique et attachement – relatif – à la France, une chose est certaine : nous sommes (pour l’instant) en terre chrétienne, en témoignent les calvaires et chapelles qui jalonnent les routes et les chemins. Mais, déchristianisation du monde oblige, les églises communales autour desquelles se répandent les maisons à colombages voient dépérir les quelques ouailles qui subsistent. Et, en parallèle, les mosquées poussent là-bas comme des champignons après la pluie, même au sein de hameaux qui ne comptent que quelques milliers de hères. Ce phénomène est bien révélateur d’une islamisation lente mais sûre de cette région, elle-même révélatrice de la volonté expansionniste de la religion subméditerranéenne.

Mulhouse et Strasbourg, points de contamination

La position géographique de l’Alsace est un des facteurs important pour comprendre la prolifération de l’islam en son sein. Elle est le premier réceptacle de l’immigration en provenance d’Europe de l’Est, notamment de Kosovars et d’Albanais, majoritairement de confession musulmane. On y retrouve aussi une communauté turque grandissante et très influente, dont la présence s’explique par le voisinage teuton, chez qui les ressortissants d’Erdogan étaient déjà trois millions en 2020. L’immigration a visé dans ses débuts les grandes villes, Mulhouse au sud, et Strasbourg au nord. La capitale européenne compte ainsi parmi ses bâtiments la plus importante mosquée d’Europe, tandis que la sous-préfecture du Haut-Rhin est en train de se parer du centre An-Nour. Plus grand édifice de son genre en France, ce centre n’est pas qu’un simple lieu cultuel, mais est véritablement culturel et politique : financé par Qatar Charity, An-Nour est une manière pour les responsables musulmans « d’enraciner et développer l’islam politique en Europe, dans des mosquées qui sont des centres de vie » (Georges Malbrunot et Christian Chesnot, Qatar Papers).

Lire aussi : L’islam des champs

Outre cela, Mulhouse et Strasbourg hébergent chacune des écoles musulmanes privées. Dans le Haut-Rhin, les cours sont assurés par le groupe scolaire Avicenne, financé par l’UEPM (Union européenne pour l’enseignement privé musulman), elle-même dépendante de Millî Görüs, une ONG turque dont l’objectif est de construire des mosquées ou des bâtiments à caractère islamique à travers l’Europe. Entre les écoles et les mosquées gigantesques, on prend donc la mesure de la tenaille musulmane que représentent Mulhouse et Strasbourg en Alsace, ce qui explique pourquoi on constate une influence islamique grandissante dans toute la région, qui vient directement de ces deux pôles.

Mosquées, glas des églises

Marie-aux-Mines, Cernay, Bischwiller, Mutzig, Zinswiller, ces noms ne vous évoquent pas grand chose et c’est tout à fait normal : ces villages alsaciens comptent entre trois mille et quinze mille habitants, et, malgré leur petite taille, possèdent tous au moins une mosquée. Les services qui sont proposés dans ces lieux de culte varient en fonction de la fréquentation, mais on y retrouve globalement les prières quotidiennes, une salle pour les « sœurs » (les femmes musulmanes, séparées des hommes), des cours d’arabe, et même des pèlerinages à La Mecque pour les plus importants – les édifices moindres dépendant des plus gros lors des évènements d’envergure. De fait, certaines de ces bâtisses correspondent plus à des centres de découverte de l’islam et de la culture arabe qu’à de vraies mosquées, comme le centre culturel Iqraa d’Ostwald, affilié à la mosquée de Lingolsheim, qui propose des cours d’arabe dans une localité dont la population fleurte avec les treize mille habitants.

Certaines de ces bâtisses correspondent plus à des centres de découverte de l’islam et de la culture arabe qu’à de vraies mosquées

Il est surprenant de constater que les bourgades de l’Alsace profonde sont désormais dotées de ce genre d’immeubles alors que les musulmans représentent une minorité (23 % des Alsaciens sont catholiques pratiquants selon l’Institut catholique de Paris en 2018, et 7 % sont musulmans). Mais cela entre complètement dans la logique d’expansion de la religion islamique, qui se répand même dans les endroits les moins peuplés. Alors que les églises sont de plus en plus désertées (il est triste d’assister à une messe à Andlau par exemple, qui ne rassemble plus que quelques grenouilles de bénitier en #n de vie), la prolifération de mosquées et de centres à caractère musulman caractérise bien la banalisation de la foi musulmane.

Si tu ne viens pas au kebab, le kebab viendra à toi

L’autre marqueur de la propagation de l’islam en Alsace correspond à la banalisation de son mode de vie. Alors que les Winstubs et autres restaurants alsaciens traditionnels (où l’on vous sert choucroute, bières, kouglofs et moultes gourmandises locales) n’attirent plus que quelques touristes qui n’ont pas encore cédé à l’américanisation de la nourriture, le halal ne s’est jamais aussi bien vendu dans le Haut et le Bas-Rhin – grande ironie pour une contrée qui agrémente normalement la majorité de ses plats avec du porc. Une bonne partie des bleds possède ainsi son kebab devant lequel s’affaire une population aux origines diverses : étudiants, jeunes désœuvrés, ouvriers, ou encore cadres en quête d’un repas facile d’accès et pas cher, mais à chaque fois labellisé halal.

Lire aussi : Willy Schraen : le bon chasseur

Soixante-quatorze kebabs sont recensés dans le Haut-Rhin par les Pages Jaunes et quarante-trois dans le Bas-Rhin, ce qui ne tient pas compte de tous ceux qui n’y sont pas inscrits, autrement dit une bonne part d’entre eux. Par ailleurs, certaines chaînes de restauration alsaciennes qui ne se définissent pas comme des « kebabs » au sens où on l’entend (comme par exemple O’Malo, chaîne de fast-food née à Gérardmer, dans les Vosges, et présente désormais partout en France) proposent des plats presque exclusivement halal sans l’expliciter : on ne peut avoir cette information qu’en demandant aux serveurs, ou en constatant que le menu est sans porc. Et ainsi, on retrouve ce type de restaurants même dans des endroits à moins de deux mille habitants, comme le bourg d’Ottmarsheim, ou encore Ferrette (sept cent vingt-neuf âmes !) et Seppois-le-Bas.

Dans le Sundgau, sous-région alsacienne au sud de Mulhouse, les villages de Zillisheim, Flaxlanden et Hochstatt sont desservis toute la semaine par un kebab ambulant, qui vient propager la bonne nourriture islamique, et dont la popularité est intemporelle chez les élèves du Lycée Episcopal de Zillisheim – l’un des plus gros de la région, qui compte entre mille et mille deux-cent élèves. Il est terrible de constater que les élèves d’un établissement catholique se nourrissent quotidiennement chez un fournisseur musulman, alors même que la cantine, « l’Alsacienne de restauration », essaye de proposer des plats typiques de la région : un exemple parmi d’autres d’une petite victoire de l’islam sur le catholicisme traditionnel en Alsace.

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest