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Bruxelles : les statues meurent aussi

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13 janvier 2022

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À Bruxelles, ville de l’oubli, la culture progressiste de l’effacement se mêle à l’iconoclasme islamique. Demain dans les ruines, la sottise règnera seule.
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Quand on grave une idée dans le marbre, on croit la rendre éternelle. Pourtant, c’est une illusion, et l’histoire belge suivante le prouve. À côté de la Grosse Commission de Bruxelles, au bout de l’inhumaine « rue de la Loi », toute bordée de froids bureaux administratifs, se trouve le somptueux parc du Cinquantenaire, ancien champ de manœuvres de la garnison de Bruxelles transformé en jardin arboré lors du jubilé de l’indépendance de la Belgique, en 1880. Les cols blancs des institutions européennes ont le loisir d’y jogger en compagnie des soldats de l’École Militaire Royale attenante.

On jogge en slalomant entre les femmes voilées et les barbus en djellabas

La surprise, c’est qu’à gauche de l’entrée du parc se trouve aussi… la Grande mosquée de Bruxelles, ancien bâtiment construit en style arabisant à l’occasion de l’Exposition Nationale de 1897, et offert à l’Arabie saoudite en 1967. Le vendredi, on jogge en slalomant entre les femmes voilées et les barbus en djellabas. Or, à quelques mètres de là, par une ironie subtile dont seuls les Belges ont le secret, narguant la mosquée comme Alceste pourfend l’hypocrisie, se dresse l’un des premiers édifices de Victor Horta, construit en 1899, qui abrite le bas-relief monumental du sculpteur Jef Lambeaux, Les passions humaines, description assez réaliste de ce que les musulmans attendent de leur paradis, à savoir une orgie perpétuelle. Mais au détour de l’allée, l’outrage est encore plus patent : le « Monument aux pionniers belges au Congo » érigé en 1921 porte sur la gauche une sculpture explicite intitulée L’héroïsme militaire belge anéantit l’Arabe esclavagiste : on y voit un Blanc « ramollissant » à coup de bottes un Bédouin à terre. Cela commémore la fin en 1894 de ces traites négrières dont Christiane Taubira ne voulait pas se souvenir, opérées par les Arabo-Swahilis depuis Zanzibar.

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Pensez-vous que ceci pouvait encore être exposé à la lumière du jour, si près du regard soupçonneux des fidèles d’Allah? Les passions humaines ne sont désormais visibles que pendant la saison estivale, quelques heures par semaines. Et le monument aux exploits des soldats belges a été caviardé : on n’y voit plus le mot Arabe à côté d’esclavagiste. La Rome antique connaissait l’abolitio nominis, « la suppression du nom », pour damner la mémoire de ceux qu’elle trouvait a posteriori odieux. Serait-ce une blague belge que d’en faire de même avec l’Arabe ? Ou bien la sensibilité des Saoudiens de la mosquée si proche, trop proche, y serait-elle pour quelque chose ? Quoi qu’il en soit, à l’autre bout du parc, sur les murs des Musées Royaux d’Art et d’Histoire, un doigt a tracé une autre inscription : Artes odit nemo nisi ignarus : « Seuls les ignorants détestent l’art ». Les bouddhas de Bâmiyân s’en souviennent, les talibans et autres combattants islamiques ayant pratiqué d’une façon décomplexée un iconoclasme inclusif dès qu’ils en ont eu l’occasion. Les musulmans de la Grande mosquée trouveront-ils bientôt l’inscription latine offensante pour leurs dogmes desséchants ?

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