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Inaya Folarin Iman : une femme de paroles

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Publié le

17 janvier 2022

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Journaliste pour GB News et récemment nommée au conseil d’administration de la National Portrait Gallery, la jeune et talentueuse Inaya Folarin Iman est de tous les combats contre le wokisme pour protéger l’identité britannique. Portrait.
Inaya Folarin Iman

Un regard lucide sur le cours des choses peut décourager, certes, mais pour Inaya Folarin Iman, 25 ans, aussi clairvoyante sur son époque que déterminée à en sauver le meilleur, la résignation n’est pas une option.

Rendez-vous à GB News, la nouvelle chaîne d’info britannique, près de Paddington. À l’accueil, on la trouve à l’image sur grand écran ; Inaya est en direct, qui présente en binôme la tranche dix heures-midi. À 12h03, la voilà en personne, une grande femme lookée, un haut bleu pâle à smocks, décolleté et courtes manches ballon, sur un jean pattes d’eph. Inaya est toute à sa tâche, concentrée, attentive, réfléchie. Et sollicitée de toutes parts, comme ces acrobates qui font tourner les assiettes chinoises au bout de leurs perches. Tous les six mois s’annonce un nouveau projet qui s’ajoute aux précédents.

Toutes les opinions sont bienvenues mais surtout, pas de propos convenus, voilà l’idée. Le wokisme, avec sa liste d’interdits, a ankylosé le débat public

En sus de sa participation aux différents magazines de la chaîne, sa nouvelle émission, de 7 à 8 le samedi soir, s’intitule The Discussion. On y cause des sujets de société, l’industrie du sexe, le changement climatique, l’avortement, la notion de progrès. Un mini-documentaire précède une conversation en plateau avec chercheurs ou militants. Toutes les opinions sont bienvenues mais surtout, pas de propos convenus, voilà l’idée. Le wokisme, avec sa liste d’interdits, a ankylosé le débat public. « Il faut dénouer les questions morales, culturelles et politiques du temps », dit-elle.

Inaya s’y attèle depuis un moment déjà. En février 2020, elle co-fondait le Free Speech Union (Syndicat pour la liberté d’expression), un outil performant contre la cancel culture. Fort de ses relais dans les médias et de son service juridique, le FSU sauve de la mort sociale les victimes de l’inquisition woke.

Puis est venu l’assaut de Black Lives Matter. Après la mort de George Floyd aux États-Unis, la Grande-Bretagne s’est auto-accusée de racisme, on a vandalisé les statues de l’amiral Nelson et de Winston Churchill, renié Charles Darwin et Isaac Newton, soumis les salariés du public et du privé à des stages de rééducation anti-raciste. Pour juguler la sinistre poussée racialiste, en août 2020, Inaya lance l’Equiano Project. « Ceux qui parlaient au nom des Noirs britanniques ne me représentaient pas. Ni moi, ni les gens de mon entourage issus de minorités ethniques. J’ai voulu que puissent s’exprimer des points de vue variés. L’hypersensibilité raciale est délétère. L’idée selon laquelle un individu doit être jugé indépendamment de sa couleur de peau est aujourd’hui décriée, voilà où on en est. Quand vous citez Martin Luther King, les gens lèvent les yeux au ciel ! » Le nom de l’association rend hommage à Olaudah Equiano, un esclave affranchi originaire du Bénin, figure du mouvement abolitionniste britannique. L’Equiano Project a inspiré les Américains. FAIR (Foundation Against Intolerance & Racism) mobilise des intellectuels de haut vol contre l’anti-racisme idéologique surpuissant aux États-Unis. Inaya y est aussi, en tant que membre du comité consultatif.

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Puis l’idéologie transgenre a surgi sur les campus anglais. Le mot femme est devenu sulfureux, insultant pour les transfemmes (les hommes se considérant femme). La liberté d’expression s’est désagrégée dans son propre sanctuaire. Alors en janvier dernier, Inaya a fondé les Free Speech Champions. Elle recrute des jeunes chargés de mettre en place un réseau d’associations de défense de la liberté d’expression dans les universités. « Les étudiants hésitent à exprimer leurs opinions. L’auto-censure est le pire des fléaux. Alors on les encourage à écrire des tribunes dans la presse, à intervenir dans les débats télé. Nous avons lancé ‘e New Taboo, un magazine trimestriel avec rédaction en chef tournante, créé une université d’été sur la liberté de penser ». Anti-wokisme au fusil, Inaya poursuit son ouvrage.

« Tout ce que je fais tend au même objectif : ranimer la vie publique. D’où vient la force de séduction de Black Lives Matter ou de la théorie du genre ? Cela répond à une quête de sens, un besoin d’appartenance. L’apologie d’un monde sans frontière multiculturel a rompu les liens sociaux. La jeunesse est instrumentalisée. On lui fait croire qu’être quelqu’un de bien, c’est dénigrer le passé et croire en la fluidité du genre. Mais où sont passés l’aptitude au pardon, la force d’âme, le courage, toutes valeurs qui nous permettaient de nous construire ? Il faut comprendre comment on est arrivé à une telle confusion et trouver les moyens d’en sortir. Désavouer le wokisme ne suffira pas, on doit répondre aux aspirations. Retrouver une identité commune, fondée sur une histoire nationale inspirante ».

« Désavouer le wokisme ne suffira pas, on doit répondre aux aspirations. Retrouver une identité commune, fondée sur une histoire nationale inspirante »

Inaya Folarin Iman

Justement, à l’automne dernier, Inaya était nommée au conseil d’administration de la National Portrait Gallery, ce musée qui abrite des milliers de portraits des grandes figures britanniques d’hier et d’aujourd’hui. « Les institutions culturelles, gagnées par le wokisme, se politisent et se détournent de leur mission ». Inaya, chargée de la jeunesse, promet de rectifier le tir.

Inaya est née de parents d’origine nigériane. Elle et sa sœur ont été élevées par leur mère qui leur a inculqué le sens de la responsabilité individuelle. C’est sa mère qui a encouragé Inaya à se présenter aux législatives de 2019 sous la bannière du Brexit Party, à Leeds, la ville où elle a obtenu une licence de relations internationales et arabe. La candidate de 22 ans recueillit près de 2000 voix et en fut comblée. Pas de poste de député, donc. Mais un goût toujours bien ancré pour le débat d’idées, et la conviction que rien n’est jamais perdu.

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