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Pierre Chasseray : « Il faut une refonte totale des contrats de concession d’autoroutes »

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Publié le

4 février 2022

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Ce mardi 1er février, les tarifs des péages autoroutiers ont augmenté en moyenne de 2 %, dans un contexte plus général marqué par la hausse des prix de l’essence. Délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes, Pierre Chasseray dénonce la cherté du système actuel et demande une refonte totale.
péages

Que vous inspire l’augmentation des tarifs de péages autoroutiers ?

Je ne suis pas étonné par cette augmentation. Elle est contractuelle et se déroule chaque année, ce qui pèse de plus en plus lourd sur le pouvoir-rouler des usagers de la route. C’est une ségrégation par l’argent au détriment de la sécurité des Français sur la route.

Vinci a décidé d’établir un gel tarifaire pour les autoroutes les plus fréquentées. Ce geste vous semble-t-il suffisant ?

En ce qui concerne Vinci, leur geste n’est pas suffisant, et il ne représente rien pour les usagers. Il s’agit au mieux de quelques miettes. Cependant, il y a tout de même une forte symbolique dans ce geste. Pour la première fois depuis le début des concessions autoroutières, nous assistons à un micro effort de la part des sociétés. Il s’agit davantage d’un signal envoyé au gouvernement, que d’un signal envoyé aux automobilistes.

Plus le prix du baril est cher, plus les taxes sont élevées, ce qui est inacceptable

Vous appelez à la remise à plat des contrats de concession. Qu’entendez-vous par là ?

Il faut une remise à plat totale et une refonte des contrats de concession. Pourquoi ? Parce qu’ils prévoient uniquement des augmentations annuelles. Il faudrait pouvoir inclure davantage de paramètres qui permettraient des gels voire des baisses de tarifs. Rappelons que la Cour des comptes et l’Autorité de la concurrence ont successivement pointé les défaillances des contrats et estimé que les tarifs pratiqués par les sociétés d’autoroute étaient trop élevés d’environ 20 % par rapport au service proposé.

Concernant la hausse du prix du carburant, vous appelez à une réforme de la fiscalité.

Le système que nous connaissons aujourd’hui ne fonctionne pas. C’est le résultat d’un système fiscal mauvais, qui alimente la dynamique suivante : plus le prix du baril est cher plus, plus les taxes sont élevées, ce qui est inacceptable. Il est nécessaire de revoir la fiscalité en intégralité pour permettre une stabilité des prix du carburant pour les usagers. L’État n’a pas à profiter de la hausse du prix du baril pour y récupérer davantage de taxe. Notre proposition est simple : elle vise à réduire la part de taxe variable (la TVA passerait de 20 % à 5,5 %) tout en augmentant légèrement le montant de la taxe fixe (le montant de la TICPE augmenterait de +7 cts/L, pour préserver une partie des recettes fiscales de l’État) pesant sur le prix des carburants, de façon à diminuer sensiblement le coût pour le consommateur et à stabiliser les prix à la pompe.

Lire aussi : Pécresse, Alstom et les éoliennes : délit de favoritisme ?

Pour vous, les candidats à la présidentielle se sont-ils suffisamment emparés des thématiques concernant les automobilistes ?

Je ne le pense pas. Les automobilistes demandent de vraies mesures globales. Jusqu’à maintenant, le sujet de la mobilité est très peu présent dans la campagne. Pour faire court, disons que les automobilistes souhaitent surtout le retour des 90 km/h, une baisse de la fiscalité sur les carburants et une suppression des mesures de zones à faible émission.

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