Marion, lycéenne des beaux quartiers parisiens, vient de perdre sa sœur. Conséquence : elle s’habille en noir et prend un air buté dès qu’on lui adresse la parole – un petit air de Léa Seydoux pour le côté bêcheuse insupportable. Elle traîne avec ses potes sur le canal Saint Martin – ses copines ressemblent toutes à des mannequins Brandy Melville et parlent « d’éternité » sur un ton rimbaldien. Marion passe une nuit à dériver dans Paris, elle se fait emmerder par des types (évidemment, toujours des blancs) et se prend d’amitié pour un étudiant de prépa en scooter. Antoinette Boulat, ancienne directrice de casting, nous livre un premier film sans doute autobiographique, qui oscille entre un épisode de Seconde B et un hommage bancal à Rohmer – pour le jeu d’acteur qu’on qualifiera « d’éthéré ».
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La nuit d’une petite bourgeoise entrevue comme une catabase permettant d’accepter le deuil : le sujet était beau mais la cinéaste passe à côté, faute de point de vue réel. Restent, miraculeusement, quelques portraits et quelques scènes à la beauté étrange : des adolescents vautrés qui devisent dans le noir après une soirée éprouvante, une femme indienne à la beauté hiératique entrevue en arrière-plan : comme si la nuit parisienne avait malgré tout réussi à passer quelque chose de sa superbe à travers ce petit film poseur.
Ma nuit (1h27) d’Antoinette Boulat, avec Lou Lampros, Tom Mercier, Carmen Kassovitz, en salles le 7 mars





