Parmi les psychoses qui accablent une époque, semble-t-il, de plus en plus désireuse de renoncer au principe de réalité au profit du délire interprétatif, le complotisme figure en pôle position, tout à la fois de par son ancienneté relative et selon son actualité que l’ambiance d’apocalypse, qui nous étreint en ces temps, exacerbe. C’est à partir de ces deux situations, originelle et actuelle, que Christophe Bourseiller construit son livre pour retracer et analyser, à travers plusieurs figures historiques du complotisme et la description de leurs récits, les raisons de l’essor d’un courant antipolitique dont le succès n’a jamais connu pareille ampleur.
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L’intérêt principal de cet essai, en plus de nous distraire par le portrait de quelques dingues funestes, est de dévoiler que, malgré la pluralité des discours complotistes, ils s’articulent autour d’une même anomie des représentations, lesquelles ne sont jamais passées au crible de l’esprit critique, en quoi les réseaux sociaux, fruits d’une utopie moderne de la dérégulation et de l’accession aux savoirs hors de tous cadres hiérarchiques, leurs ont permis de se démultiplier.

Éditions du Cerf, 316 p., 20 €





