Un réalisateur homosexuel perd son « compagnon », suicidé. Déprimé, il part filmer des paysans sibériens et les interroge sur leur vision de l’amour. Ça pourrait être du Emmanuel Carrère, c’est du David Teboul, réalisateur de documentaires pour la télévision. Moralement, le procédé peut interpeller : pourquoi des petits bourgeois nombrilistes parisiens iraient scruter leurs propres abîmes par peuples autochtones interposés ? Pourtant, Teboul fait mouche. En faisant dialoguer sa propre histoire avec celle des autres, il construit un vrai discours sur l’amour et sa part forcément fictive, auto-fictive, racontée.
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Teboul a une passion véritable pour ces vies brisées du lac Baïkal, pour ces visages qui sont autant de livres ouverts, parcheminés ou pas. Mis en confiance, ces habitants des confins semblent d’un autre temps, un temps dont ils ont conservé le bon sens, la poésie et la haute morale. Leur vision de l’amour, loin d’être simple, est en réalité pénétrée de questions et d’une certaine mystique de la domesticité. On découvre que dans ces campagnes reculées, où plane encore le soviétisme, les paysans lisent Tourgueniev quand ils ne fuient pas toute obligation familiale pour retrouver leur amante véritable : la toundra.
Mon amour (2h52), de David Teboul, documentaire, en salles le 15 juin





