Woody Allen suit la pente qui l’a mené du comique au sinistre avec Rifkin’s festival, triangle amoureux terminal sous respiration artificielle. Un vieux professeur de cinéma est obligé d’accompagner sa femme attachée de presse au festival de San Sebastian où un cinéaste à la mode lui tourne autour. Passé un certain cap, il devient difficile de départager la paresse de la sénilité. Rifin’s festival est tellement poussif, investi par rien, qu’on choisit la seconde option.
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À force de faire le modeste devant les géants du cinéma, Fellini, etc. – dont il photocopie ici quelques scènes rêvées par le héros – le véritable statut de Woody Allen apparaît, plus proche du tâcheron que du cinéaste mineur. Le nomadisme de sa dernière période au lieu d’ouvrir son inspiration la referme, leurre abusif qui n’aboutit qu’à du même. Tous les acteurs – sauf Garrel – articulent exagérément en parlant haut, comme s’ils jouaient pour des sourds. Il revient à Wallace Shawn, l’inoubliable interprète de My dinner with André, l’honneur faisandé d’interpréter le double d’Allen. On a mal pour lui.
Rifkin’s Festival (1h32), de Woody Allen, avec Wallace Shawn, Elena Anaya, Gina Gershon, en salles le 13 juillet





