Celui (ou celle) qui représentera les couleurs de l’Union Jack lors des sommets internationaux présenterait alors une image on ne peut plus classique de la vieille Angleterre ou un visage totalement nouveau, celui de la diversité. Les Britanniques sont-ils prêts à un changement d’image aussi radical ? Les militants conservateurs qui voteront jusqu’au 4 septembre vont-ils faire le choix de la tradition ou celui de la rupture ?
Si c’est Liz Truss qui l’emporte – à l’heure actuelle, tous les sondages la donnent largement en tête : une enquête de Conservative Home du 4 aout lui donne 58% contre 26% pour Rishi Sunak – ce sont d’autres enjeux qui préoccupent les votants. L’origine étrangère de Rishi Sunak ne semble pas être un obstacle à son accession au 10 Downing Street. En outre, il convient de rappeler qu’il ne cherche pas à en faire un outil démagogique. En effet, il a déjà déclaré que l’immigration devait être « choisie » et qu’il « fallait reprendre le contrôle des frontières ».
Ceux qui vont voter pour le successeur de Boris Johnson pourraient avoir du mal à voter pour celui qui a fait tomber le Premier ministre en démissionnant
Les raisons qui pourraient expliquer la dégringolade de ce candidat au profil d’étranger parfaitement intégré tiendraient plutôt à l’homme lui-même. Ceux qui vont voter pour le successeur de Boris Johnson pourraient avoir du mal à voter pour celui qui a fait tomber le Premier ministre en démissionnant (et entraînant ainsi une avalanche de démissions au gouvernement)… alors que ce ministre était lui-même impliqué dans l’affaire ! Rishi Sunak faisait en effet partie des invités aux fêtes clandestines et a, à ce titre, écopé d’une amende.
Il est possible que cette attitude soit à l’origine de la dégringolade de l’ancien favori dans les sondages. C’est en tout cas l’interprétation que propose le média Bloomberg qui compare le ministre démissionnaire à Brutus. Comparaison d’autant plus pertinente que, comme Jules César avait fait entrer Brutus dans sa famille, Boris Johnson a fabriqué l’ascension politique de Rishi Sunak. Il était même surnommé le « favourite minister » de Boris Johnson.





